Mais où est donc l’Etat ?

READ

Al Ahram Hebdo - - Egypte -

d’ef­forts, il a le tort de mettre de fausses bases sur les rap­ports entre les ci­toyens et nous ren­voie au Moyen Age, aux tri­bu­naux cou­tu­miers et aux réunions de ré­con­ci­lia­tion. Toutes ces ca­tas­trophes ont en com­mun des so­lu­tions cou­tu­mières et per­sonne n’a été pu­ni. Il ne fait au­cun doute que l’ab­sence de l’Etat sur le plan sé­cu­ri­taire a ou­vert la porte à plus d’anar­chie. Sur le même thème, le ro­man­cier Ba­haa Ta­her écrit dans le quo­ti­dien Al-Ah­ram : « Construire les va­leurs positives prend beau­coup plus de temps que de les dé­mo­lir. Or, du­rant les der­nières dé­cen­nies, plu­sieurs haches ont ébran­lé le corps de l’Etat ci­toyen. C’est pour ce­la que les Frères mu­sul­mans et les adeptes des autres cou­rants is­la­mistes disent sans pro­blème qu’ils sou­tiennent un tel Etat car ils savent per­ti­nem­ment que cet Etat ci­toyen n’existe plus et que la voie est dé­sor­mais libre ou, di­sons, qu’ils s’ima­ginent ce­la … ». Les chan­ge­ments doivent être pro

fonds Dans la même édi­tion, un long en­tre­tien est consa­cré au cé­lé­bris­sime jour­na­liste Has­sa­nein Hey­kal qui en était un jour le ré­dac­teur en chef. Il s’est dit in­quiet pour la ré­vo­lu­tion à la­quelle fait dé­faut une di­rec­tion unie. « J’in­siste sur la ques­tion du sen­ti­ment de sé­cu­ri­té et de sta­bi­li­té. Or, ce­la ne se réa­li­se­ra pas seule­ment par la te­nue d’élec­tions qui n’ont pas de fon­de­ment, ou la ré­dac­tion d’une Cons­ti­tu­tion sur les mo­dèles que nous avons dé­jà connus. Ce qui réa­li­se­ra la sé­cu­ri­té et la sta­bi­li­té, c’est de dire aux gens ce qui les at­tend. Qu’ils sachent exac­te­ment : quoi ! Qu’ils sachent exac­te­ment : quand ! Qu’ils sachent exac­te­ment : com­ment ! Et nous de­vons re­con­naître, au­jourd’hui, que nous souf­frons d’une ab­sence de l’Etat. Car il y a une dif­fé­rence entre fon­der une lé­gi­ti­mi­té ins­ti­tu­tion­nelle per­ma­nente — ce qui veut dire as­su­mer la pré­si­dence de la ré­pu­blique — et une si­tua­tion tran­si­toire. Au­cun peuple ne peut vivre sans Etat. Et moi, per­son­nel­le­ment, je ne vois pas d’in­con­vé­nient se­lon la lo­gique des choses à ce que le gé­né­ral Tan­ta­wi soit nom­mé pré­sident de l’Etat du­rant cette pé­riode tran­si­toire. Et si on voit qu’il vaut mieux mettre en place un con­seil pré­si­den­tiel, il ne se­ra pas dif­fi­cile de trou­ver deux autres membres à ses cô­tés. Et si aux cô­tés de ce con­seil, il existe un con­seil de se­cré­taires de l’Etat qui a la charge de la Cons­ti­tu­tion et la pré­pa­ra­tion des élec­tions d’une as­sem­blée cons­ti­tuante, ce­la peut être une ga­ran­tie pour la lé­gi­ti­mi­té de la pé­riode de tran­si­tion ».

Newspapers in French

Newspapers from Egypt

© PressReader. All rights reserved.