Etats post-ré­vo­lu­tion­naires

Al Ahram Hebdo - - Egypte -

ment : « Pour­quoi ne pas s’en dé­bar­ras­ser ? ». C’est d’ailleurs ce que tout le monde ré­clame, à sa­voir l’évic­tion des fi­gures mou­ba­ra­kiennes de la presse, de la té­lé­vi­sion, des mi­nis­tères … « Cer­tains ont pro­po­sé au chef du gou­ver­ne­ment de pro­cé­der pas à pas car si la po­li­tique du chan­ge­ment se fait ra­pi­de­ment, un nombre de mi­nis­tères va s’ef­fon­drer !!! ». Une lo­gique qui rap­pelle un cer­tain dis­cours de Mou­ba­rak où il dé­cla­rait à la population en co­lère à peu près ce­la : « Si je pars dans la pré­ci­pi­ta­tion, c’est le chaos ». En ré­ac­tion à cet ar­ticle, un in­ter­naute désa­bu­sé écrit : « La cor­rup­tion qui a été im­plan­tée par l’an­cien ré­gime a at­teint le pre­mier, le deuxième et le troi­sième rang … Et je n’y vois pas de fin. Où est, pour l’amour de Dieu, la so­lu­tion ? ». La phrase ré­sume à elle seule ce syn­drome post-ré­vo­lu­tion­naire d’une grande ma­jo­ri­té di­vi­sée en plu­sieurs grou­pus­cules quant à l’is­sue.

Pas­sons, cet ar­ticle vient en ré­ponse à une loi étu­diée par le gou­ver­ne­ment et vi­sant à l’in­ter­dic­tion des sit-in, des pro­tes­ta­tions et des ras­sem­ble­ments. Une loi qui a sou­le­vé un tol­lé par­mi les ac­ti­vistes au mo­ment où les adeptes de la sta­bi­li­té et de lais­ser la roue de l’éco­no­mie tour­ner s’en sont fé­li­ci­tés. Ce qui a fait de Cha­raf, aux yeux des ré­vo­lu­tion­naires qui l’ont por­té à bout de bras un cer­tain ven­dre­di à Tah­rir, un contre-ré­vo­lu­tion­naire. A y perdre son la­tin ou plu­tôt son arabe !

Pour ré­pondre à la co­lère sus­ci­tée par cette loi, le mi­nistre de la Jus­tice a an­non­cé que les pro­tes­ta­tions pro­fes­sion­nelles se­raient per­mises les jours fé­riés et les autres jours après les heures de tra­vail !!! Com­men­taire d’un in­ter­naute sur le site du jour­nal Al-Dos­tour On­line :« Ce qui re­vient à dire qu’il vaut mieux al­ler ma­ni­fes­ter dans le dé­sert ! ». Beau­coup se sont sen­tis floués et ont ju­gé ce­la comme une at­teinte à la ré­vo­lu­tion. Les adeptes de la sta­bi­li­té et de la roue qui doit tour­ner ont ap­plau­di.

Le re­mède : ima­gi­na­tion Dans sa li­vrai­son de di­manche, le quo­ti­dien Al-Ah­ram titre en pre­mière page « La fran­chise et la ré­con­ci­lia­tion : une am­nis­tie contre la res­ti­tu­tion de l’ar­gent et pas de ré­con­ci­lia­tion pour les as­sas­si­nats ». Dans le dé­ve­lop­pe­ment, le jour­nal fait état d’une étude éla­bo­rée par un nombre de ju­ristes et res­pon­sables qui de­vrait être sou­mise au Con­seil mi­li­taire. La­dite étude se base sur l’ex­pé­rience de l’Afrique du Sud dans la ré­con­ci­lia­tion nationale. En fait, il est ques­tion de l’ap­pli­quer aux nom­breux hommes d’af­faires et res­pon­sables po­li­tiques en jus­tice ac­tuel­le­ment pour abus de pou­voir, fraude et cor­rup­tion. Le jour­nal re­vient sur cette fa­meuse roue de l’éco­no­mie qui a ra­len­ti consi­dé­ra­ble­ment : « Beau­coup d’hommes d’af­faires ont émis des craintes face au cli­mat de pour­suites et de plaintes contre un cer­tain nombre d’entre eux, ce qui me­nace l’in­ves­tis­se­ment et l’ap­port en de­vises … » ! Ce­la rap­pelle le fa­meux thème : moi ou le chaos !

Le cou­vercle qu’a fait sau­ter la ré­vo­lu­tion a per­mis un dé­bor­de­ment qui a l’air sans fin d’af­faires de cor­rup­tion et de toutes sortes de dé­pas­se­ments. Même la sa­cro-sainte ins­ti­tu­tion d’AlAz­har n’y échappe pas. Le quo­ti­dien Al-Wafd, jour­nal du par­ti du néo-Wafd, ré­vèle que se­lon des do­cu­ments cer­ti­fiés ob­te­nus par le jour­nal, l’ins­ti­tu­tion au­rait ver­sé des primes à plus de 50 gé­né­raux de la Sû­re­té de l’Etat et à plu­sieurs of­fi-

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