Le vrai sens d’un ré­fé­ren­dum

Al Ahram Hebdo - - Opinion - Al-Ah­ram Heb­do

Oui ou non ? Une ques­tion qui s’im­po­sait très fort la se­maine der­nière dans tous les foyers égyp­tiens. Dans la rue aus­si, dans les moyens de trans­port : mé­tro, bus, taxis, on ne par­lait que de ça. Le ré­fé­ren­dum sur les amen­de­ments consti­tu­tion­nels a re­pré­sen­té sans doute un vrai tour­nant dans la vie des Egyp­tiens. Pour la pre­mière fois, sur­tout pour les jeunes de cette gé­né­ra­tion, ils avaient la li­ber­té, dans le vrai sens du terme, de faire un choix sans su­bir la pres­sion du pou­voir. C’est bien sûr le ré­sul­tat de la ré­vo­lu­tion du 25 jan­vier. On a af­faire à un vrai ré­fé­ren­dum, le pre­mier de­puis 60 ans. Pour la pre­mière fois aus­si, on a vu dans les bu­reaux de votes des fonc­tion­naires ci­vils et des jeunes en train d’as­su­rer l’ordre et d’or­ga­ni­ser sans pré­sence trop mar­quée ni de po­lice, ni d’ar­mée.

Le dé­bat était pour­tant bien chaud entre les par­ti­sans du oui et ceux du non. Et dans la plu­part des cas, il était ami­cal avec une vo­lon­té de chaque par­tie de concré­ti­ser les ob­jec­tifs de la ré­vo­lu­tion et par­ve­nir à la meilleure for­mule consti­tu­tion­nelle pour la pé­riode à ve­nir. Il est vrai que beau­coup de bruit ont cou­ru se­lon les­quels les Frères mu­sul­mans et les contre-ré­vo­lu­tion­naires étaient des par­ti­sans du « oui », et de l’autre cô­té, on par­lait que les coptes in­vi­taient leurs co­re­li­gion­naires au « non ». Dans l’en­semble, ce genre de ru­meur fait par­tie des ma­noeuvres des forces oc­cultes qui veulent faire échouer la ré­vo­lu­tion, et sur­tout mettre fin à l’har­mo­nie qui s’était ma­ni­fes­tée entre mu­sul­mans et chré­tiens pen­dant toute cette pé­riode. Mais en réa­li­té, il y avait aus­si une sorte de crainte et un manque de confiance, cha­cun croyant que le « oui » ou le « non », se­lon sa propre vi­sion, por­te­rait tort à l’ave­nir du pays.

Mais au bout du compte, il ne faut pas voir les choses d’un oeil né­ga­tif. Bien au contraire, chaque ci­toyen égyp­tien, et pour la pre­mière fois, sa­vait très bien qu’il ne se dé­pla­çait pas pour rien. Sa voix al­lait comp­ter. De toute fa­çon, les me­sures qui vont suivre sont pro­vi­soires. Elles viennent pré­pa­rer une pé­riode de tran­si­tion vers une vraie dé­mo­cra­tie

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