Comme une épi­dé­mie

Al Ahram Hebdo - - Economie - M. H.

Les ou­vriers de Suez Ci­ment n’ont pas été les seuls à re­ven­di­quer leur droit aux 10 % des pro­fits. Les tra­vailleurs de La­farge en Egypte ont aus­si sou­mis la re­ven­di­ca­tion. Le 21 mars, ils ont mis fin à un sit-in de 13 jours. Ain­si, ils ont pu dé­cro­cher 15 % d’aug­men­ta­tion sur les primes an­nuelles et 100 % pour les primes men­suelles ain­si que le re­cru­te­ment im­mé­diat de 130 ou­vriers sur les 450 qui tra­vaillent en sous-trai­tance, et une pro­messe pour le re­cru­te­ment pro­gres­sif des autres ou­vriers au cours de l’an­née. Mais ils n’au­ront droit qu’à 3 % des pro­fits an­nuels. « On va pré­sen­ter un mé­mo­ran­dum au mi­nistre de la Main-d’oeuvre, à ce­lui de l’In­dus­trie, au Con­seil su­prême des forces ar­mées. En tout cas, les ou­vriers ont af­fir­mé que si cer­taines so­cié­tés dé­crochent ce droit, nous fe­rons tout pour en bé­né­fi­cier nous aus­si », dit Mous­ta­pha Faw­zi, membre du syn­di­cat de l’usine de La­farge à Aïn-So­kh­na, qui a or­ga­ni­sé le sit-in.

« D’autres so­cié­tés du sec­teur ont pré­sen­té cette re­ven­di­ca­tion. C’est nor­mal, car les pro­fits sont très éle­vés », dit Omar Ta­ha, ana­lyste spé­cia­li­sé dans le sec­teur au­près de la banque d’in­ves­tis­se­ment Bel­tone Fi­nan­cial. En moyenne, les ci­men­te­ries en Egypte réa­lisent une marge de pro­fits de 40 %, contre une moyenne mon­diale de 17 %. En outre, la de­mande a connu une aug­men­ta­tion, même pen­dant la crise mon­diale. « Le sec­teur du ci­ment n’a pas connu de chute comme ce­lui du fer et de l’acier en Egypte. Au mo­ment de la crise, les ventes ont connu une hausse de 25 % », ren­ché­rit Omar Ta­ha. Se­lon le Fi­nan­cial Times Middle East, l’Egypte a for­te­ment contri­bué aux pro­fits des pro­duc­teurs de ci­ment au cours de la crise. « En 2009, les ventes de La­farge ont aug­men­té de 36 % en Egypte, contre une baisse de 24 % en Amé­rique du Nord », cite le quo­ti­dien amé­ri­cain. Idem pour les autres ci­men­te­ries.

Le pa­ra­dis des pro­duc­teurs in­ter­na­tio­naux en Egypte a com­men­cé avec la pri­va­ti­sa­tion des ci­men­te­ries pu­bliques au dé­but des an­nées 2000. La der­nière ci­men­te­rie pu­blique à être pri­va­ti­sée a été Suez Ce­ment, en 2005, une date-clé dans l’histoire de cette in­dus­trie qui marque la li­bé­ra­li­sa­tion to­tale du sec­teur. S’ac­ca­pa­rant 22 % du mar­ché lo­cal à l’époque, la so­cié­té pu­blique Suez Ce­ment consti­tuait une force pour équi­li­brer les prix en Egypte. Mais le gou­ver­ne­ment d’Ah­mad Na­zif, nom­mé en 2004, a dé­ci­dé l’ac­cé­lé­ra­tion de la pri­va­ti­sa­tion. Ain­si, la der­nière so­cié­té pu­blique fut pri­va­ti­sée. Elle dis­pose de trois sites de pro­duc­tion : Suez, Qat­ta­miya et To­rah

Newspapers in French

Newspapers from Egypt

© PressReader. All rights reserved.