Le monde fan­tai­siste de Snout

THÉÂTRE . La deuxième édi­tion du fes­ti­val in­ter­na­tio­nal Ha­kawy des arts pour en­fants prend fin ce mer­cre­di, après 8 jours de spec­tacles va­riés. Or­ga­ni­sée par L’AFCA pour les arts et la culture, cette édi­tion en­chante tant les en­fants que les adultes.

Al Ahram Hebdo - - Arts - May Sé­lim

MAL­GRÉ LES CIR­CONS­TANCES ac­tuelles, avec les grèves ici et là et la dis­pa­ri­tion du pape Ché­nou­da III, il était temps de faire une pe­tite es­ca­pade dans un uni­vers plus ju­vé­nile. Loin des sou­cis quo­ti­diens, la fon­da­tion AFCA a or­ga­ni­sé cette deuxième édi­tion du fes­ti­val Ha­kawy pour en­fants. Il vise à en­cou­ra­ger les pe­tits, afin de pra­ti­quer les langues étran­gères en de­hors des ac­ti­vi­tés sco­laires. En fait, L’AFCA ac­corde un in­té­rêt par­ti­cu­lier aux fran­co­phones et fran­co­philes. « Le fes­ti­val ne s’adresse pas uni­que­ment aux en­fants. Ces der­niers sont tou­jours ac­com­pa­gnés de leurs pa­rents ou par des adultes. On s’adresse alors à toute la fa­mille, à tout le pu­blic », sou­ligne Mo­ha­med Al-ghawy, di­rec­teur du fes­ti­val.

Le fes­ti­val, te­nu cette an­née sous les aus­pices du sec­teur des re­la­tions cultu­relles étran­gères du mi­nis­tère de la Culture, a connu une vé­ri­table évo­lu­tion. Le nombre des troupes par­ti­ci­pantes a aug­men­té, les lieux et es­paces de re­pré­sen­ta­tion ont mul­ti­plié, du­rant les 8 jours (la pre­mière édi­tion s’est dé­rou­lée sur trois jours au Sa­cré Coeur, l’an der­nier).

Dans la pe­tite salle du théâtre Al-ghad, les en­fants ac­com­pa­gnés de leurs pa­rents forment une queue à l’en­trée. Un co­mé­dien en py­ja­ma les ac­cueille. C’est le ren­dez-vous avec le col­lec­tion­neur des nuits, Tho­mas Snout. Mais avant d’en­trer dans son ate­lier, il faut por­ter les py­ja­mas. Les pe­tits et les adultes sont ser­vis par les co­mé­diens. Tho­mas sort de l’ar­moire et de­mande aux vi­si­teurs de le suivre. On entre alors dans le monde fan­tai­siste de Snout, éblouis par son ate­lier et ses contes noc­turnes. C’était Il y a un la­pin dans la lune de la com­pa­gnie française Le vé­lo théâtre, un des pre­miers spec­tacles pré­sen­tés par le fes­ti­val. Mon­té par Fran­ces­ca Bet­ti­ni, le spec­tacle fait par­tie du ré­per­toire de la com­pa­gnie et s’adresse aux en­fants entre 3 et 7 ans. Mais en fait, le co­mé­dien­hé­ros dans le rôle de Tho­mas Snout réus­sit à nouer un dia­logue avec les en­fants et leurs pa­rents égyp­tiens et fran­co­phones. Il parle avec eux de sa peur la nuit et comment il ar­rive à l’en­ter­rer. Il ini­tie les spec­ta­teurs à évo­quer leurs peurs afin de les en­ter­rer du­rant cette nuit spéciale. Et en sui­vant le pe­tit la­pin, son jouet pré­fé­ré, on re­trouve tous le che­min du re­tour à la vie réelle. On s’at­ten­dait à pas­ser une jour­née en plein air dans la rue Bag­dad à Kor­ba (Hé­lio­po­lis) avec la com­pa­gnie al­le­mande Das­pa­pier­thea­ter qui de­vait pré­sen­ter le spec­tacle in­ter­ac­tif Pri­ce­less et autres shows de danse et de mu­sique. Mal­heu­reu­se­ment, toute cette ma­ni­fes­ta­tion en plein air a été an­nu­lée, pour des rai­sons sé­cu­ri­taires. Les or­ga­ni­sa­teurs et membres de L’AFCA n’ont éprou­vé au­cune dé­cep­tion. Et les spec­tacles ont conti­nué au théâtre des Ma­rion­nettes.

Go­ha et Fat­to­ra est un spec­tacle de gui­gnols don­né par la com­pa­gnie Wel ya wel (al­lé­luia), se­lon une mise en scène de Wa­lid Ba­dr. Le spec­tacle évoque un per­son­nage de la lit­té­ra­ture sa­ti­rique arabe, Go­ha, et le pro­blème d’un fils du gou­ver­neur, tou­jours pas­sif. En fait, le spec­tacle a été dé­jà pré­sen­té plu­sieurs fois dans des es­paces clos et aus­si en plein air. Ceux-ci donnent la pos­si­bi­li­té d’avoir une plus grande in­ter­ac­tion avec le pu­blic.

Khaya­lat (ima­gi­na­tions) est du théâtre de l’ombre don­né par la com­pa­gnie Kayan Ma­rion­nettes et mis en scène par Mo­ha­mad Faw­zi. C’est le ré­sul­tat d’un ate­lier d’ombres chi­noises, te­nu l’an der­nier à l’ins­ti­tut fran­çais d’alexan­drie. Faw­zi ra­conte une his­toire où le réel se mêle au fée­rique. Il réus­sit à faire bou­ger ses per­son­nages ai­sé­ment dans le noir, voire à les faire vo­ler, et crée des formes éblouis­santes, à l’aide d’élé­ments simples et de cou­leurs fluo­res­centes. On en­tend des in­ter­jec­tions en­fan­tines par-ci, par-là et par­fois même leurs pe­tites ques­tions cu­rieuses nous font rire. Pas ques­tion de les faire taire. Ils s’ex­priment tout sim­ple­ment - Le 28 mars à 10h, spec­tacle Al-cha­ter Has­san, par la troupe D’AFCA - A 18h, clô­ture du fes­ti­val avec le spec­tacle égyp­tien Al-lei­la Al-ké­bi­ra de Sa­lah Al-sa­q­qa. Théâtre des Ma­rion­nettes, place Ata­ba. Tél. : 2591 0954

Les pe­tits et les fa­milles en py­ja­mas à l’en­trée de l’ate­lier de Mon­sieur Tho­mas.

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