Cou­purres de pr­resse

Le duel entre les deux can­di­dats à la pré­si­dence Amr Mous­sa et Mo­ha­mad Aboul-fou­touh a fait cou­ler beau­coup d’encre cette se­maine. Tour d’ho­ri­zon des dif­fé­rents points de vue.

Al Ahram Hebdo - - Egypte - Na­jet Bel­ha­tem

« Sans la ré­vo­lu­tion du 25 jan­vier, nous n’au­rions ja­mais vu le face-à-face qui a eu lieu jeu­di. Quel­qu’un au­rait-il pu ima­gi­ner Mou­ba­rak de­bout de­vant l’un de ses ad­ver­saires pour ré­pondre à des ques­tions poin­tues ? Vous di­riez : y avait-il des ad­ver­saires à la base ? Un autre pour­rait ré­pondre : oui, il y en avait lors des der­nières élec­tions pré­si­den­tielles, mais la blague est que c’est Mou­ba­rak qui les a choi­sis et en a fi­nan­cé la cam­pagne, voire leur a même ver­sé leur ar­gent de poche, et cer­tains par­mi eux ont dé­cla­ré leur sou­tien à Mou­ba­rak, même en étant son ad­ver­saire ! A ma connais­sance, au­cun jour­na­liste n’a fait avec Mou­ba­rak une réelle in­ter­view comme l’ont fait des jour­na­listes étran­gers qui s’as­seyaient de­vant lui jambe sur jambe », écrit Ema­ded­dine Hus­sein dans le quo­ti­dien AlS­ho­rouk. Et d’ajou­ter : « Et au mo­ment où les deux jour­na­listes lors du face-à-face ont ar­rê­té Mous­sa et Aboul-fou­touh parce qu’ils ont dé­pas­sé le temps re­quis ou parce qu’ils sont sor­tis du su­jet, nous avons com­pris qu’il y eut un grand chan­ge­ment et que le concept du pré­sident pha­raon a su­bi un ter­rible re­vers. Le fait que des can­di­dats se tiennent de­bout de­vant nous pour par­ler de leur pro­gramme, de leur état de san­té ou de leur for­tune veut dire qu’il y a un seul maître, c’est le peuple, même si nous sa­vons que cer­tains can­di­dats nous vendent des illu­sions ». Les com­men­taires abondent en ce sens et d’autres se sont at­te­lés à des ques­tions ja­mais abor­dées par la presse jus­qu’ici, comme le lan­gage cor­po­rel des deux can­di­dats. « C’est un court. Ap­pli­quer les prin­cipes gé­né­raux de la cha­ria est une chose et ap­pli­quer les règles de la cha­ria en est une autre. « Toutes les forces po­li­tiques s’en­tendent au­tour de cet ar­ticle de la Cons­ti­tu­tion de 1971 et veulent l’in­té­grer tel qu’il est dans la nou­velle Cons­ti­tu­tion ou en y in­sé­rant, comme le re­com­mande Mous­sa, un pa­ra­graphe sur le droit des non-mu­sul­mans à être gé­rés par les prin­cipes de leurs re­li­gions. Or, les mou­ve­ments sa­la­fistes re­com­mandent d’ef­fa­cer le terme prin­cipes et de mettre en avant les règles de la cha­ria ». Cha­ria ou pas, tous les can­di­dats ont eu re­cours à la chan­son pour faire cam­pagne, comme le sou­ligne le site du jour­nal en ligne Al-dous­tour : « Les sites so­ciaux croulent sous de nou­velles chan­sons qui vantent les mé­rites des can­di­dats, une ma­nière pour ces der­niers de faire bas­cu­ler le ci­toyen mo­deste ». On ap­prend ain­si qu’une chan­son de rap vante le can­di­dat très conser­va­teur Ab­delMo­neim Aboul-fou­touh et que, même le can­di­dat des Frères mu­sul­mans, Mo­ha­mad Mor­si, a eu re­cours à une chan­son du style po­pu­laire qui ap­pelle les ha­bi­tants de Char­qiya, là où se trouve son vil­lage na­tal, à vo­ter pour lui. Quant à Amr Mous­sa, c’est une chan­son du cé­lé­bris­sime Chaa­bane Ab­del-ré­him qui fait apo­lo­gie. Il est à no­ter que ce chan­teur avait dé­jà chan­té les louanges de Mous­sa il y a dix ans dans sa fa­meuse chan­son Je dé­teste Is­raël et j’aime Amr Mous­sa

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