Pour une una­ni­mi­té arabe

Al Ahram Hebdo - - Opinion -

DANS un évé­ne­ment sans pré­cé­dent, la Ligue arabe a re­ti­ré à Kadha­fi sa lé­gi­ti­mi­té en rai­son des actes fé­roces com­mis contre son peuple. La Ligue arabe a éga­le­ment ré­cla­mé au Con­seil de sé­cu­ri­té d’ap­pli­quer le plus tôt pos­sible un blo­cus aé­rien sur la Li­bye, pour em­pê­cher Kadha­fi de conti­nuer à em­ployer l’ar­mée de l’air contre son peuple et contre le gou­ver­ne­ment lé­gi­time for­mé par les ré­vo­lu­tion­naires à Ben­gha­zi.

Avec la pro­mul­ga­tion de cette dé­ci­sion qui était ré­cla­mée par Wa­shing­ton pour ga­ran­tir la lé­gi­ti­mi­té du blo­cus, rien ne jus­ti­fie le re­tard de l’Ad­mi­nis­tra­tion amé­ri­caine dans l’ap­pli­ca­tion du blo­cus. Cette pro­po­si­tion était lar­ge­ment ap­puyée au ni­veau eu­ro­péen après que l’avia­tion li­byenne avait bom­bar­dé les villes de Za­wiah, Mas­ra­ta et Ras La­nouf à l’est. Les forces de Kadha­fi ont réus­si à ex­pul­ser les re­belles hors des 3 po­si­tions stra­té­giques qu’ils do­mi­naient, et ce, après des af­fron­te­ments qui ont fait des di­zaines de morts et bles­sés.

Le se­cré­taire gé­né­ral de la Ligue arabe a consi­dé­ré le blo­cus aé­rien comme une obli­ga­tion hu­maine, pour pro­té­ger le peuple li­byen et non un acte mi­li­taire ou une in­ter­ven­tion dans les af­faires de la Li­bye. La Syrie et l’Al­gé­rie ont af­fi­ché leur re­fus de la dé­ci­sion alors que l’Ara­bie saou­dite l’a ap­prou­vée ain­si que tous les autres Etats du Golfe. Et ce, en la consi­dé­rant, comme le dit le mi­nistre oma­nais Yous­sef Al-Ala­woui, comme une dé­ci­sion concer­nant la seule Li­bye et qui ne peut se ré­pé­ter ailleurs. Il est évident qu’il au­rait été pré­fé­rable qu’une telle dé­ci­sion soit prise à l’una­ni­mi­té des membres de la Ligue, et que des normes uniques soient adop­tées pour condam­ner tous les ré­gimes ayant re­cours à la force contre leurs peuples. Et ce­la afin d’évi­ter des com­pli­ca­tions pou­vant me­ner à plus de di­vi­sion dans le monde arabe. Sur­tout que Wa­shing­ton n’est pas très en­thou­siaste à l’idée du blo­cus aé­rien, sous pré­texte que c’est une opé­ra­tion très coû­teuse et qui né­ces­site une ac­tion mi­li­taire d’en­ver­gure contre l’avia­tion li­byenne. Wa­shing­ton pré­fère sau­ve­gar­der l’in­ti­fa­da arabe en tant que fa­bri­ca­tion pu­re­ment lo­cale. Il es­père aus­si que les Arabes adop­te­ront d’autres pas im­por­tants qui dé­passent le simple fait d’im­po­ser un blo­cus aé­rien et qu’ils per­mettent à l’avia­tion oc­ci­den­tale d’em­ployer les aé­ro­ports arabes proches comme bases pour le dé­col­lage et l’en­tre­tien des avions. De plus, la si­tua­tion est de­ve­nue de plus en plus em­bar­ras­sante après les dé­cla­ra­tions de la CIA as­su­rant que Kadha­fi peut rem­por­ter le com­bat contre les re­belles si la com­mu­nau­té in­ter­na­tio­nale se trouve in­ca­pable de les ai­der. Et ce, à cause des grandes dif­fé­rences de ca­pa­ci­tés mi­li­taires. Alors, les Arabes adop­te­ront-ils des me­sures plus im­por­tantes de sou­tien aux ré­vo­lu­tion­naires, au moins pour ga­ran­tir que les forces de Kadha­fi n’en­va­hissent pas la ré­gion est ?

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