La ten­sion per­siste

. Les re­la­tions entre les deux soeurs en­ne­mies ont été à nou­veau per­tur­bées cette se­maine. Les deux pays sont à cou­teaux ti­rés.

Al Ahram Hebdo - - Monde - M. Ch.

Après un calme pré­caire qui a ré­gné sur la pé­nin­sule co­réenne ces der­nières se­maines, la ten­sion est mon­tée d’un cran entre les deux Co­rées, fai­sant craindre l’écla­te­ment d’une guerre sans mer­ci. Dé­jà sur fond de grave ten­sion suite aux in­ci­dents meurtriers de 2010 — tor­pillage de la cor­vette sud-co­réenne Cheo­nan en mars (46 morts) et bom­bar­de­ment de l’île sud-co­réenne Yong­pyong en no­vembre (4 morts) —, les deux soeurs en­ne­mies ont vu leurs re­la­tions per­tur­bées cette se­maine suite à la sus­pen­sion de l’aide du Sud au Nord qui souffre d’une grave crise ali­men­taire. Dé­jà, six mil­lions de per­sonnes (soit un quart de la population) souffrent de grave mal­nu­tri­tion. En sus­pen­dant l’aide à sa voi­sine dé­mu­nie, Séoul tente de faire chu­ter le ré­gime nord-co­réen en ag­gra­vant la pé­nu­rie ali­men­taire, ana­lysent les ex­perts.

Autre fac­teur qui a ra­vi­vé la ten­sion dans la pé­nin­sule, c’est la dé­ci­sion des ma­rines amé­ri­caine et sud-co­réenne de me­ner, en juillet pro­chain, leurs ma­noeuvres conjointes le long de la zone de dé­mar­ca­tion avec la Co­rée du Nord, une zone sen­sible, théâtre d’un bom­bar­de­ment par Pyon­gyang en no­vembre der­nier. Ces ma­noeuvres de­vraient se dé­rou­ler sur l’île de Baen­gnyeong, en mer Jaune, à l’ouest de la pé­nin­sule co­réenne, avant les exer­cices amé­ri­ca­no/sud-co­réens an­nuels pré­vus dans une autre zone en août. L’île de Baen­gnyeong se trouve près de la zone où la Co­rée du Nord est ac­cu­sée d’avoir cou­lé une cor­vette sud-co­réenne en mars 2010. Pyon­gyang souffle le chaud et le froid Dans une ten­ta­tive de conte­nir la crise ex­plo­sive, le pré­sident sud-co­réen, Lee Myung-bak, a in­vi­té le leader nord-co­réen au som­met in­ter­na­tio­nal sur la sé­cu­ri­té nu­cléaire pré­vu le 26 mars 2012 à Séoul si ce­lui-ci re­non­çait à son pro­gramme d’ar­me­ment nu­cléaire. M. Lee a in­di­qué que le som­met de Séoul « se­rait une bonne chance » pour la RPDC de « se joindre à la com­mu­nau­té in­ter­na­tio­nale ». Le pre­mier som­met sur la sé­cu­ri­té nu­cléaire s’est te­nu en avril 2010 à Wa­shing­ton et vi­sait à ac­croître la co­opé­ra­tion in­ter­na­tio­nale afin d’évi­ter l’ap­pa­ri­tion d’un mar­ché de contre­bande du nu­cléaire et de lut­ter contre le ter­ro­risme. Le choix de la Co­rée du Sud comme hôte du pro­chain som­met en 2012 est sym­bo­lique puisque sa voi­sine du Nord est sous les feux des cri­tiques in­ter­na­tio­nales à cause de son pro­gramme d’ar­me­ment ato­mique.

Met­tant les bâ­tons dans les roues, Pyon­gyang a com­plè­te­ment re­je­té la pro­po­si­tion du pré­sident sud-co­réen. Se­lon les ex­perts, le ré­gime nord-co­réen com­mence à suivre la stra­té­gie ira­nienne, celle de souf­fler le chaud et le froid et de par­ler de plu­sieurs langues à la fois. Preuve : alors que le pré­sident nord-co­réen avait an­non­cé, fin avril, que son pays était dis­po­sé à né­go­cier au su­jet de son pro­gramme nu­cléaire sans condi­tions préa­lables, voi­là qu’il re­fuse tout dia­logue sur ses droits nu­cléaires in­alié­nables. Il semble que les jours à ve­nir ver­raient une cer­taine col­la­bo­ra­tion entre Pyon­gyang et Té­hé­ran en ma­tière nu­cléaire. Evo­quant des rap­ports clan­des­tins entre ces deux pays nu­cléaires, un rap­port confi­den­tiel de l’Onu a af­fir­mé cette se­maine que Pyon­gyang et Té­hé­ran semblent avoir pro­cé­dé à des échanges ré­gu­liers de tech­no­lo­gie re­le­vant des mis­siles ba­lis­tiques en vio­la­tion des sanc­tions de l’Onu. Celles-ci in­ter­disent les échanges de tech­no­lo­gie nu­cléaires avec Pyon­gyang.

En ef­fet, les re­la­tions entre les deux voi­sins co­réens sont au plus bas de­puis un an

Le double at­ten­tat per­pé­tré cette se­maine par les ta­li­bans a fait 80 morts.

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