Ges­ta­tions dans la ré­vo­lu­tion

Al Ahram Hebdo - - Egypte -

mi­li­taires qui leur font face de­puis 1954. Le camp du non a échoué parce qu’il n’a pas pu convaincre la ma­jo­ri­té qu’il est ca­pable de pro­té­ger leurs in­té­rêts, car une pé­riode tran­si­toire plus longue ne per­met pas à l’ar­mée de re­tour­ner aux ca­sernes sans comp­ter que par­mi les ci­toyens, il y a des mil­lions qui as­pirent à la pros­pé­ri­té de leurs af­faires. Les com­mer­çants n’aiment pas les pé­riodes tran­si­toires ». Il ajoute que dans les gou­ver­no­rats de la pro­vince et de la Haute-Egypte, ce sont les Frères mu­sul­mans qui ont me­né les ma­ni­fes­ta­tions du­rant la ré­vo­lu­tion, donc pour les pay­sans, le oui est un acte ré­vo­lu­tion­naire. Dans le camp du non, il y a ceux que le pro­lon­ge­ment de la tran­si­tion leur au­rait per­mis de mieux s’or­ga­ni­ser, les jeunes qui as­pirent à plus de li­ber­tés et les coptes qui vou­laient une nou­velle Cons­ti­tu­tion qui pro­tège leurs in­té­rêts. « Com­prendre la com­po­si­tion du oui et celle du non nous évite de faire des conclu­sions sur la po­pu­la­ri­té des Frères mu­sul­mans ».

Dans le jour­nal Al-Wafd, or­gane du par­ti du néo-Wafd, un au­teur consi­dère que le oui est un re­fus des thèses des can­di­dats aux pré­si­den­tielles qui ont tous ap­pe­lé au non : « Il y a plu­sieurs si­gni­fi­ca­tions au oui. D’abord, le choix de la sta­bi­li­té, et en­suite, le re­fus des lea­ders en car­ton qui ont ap­pa­ru avec la ré­vo­lu­tion ou qui s’y sont rat­ta­chés en cours de route. Et ce qui est éton­nant, c’est que tous les can­di­dats aux pré­si­den­tielles sont tom- bés avec ce ré­sul­tat, ce qui sou­lève des ques­tions sur l’écart qu’il y a entre eux et le peuple ! ».

En de­hors du ré­fé­ren­dum, l’Egypte de l’aprèsMou­ba­rak a conti­nué son mou­ve­ment re­pris dans les co­lonnes des jour­naux. Le di­manche, ces der­nières font état de la re­mise en li­ber­té pro­vi­soire par le juge d’ins­truc­tion de Waël AlKo­mi, l’of­fi­cier de po­lice du com­mis­sa­riat d’AlRaml à Alexan­drie ac­cu­sé du meurtre de 37 ma­ni­fes­tants du­rant la ré­vo­lu­tion et d’un nombre d’autres of­fi­ciers. Une an­nonce qui a mis le feu aux poudres. « Des di­zaines de per­sonnes se sont ruées vers le com­mis­sa­riat d’Al-Raml et ont lan­cé des pierres », écrit Al-Mas­ry Al-Youm di­manche. Lun­di, Al-Ba­dil on­line fait état de ma­ni­fes­ta­tions re­grou­pant des cen­taines de per­sonnes, dont des fa­milles de vic­times qui ont cou­pé la route me­nant au com­plexe des tri­bu­naux.

Sur un autre plan, 17 or­ga­ni­sa­tions de dé­fense des droits de l’homme ont de­man­dé au mi­nistre de la San­té d’ou­vrir une en­quête sur les dé­pas­se­ments des mé­de­cins mi­li­taires qui au­raient « por­té une at­teinte phy­sique et mo­rale à des di­zaines de ma­ni­fes­tants ar­rê­tés le 9 mars, après que l’ar­mée eut mis fin au sit-in place Tah­rir ». Le com­mu­ni­qué de ces or­ga­ni­sa­tions a fait état de plu­sieurs vio­la­tions, dont « des tests de vir­gi­ni­té sur les jeunes filles dans l’hô­pi­tal mi­li­taire. Elles ont été obli­gées à se te­nir de­bout nues, alors que la porte

Newspapers in French

Newspapers from Egypt

© PressReader. All rights reserved.