Mo­ha­mad Mor­si, un train de re­nais­sance

Al Ahram Hebdo - - Le Fait De La Semaine - H. N. Ch. A-H.

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NTAFTAF rouge cir­cu­lant en pleine ville, sorte de pe­tit train qui cir­cule dans les parcs pu­blics. Ce jour, il est or­né de por­traits du can­di­dat à la pré­si­den­tielle Mo­ha­mad Mor­si. « Train de la re­nais­sance » , ain­si veut la cam­pagne élec­to­rale du can­di­dat de la confré­rie des Frères mu­sul­mans. Juste deux wa­gons dont les roues portent le slo­gan de son par­ti Li­ber­té et jus­tice, et son sym­bole « la ba­lance » . A l’ins­tar du bus d’aboul- Fou­touh qui sillonne les villes, ce taf­taf de­vrait sillon­ner tous les gou­ver­no­rats, disent les par­ti­sans de l’idée, mais pour l’ins­tant, il a uni­que­ment rou­lé dans les rues de la ville de Da­miette. Des chaînes hu­maines sont pos­tées tout au long de la route, tan­tôt de jeunes filles, tan­tôt de jeunes hommes par­fois en uni­forme ten­dant les pan­cartes du can­di­dat pour l’ac­cueillir en per­sonne. Tous les membres du par­ti y par­ti­cipent. Pour les Frères mu­sul­mans, « C’est un de­voir » . Ici, la par­ti­ci­pa­tion est presque obli­ga­toire.

Or, se­lon la confré­rie, la cam­pagne a dé­jà ac­cueilli « des di­zaines de mil­liers de vo­lon­taires in­dé­pen­dants et de ten­dance sa­la­fiste ». Se­lon Mou­rad Ali, co­or­di­na­teur de la cam­pagne élec­to­rale de Mor­si, « il y a plus de 25 000 per­sonnes qui dé­ploient tous leurs ef­forts pour me­ner une grande cam­pagne et réa­li­ser le pro­jet de la re­nais­sance ». A l’ap­pui, un centre d’ac­cueil pour les vo­lon­taires afin de les gui­der vers le siège le plus proche de leur ré­si­dence. Le siège même de la cam­pagne vient d’être ins­tal­lé, puis­qu’un pré­cé­dent siège était des­ti­né au can­di­dat des Frères évin­cé Khaï­rat Al-cha­ter.

La cam­pagne de Mor­si est l’une des plus riches, du point de vue fi­nan­cier certes. Des ban­de­roles et des pan­cartes de très bonne qua­li­té et aux cou­leurs du dra­peau égyp­tien, noir, blanc mais sur­tout rouge.

La cam­pagne compte sur les co­ti­sa­tions des membres du par­ti, mais aus­si sur celles des membres de la confré­rie puis­qu’au­cune sé­pa­ra­tion n’est faite entre les deux. « Nous avons dé­pen­sé des mil­lions de livres lors des élec­tions lé­gis­la­tives. C’était un lourd far­deau », ajoute Ali, tout en in­sis­tant sur le fait que la cam­pagne re­fuse les do­na­tions. « Pour ga­ran­tir plus de trans­pa­rence et d’hon­nê­te­té, nous re­fu­sons de re­ce­voir des sommes d’ar­gent. Ce que nous ac­cep­tons c’est que le do­na­teur se charge d’or­ga­ni­ser cer­tains mee­tings po­pu­laires ou d’im­pri­mer des af­fiches », pour­sui­til. La cam­pagne est bien fi­nan­cée, mais les en­traves ne manquent pas. Les res­pon­sables de la cam­pagne restent très dif­fi­ciles à joindre. Même si le centre mé­dia­tique ou la hot-line du centre d’ap­pels ré­pondent aux ap­pels, les in­for­ma­tions restent très dis­crètes. On ré­vèle cer­taines in­for­ma­tions et pas d’autres. Il a fal­lu faire le tour de presque tous les res­pon­sables de la cam­pagne pour écrire ces pe­tits mots

Les Frères comptent sur des chaînes de jeunes dis­po­sées le long du trottoir pour ac­cueillir le can­di­dat Mo­ha­mad Mor­si. Les pan­cartes élec­to­rales, aus­si grandes que les per­sonnes qui les tiennent, attirent l’at­ten­tion des pas­sants. La queue peut dé­pas­ser un ki­lo­mètre de long.

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