La cour de ceux qui at­tendent

Al Ahram Hebdo - - Egypte - Na­jet Bel­ha­tem

aus­si en ce qui concerne les de­mandes pour mo­der­ni­ser l’église ».

Le pape c’est un pro­jet qui ne s’est pas ac­com­pli titre l’édi­to­rial du quo­ti­dien AlYoum Al-sa­bie. « Le pape est par­ti sans que son pro­jet na­tio­nal n’ait at­teint la moi­tié du che­min. Le pape est mort alors qu’il at­ten­dait le pro­jet de loi uni­fiée sur les lieux de culte pour que chaque ch­ré­tien ait le droit de prier en paix dans son vil­lage ou dans sa rue. Il est mort alors qu’il at­ten­dait le pro­cès des tueurs d’in­no­cents dans les crises in­ter­con­fes­sion­nelles. Il est par­ti sans voir qui est le vrai cou­pable dans l’af­faire de l’église des Saints à Alexan­drie ».

Dans Al-sho­rouk, Fah­mi Ho­wei­di parle d’une autre at­tente : celles des bles­sés de la ré­vo­lu­tion qui at­tendent tou­jours d’être in­dem­ni­sés, que les cou­pables soient ju­gés. Ils peinent à trou­ver les res­sources né­ces­saires pour se faire soi­gner conve­na­ble­ment. « Ne les tuez pas deux fois ! » écrit-il. « L’un des jeunes qui ont été at­teint de pa­ra­ly­sie pen­dant la ré­vo­lu­tion du 25 jan­vier a ten­té de se sui­ci­der la se­maine der­nière. Il a été sau­vé in ex­tre­mis. Le jeune déses­père de pou­voir réunir l’ar­gent né­ces­saire pour se faire soi­gner : il ne sup­por­tait plus la vie mi­sé­rable qu’il vit. Il a réa­li­sé qu’il était de­ve­nu un far­deau pour sa fa­mille et qu’il n’avait plus d’ave­nir. Le sui­cide a tra­ver­sé l’es­prit de plus d’un par­mi ceux qui se sont trans­for­més en corps pa­ra­ly­sés. Mais ce jeune a eu plus d’au­dace qu’eux. Ils en­vient ceux qui sont morts car ce­la leur a épar­gné l’hu­mi­lia­tion ».

Les femmes, elles aus­si font la queue et at­tendent. Sans ré­sul­tat. Le pro­cès de Sa­mi­ra Ibra­him, dans l’af­faire des tests de vir­gi­ni­té for­cés, s’est sol­dé par l’ac­quit­te­ment du mé­de­cin qui les a pra­ti­qués. « Quelques mois seule­ment se sont écou­lés entre le ver­dict de la Haute Cour ad­mi­nis­tra­tive qui dé­non­çait ces tests et le ver­dict de la cour mi­li­taire qui a ac­quit­té le mé­de­cin. Entre les deux, Sa­mi­ra a cru pou­voir pas­ser au tra­vers du mur qui sé­pare l’op­pres­sion de la jus­tice. Mais c’est le même mur qui sé­pare un monde sain d’un monde ré­gi par des va­leurs mas­cu­lines qui af­firment que la femme est un pé­ché. L’af­faire de Sa­mi­ra Ibra­him (entre autres) n’est pas une ba­taille ju­di­ciaire. C’est une ba­taille entre la ré­vo­lu­tion et les forces ré­tro­grades sur le plan po­li­tique et so­cial. Dans cette ba­taille, les femmes re­fusent de se voir confi­nées à des moules plus pe­tits que leur exis­tence. Des moules qui ne dé­passent pas le stade du corps et l’ab­sence de voix … », écrit Sa­har Al-mou­gui dans Al-mas­ry Al-youm.

Dans le quo­ti­dien Al-tah­rir, Wael Ab­del­Fat­tah écrit « n’at­ten­dez pas des is­la­mistes une dé­mo­cra­tie ou la construc­tion d’une nou­velle Ré­pu­blique, car ils sont oc­cu­pés à prendre les postes de l’an­cienne oli­gar­chie. Ils ne chan­ge­ront pas le ré­gime : ils se conten­te­ront d’oc­cu­per sa place. Le sum­mum du chan­ge­ment at­ten­du res­semble à ce­lui qu’a fait Al-ka­tat­ni, le pré­sident du Par­le­ment, qui a chan­gé la Mer­cedes de l’an­cien pré­sident par une BMW ».

Au mi­lieu de tout ce­la, il y a au moins quelques per­sonnes qui n’at­ten­dront plus. Le mi­nis­tère de la San­té a dé­ci­dé au mo­ment où le prix de la bon­bonne de gaz a at­teint plus de 50 L.E., de bais­ser le prix du Via­gra ! « Le mi­nis­tère de la San­té a dé­ci­dé de bais­ser le prix du Via­gra amé­ri­cain de 60 %. Il se­ra donc ven­du pour le consom­ma­teur à 10 L.E. la boîte au lieu de 27 L.E. »

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