Is­raël s’obs­tine tou­jours

Al Ahram Hebdo - - Mon D E Arabe - Ma­ha Salem

ML’im­pa­tience que sus­cite le blo­cage du pro­ces­sus de paix ». « Les fron­tières d’Is­raël et de la Pa­les­tine de­vraient être fon­dées sur les lignes de 1967 avec des échanges sur les­quels les deux par­ties se­raient d’ac­cord, afin d’éta­blir des fron­tières sûres et re­con­nues pour les deux Etats », a dé­cla­ré M. Oba­ma tout en ajou­tant que le re­trait com­plet et gra­duel des forces mi­li­taires is­raé­liennes de­vrait être co­or­don­né dans l’idée d’une res­pon­sa­bi­li­té de la sé­cu­ri­té pa­les­ti­nienne dans un Etat sou­ve­rain et non-mi­li­ta­ri­sé.

Ces dé­cla­ra­tions ont été cri­ti­quées sé­vè­re­ment par l’Etat hé­breu. En pre­mière ré­ac­tion, le pre­mier mi­nistre is­raé­lien, Be­nya­min Né­ta­nya­hu, a ex­clu que des « centres ma­jeurs de population is­raé­lienne en Cis­jor­da­nie se re­trouvent de l’autre cô­té de la fron­tière », en al­lu­sion aux prin­ci­paux blocs de co­lo­nies juives en Cis­jor­da­nie. Et comme pour ex­pri­mer le re­fus is­raé­lien des pro­pos d’Oba­ma, une com­mis­sion gou­ver­ne­men­tale is­raé­lienne a ap­prou­vé la construc­tion de 1 520 nou­veaux lo­ge­ments dans deux quar­tiers de co­lo­ni­sa­tion juive à Jé­ru­sa­lem-Est oc­cu­pés et an­nexés. Les Is­raé­liens se pré­valent d’une an­cienne lettre du pré­sident amé­ri­cain George W. Bush en 2004 au pre­mier mi­nistre is­raé­lien de l’époque, Ariel Sha­ron, ex­cluant un re­tour aux lignes d’ar­mis­tice an­té­rieures à la guerre de juin 1967, ce qui im­plique- AL­GRÉ les mots, peu d’avan­cées concrètes. Le pré­sident amé­ri­cain, Ba­rack Oba­ma, s’est pro­non­cé cette se­maine pour la pre­mière fois, en fa­veur d’un Etat pa­les­ti­nien dont les fron­tières se­raient tra­cées sur la base des lignes de 1967. Le chef de l’exé­cu­tif amé­ri­cain a en ef­fet af­fir­mé que les pour­par­lers de paix entre Is­raël et les Pa­les­ti­niens de­vaient être fon­dés sur les fron­tières d’avant l’oc­cu­pa­tion is­raé­lienne de Jé­ru­sa­lem-Est, la Cis­jor­da­nie et la bande de Ga­za. Il a mis en garde contre « rait un re­trait is­raé­lien de toute la Cis­jor­da­nie et Jé­ru­sa­lem-Est oc­cu­pées de­puis.

Pré­ser­ver ses amis Pour ne pas frois­ser ses al­liés is­raé­liens, le pré­sident Oba­ma, s’adres­sant à l’as­sem­blée an­nuelle de l’AIPAC, le prin­ci­pal lob­by pro-is­raé­lien aux Etats-Unis, a ex­pli­qué qu’il avait été mal com­pris et que son idée était que « les par­ties elles-mêmes, les Is­raé­liens et les Pa­les­ti­niens, vont né­go­cier une fron­tière dif­fé­rente de celle qui exis­tait le 4 juin 1967 », te­nant compte des « nou­velles réa­li­tés dé­mo­gra­phiques sur le ter­rain et des be­soins des deux par­ties » en ré­fé­rence no­tam­ment aux blocs de co­lo­nies qu’Is­raël sou­haite an­nexer en cas d’ac­cord de paix.

Afin de plaire aux Is­raé­liens, M. Oba­ma a mis en garde les Pa­les­ti­niens contre toute ten­ta­tive d’iso­ler sym­bo­li­que­ment Is­raël aux Na­tions-Unies en sep­tembre. Oba­ma a aus­si pré­ve­nu que « les Pa­les­ti­niens ne par­vien­dront pas à l’in­dé­pen­dance en niant le droit d’Is­raël à exis­ter ».

Le pré­sident amé­ri­cain a ex­hor­té le mou­ve­ment Ha­mas, au pou­voir à Ga­za et avec le­quel le Fa­tah de Mah­moud Ab­bass a ré­cem­ment si­gné un ac­cord de ré­con­ci­lia­tion, à « re­con­naître le droit d’Is­raël à exis­ter, à re­je­ter la vio­lence et à adhé­rer à tous les ac­cords exis­tants ». Ces condi­tions sont celles, bien connues, énon­cées par le Quar­tette (Etats-Unis, Union eu­ro­péenne, Onu et Rus­sie) pour que le Ha­mas puisse par­ti­ci­per au dia­logue de paix. Un ap­pel re­je­té par le Ha­mas. Ce der­nier a es­ti­mé que « l’ad­mi­nis­tra­tion amé­ri­caine a échoué dans le pas­sé et échoue­ra tou­jours dans ses ten­ta­tives de convaincre le Ha­mas de re­con­naître l’oc­cu­pa­tion is­raé­lienne ».

« L’ad­mi­nis­tra­tion amé­ri­caine sou­tient to­ta­le­ment l’oc­cu­pa­tion au dé­tri­ment des as­pi­ra­tions du peuple pa­les­ti­nien à créer un Etat », a af­fir­mé un porte-pa­role du Ha­mas.

Contre-dé­ca­la­ra­tions Dé­fen­dant le Ha­mas, le pré­sident de l’Au­to­ri­té pa­les­ti­nienne, Mah­moud Ab­bass, a as­su­ré que « les Pa­les­ti­niens ne tentent pas d’iso­ler Is­raël en de­man­dant la re­con­nais­sance de l’Etat pa­les­ti­nien à l’Onu mais veulent une re­con­nais­sance de la Pa­les­tine en tant qu’Etat oc­cu­pé ». De­puis plu­sieurs mois, les Pa­les­ti­niens ré­clament, pour re­prendre les négociations, outre un mo­ra­toire sur la co­lo­ni­sa­tion is­raé­lienne, des bases claires, une de­mande à la­quelle le pré­sident amé­ri­cain a don­né son aval en se pro­non­çant pour la pre­mière fois ex­pli­ci­te­ment pour un Etat pa­les­ti­nien sur la base des lignes de 1967, moyen­nant des échanges de ter­ri­toire.

Ab­bass a af­fir­mé que les dé­cla­ra­tions du pré­sident amé­ri­cain Ba­rack Oba­ma évo­quant les lignes de 1967 comme base de négociations pour un Etat pa­les­ti­nien sont « un pas dans la bonne di­rec­tion ».

Es­sayant d’exer­cer cer­taines pres­sions, les Pa­les­ti­niens ont exi­gé que le pre­mier mi­nistre is­raé­lien, Be­nya­min Né­ta­nya­hu, re­vienne sur son re­jet d’un Etat pa­les­ti­nien sur les lignes de 1967 comme base de négociations. « La po­si­tion de Né­ta­nya­hu est un re­jet of­fi­ciel de l’ini­tia­tive de M. Oba­ma, de la lé­ga­li­té in­ter­na­tio­nale et du droit in­ter­na­tio­nal », a dé­cla­ré le porte-pa­role du di­ri­geant pa­les­ti­nien Mah­moud Ab­bass.

Un avis par­ta­gé par le Ha­mas, qui a sou­li­gné que le re­jet ca­té­go­rique par M. Né­ta­nya­hu des lignes de 1967 « prou­vait l’ab­sur­di­té des négociations » avec Is­raël et ap­pe­lé à « une stra­té­gie arabe et pa­les­ti­nienne sur la base de la ré­sis­tance et la pré­ser­va­tion de nos droits face à cette ar­ro­gance is­raé­lienne », dans une dé­cla­ra­tion de Sa­mi AbouZouh­ri, porte-pa­role du mou­ve­ment à Ga­za. « Nous de­man­dons au pré­sident Oba­ma et au Quar­tette pour le Pro­cheO­rient (UE, Onu, Rus­sie et Etats-Unis) de faire pres­sion sur Né­ta­nya­hu pour qu’il ac­cepte les fron­tières de 1967 », a ajou­té pour sa part M. Na­bil Abou-Rou­dei­na, né­go­cia­teur en chef pa­les­ti­nien, en pré­ve­nant Is­raël qu’il de­vait choi­sir entre né­go­cier sur ces bases et faire face à la re­con­nais­sance d’un Etat pa­les­ti­nien sur les lignes de 1967 par l’Onu en sep­tembre. Une éven­tua­li­té qui in­quiète l’Etat hé­breu

La si­tua­tion de­meure tou­jours blo­quée entre les Pa­les­ti­niens et les Is­raé­liens.

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