Nou­veau pré­sident, nou­veaux dé­fis

FRANCE . Avec la vic­toire du so­cia­liste François Hol­lande à l’élec­tion pré­si­den­tielle, la gauche re­vient à l’ely­sée après 17 ans d’ab­sence. Le nou­veau chef de l’etat a an­non­cé qu’il re­ti­re­rait ses troupes d’af­gha­nis­tan dès la fin de 2012.

Al Ahram Hebdo - - Monde - M. Ch.

SANS AU­CUNE SUR­PRISE, le can­di­dat de gauche, François Hol­lande, a en­fin bat­tu le pré­sident sor­tant Ni­co­las Sar­ko­zy di­manche lors du se­cond tour de l’élec­tion pré­si­den­tielle en France. Avec cette vic­toire, la gauche re­vient au pou­voir 17 ans après François Mit­ter­rand (19811995). Hol­lande se­ra ain­si le sep­tième pré­sident de la Ve Ré­pu­blique qui res­te­ra cinq ans à la tête de l’une des prin­ci­pales puis­sances mon­diales, dé­ten­trice de l’arme nu­cléaire, membre per­ma­nent du Conseil de sé­cu­ri­té et mo­teur de l’union eu­ro­péenne. Hol­lande a été élu avec 51,7 % des voix contre 48,3 % à Sar­ko­zy. Le taux de par­ti­ci­pa­tion a dé­pas­sé les 81 % au se­cond tour, taux in­fé­rieur au se­cond tour de la pré­si­den­tielle de 2007 (83,9 %) mais su­pé­rieur à ce­lui du pre­mier tour il y a deux se­maines (79,4 %).

A 57 ans, François Hol­lande, qui n’a ja­mais exer­cé de fonc­tions gou­ver­ne­men­tales en trente an­nées de car­rière, de­vient le sep­tième pré­sident de la Ve Ré­pu­blique à sa pre­mière can­di­da­ture, comme Ni­co­las Sar­ko­zy en 2007, Va­lé­ry Gis­card d’es­taing en 1974 et Georges Pom­pi­dou en 1969. Une autre pro­chaine épreuve va op­po­ser la gauche à la droite en France avec les lé­gis­la­tives des 10 et 17 juin. Si la gauche l’em­porte, ce qui de­vrait ad­ve­nir en toute lo­gique, elle dé­tien­drait tous les le­viers du pou­voir exé­cu­tif et lé­gis­la­tif, en France. Se­lon les ex­perts, l’ar­ri­vée de Hol­lande au pou­voir an­nonce le dé­but d’un ré­équi­li­brage en fa­veur de la gauche eu­ro­péenne.

Hol­lande doit à présent faire face à une sé­rie de dé­fis. Mais, l’un de ses pre­miers actes se­ra de trans­mettre à ses par­te­naires eu­ro­péens un mé­mo­ran­dum en vue de la re­né­go­cia­tion du pacte bud­gé­taire eu­ro­péen afin de l’as­sor­tir de me­sures sur la crois­sance. En fait, Ni­co­las Sar­ko­zy n’est pas le pre­mier di­ri­geant de l’union eu­ro­péenne à être ba­layé du pou­voir de­puis la crise fi­nan­cière de 2008, après ceux de la Grèce, de l’es­pagne ou de l’ita­lie. Hol­lande doit donc faire de son mieux pour ne pas su­bir le même sort.

Re­trait de l’af­gha­nis­tan ...

pre­mier casse-tête

Outre la crise fi­nan­cière, l’un des prin­ci­paux casse-têtes de François Hol­lande se­ra de ras­su­rer les al­liés de la France au sein de l’otan, qui ont été sur­pris par son an­nonce d’un re­trait des sol­dats fran­çais d’af­gha­nis­tan fin 2012, deux ans avant les autres pays. Quelques jours seule­ment après son en­trée en fonc­tion, le nou­veau pré­sident fran­çais se­ra très at­ten­du à Chi­ca­go, où se tien­dra les 20 et 21 mai le som­met de l’otan, le pre­mier de­puis no­vembre 2010. M. Hol­lande de­vra y ex­pli­quer pour­quoi il es­time que la mis­sion des sol­dats fran­çais est dé­sor­mais « ter­mi­née » et comment il en­tend les re­ti­rer sans af­fai­blir la force in­ter­na­tio­nale. « Je consi­dère que, sans prendre le moindre risque pour nos troupes, il convient de re­ti­rer les troupes com­bat­tantes fin 2012 », avait-il dé­cla­ré le 2 mai. « J’an­non­ce­rai cette dé­ci­sion dès le som­met de l’otan de Chi­ca­go », a-t-il sou­li­gné.

Une an­nonce qui n’a pas été fa­vo­ra­ble­ment ac­cueillie par les Eu­ro­péens et les Etats-unis car elle sape la stra­té­gie éta­blie par l’en- semble des al­liés en 2010 et qui vise à fi­na­li­ser le re­trait des troupes étran­gères fin 2014. En re­vanche, Ka­boul a af­fir­mé lun­di que les forces de sé­cu­ri­té af­ghanes sont prêtes à re­prendre plei­ne­ment les ter­ri­toires af­ghans dont l’ar­mée française était en charge. « L’af­gha­nis­tan est bien pré­pa­ré à re­prendre les res­pon­sa­bi­li­tés de la sé­cu­ri­té dès 2013 », af­firme Mo­ham­mad Azi­mi, porte-pa­role du mi­nis­tère af­ghan de la Dé­fense. Le pré­sident Ni­co­las Sar­ko­zy avait dé­jà en­fon­cé le clou en dé­ci­dant au dé­but de l’an­née d’avan­cer l’échéance à fin 2013 pour les troupes fran­çaises.

Une fois l’ivresse de la vic­toire dé­pas­sée, le plus dur va com­men­cer pour le nou­veau pré­sident fran­çais qui a pro­mis d’être « le pré­sident de la jus­tice »

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