Bien gé­rer la deuxième vie

EAUX USÉES . Afin d’en ti­rer pro­fit et de di­mi­nuer la quan­ti­té d’eau uti­li­sée dans l’ir­ri­ga­tion des fo­rêts, une confé­rence vient de se te­nir vi­sant leur re­cy­clage. Les spé­cia­listes exigent pour ce faire un mé­ca­nisme d’exé­cu­tion et de contrôle.

Al Ahram Hebdo - - Environnement - R. H.

«RECYCLER les eaux du drai­nage sa­ni­taire et so­lu­tions du­rables vi­sant à pro­fi­ter au maxi­mum des res­sources hy­drau­liques en Egypte ». Tel est le thème de la confé­rence te­nue la se­maine der­nière, or­ga­ni­sée par l’agence Egyp­tienne pour les Af­faires de l’environnement (AEAE) en co­opé­ra­tion avec le Centre de l’environnement et du dé­ve­lop­pe­ment pour la ré­gion arabe et pour l’eu­rope (CEDARE).

Le mi­nistre d’etat pour l’environnement, Mous­ta­pha Hus­sein Ka­mel, a sou­li­gné dans son dis­cours que la qua­li­té de l’eau, les ques­tions de la ra­tio­na­li­sa­tion et la réuti­li­sa­tion des eaux usées font par­tie des prio­ri­tés du mi­nis­tère. Dans ce contexte, des pro­jets ex­pé­ri­men­taux ont été exé­cu­tés afin de pro­fi­ter des eaux trai­tées du drai­nage sa­ni­taire. « Des ter­rains ont été consa­crés dans 18 gou­ver­no­rats en­vi­ron pour la culture des fo­rêts. 88 000 fed­dans (37 ha) sont ir­ri­gués par les eaux trai­tées du drai­nage sa­ni­taire avec des sta­tions de trai­te­ment de ca­pa­ci­té de 910 m3 par jour. La grande ma­jo­ri­té de cette su­per­fi­cie est si­tuée dans le dé­sert pour en­cou­ra­ger l’éta­blis­se­ment de nou­velles com­mu­nau­tés ur­baines dans les nou­velles zones dé­ser­tiques », a-t-il ex­pli­qué. Et d’ajou­ter : « Ces fo­rêts se­ront ex­ploi­tées dans les in­dus­tries du bois. Les eaux trai­tées se­ront uti­li­sées éga­le­ment dans l’ir­ri­ga­tion des cein­tures vertes au­tour des dif­fé­rents gou­ver­no­rats no­tam­ment celle au­tour du Caire de 100 km de lon­gueur, afin de di­mi­nuer les ef­fets des chan­ge­ments cli­ma­tiques ».

L’ex­ploi­ta­tion des eaux du drai­nage sa­ni­taire entre dans le cadre de la ra­tio­na­li­sa­tion de l’eau. No­tam­ment à cause des chan­ge­ments cli­ma­tiques qui mènent à la sécheresse et à la di­mi­nu­tion des pluies sur cette zone aride dans la­quelle est si­tuée l’egypte. De leur cô­té, les spé­cia­listes plaident pour dif­fé­rents types de trai­te­ment : pri­maire, se­con­daire, tertiaire et peut-être qua­ter­naire afin de se ser­vir de ces eaux dans dif­fé­rentes ac­ti­vi­tés. « Je pense qu’en plus de l’ir­ri­ga­tion des fo­rêts, ces eaux pour­raient être uti­li­sées dans l’ir­ri­ga­tion des plantes oléa­gi­neuses, les fleurs et dans l’in­dus­trie pour le re­froi­dis­se­ment de plu­sieurs ré­ser­voirs. Avec un trai­te­ment plus dé­ve­lop­pé, les eaux pour­raient être uti­li­sées pour la toi­lette, le la­vage et l’ir­ri­ga­tion des lé­gumes et des fruits jus­qu’à ar­ri­ver à la consom­mer », as­sure Mo­ha­mad Al-raei, professeur à la fa­cul­té des sciences, de l’uni­ver­si­té du Caire. Se­lon lui, il est in­dis­pen­sable de sen­si­bi­li­ser le pu­blic à ce qui est du type du trai­te­ment ain­si qu’à l’usage pour évi­ter tout mau­vais trai­te­ment qui pour­rait être dan­ge­reux. Il va sans dire qu’un contrôle étroit du trai­te­ment et des usages des eaux trai­tées du drai­nage sa­ni­taire est exi­gé de la part des res­pon­sable de L’AEAE, d’au­tant plus que nom­breux vil­lages doivent être rac­cor­dés au ré­seau prin­ci­pal du drai­nage sa­ni­taire. Se­lon les ins­tances pu­bliques, 40 % en­vi­ron des vil­lages ne sont pas en­core re­liés à ce ré­seau

La sta­tion de trai­te­ment du drai­nage sa­ni­taire à Ban­ha.

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