Adieu Sayed­na

Al Ahram Hebdo - - Courrier -

Je suis une fi­dèle lec­trice d’al- Ah­ram Heb­do, mais c’est la pre­mière fois que je dé­cide d’écrire pour la page Cour­rier que j’ap­pré­cie énor­mé­ment car elle per­met de gar­der le lien entre les lec­teurs et le jour­nal. Au­jourd’hui, ma peine est grande et pro­fonde, et c’est la rai­son pour la­quelle je dé­cide de vous écrire.

Sayed­na, qui si­gni­fie sa Sain­te­té, était l’ap­pel­la­tion de la plu­part des chré­tiens pour le pape Ché­nou­da III. J’écris pour ex­pri­mer ma dou­leur comme beau­coup d’egyp­tiens à l’an­nonce de la mort du pape Ché­nou­da III. Je me sens d’un seul coup or­phe­line, car le pape était pour moi non seule­ment un homme re­li­gieux, mais un père, une va­leur, un sym­bole, un grand homme, un maître et bien d’autres choses. J’ai l’im­pres­sion d’avoir per­du mon père pour la deuxième fois de ma vie. Je sens que l’egypte (et non pas les chré­tiens d’egypte seule­ment) ne se­ra plus la même.

La dis­pa­ri­tion du pape Ché­nou­da III est une grande perte non seule­ment pour tout les chré­tiens, mais aus­si et sur­tout pour l’egypte et tous les Egyp­tiens. La dou­leur est tel­le­ment im­mense que nous avons du mal à ima­gi­ner le pays sans

COPTES .

Une de nos fi­dèles lec­trices ex­prime sa dou­leur après la dis­pa­ri­tion du pape Ché­nou­da III.

notre cher pape. Oui il était très ma­lade et très âgé, mais nous avons quand même du mal à croire à son dé­cès.

Le pape Ché­nou­da III était un homme sage, il était le père de tout le monde, pe­tits et grands, pauvres et riches. Il avait de très bonnes re­la­tions avec pra­ti­que­ment tous ceux qu’il connais­sait.

L’egypte a connu de mo­ments dif­fi­ciles et des crises très graves, mais la sa­gesse du pape a tou­jours été là pour nous ai­der à tra­ver­ser de durs mo­ments. Car notre pape a tou­jours ap­pe­lé avec force à l’uni­té du pays. Je suis sûre que les chré­tiens comme les mu­sul­mans re­gret­te­ront la dis­pa­ri­tion de ce grand homme. L’homme avait su res­ter po­pu­laire tant chez les chré­tiens que chez les mu­sul­mans.

A l’heure où l’egypte tra­verse une phase très dif­fi­cile dans son his­toire, elle perd l’un de ses hommes les plus sages dont elle a le plus be­soin.

En­fin, je prie pour notre pape, mais je prie aus­si pour notre pays l’egypte pour que de­main soit moins grave.

Au re­voir notre Sain­te­té, vous nous man­que­rez beau­coup.

Ma­rianne Louis,

Le Caire.

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