« Nous avons tra­vaillé avec le peu de moyens qu’on avait »

Ta­req Al-kou­my, com­mis­saire de cette 34e édi­tion.

Al Ahram Hebdo - - Arts - Propos recueillis par L. A.-S.

Al-ah­ram Heb­do

: Un co­mi­té com­po­sé de 9 ar­tistes a sé­lec­tion­né près de 800 oeuvres sur les 1 800 pré­sen­tées. Quels sont les cri­tères du choix ?

Ta­req Al-kou­my : Les va­leurs ar­tis­tiques et es­thé­tiques ar­rivent en pre­mier lieu. En outre, il faut prendre en consi­dé­ra­tion trois ca­té­go­ries d’ar­tistes : la pre­mière concerne les dé­bu­tants dont les oeuvres tendent plu­tôt à être de l’ex­pé­ri­men­ta­tion et dont les oeuvres ont été re­fu­sées. La deuxième est com­po­sée de grands noms dont la pro­duc­tion est tou­jours dis­tin­guée, et donc les oeuvres ont été bien en­ten­du ac­cep­tées. La troi­sième ca­té­go­rie est celle des ar­tistes confir­més dont les oeuvres ne sont pas as­sez ori­gi­nales ou datent de quelques an­nées mais elles sont ac­cep­tées pour des rai­sons hu­maines.

— Est-ce la rai­son pour la­quelle cer­taines oeuvres datent de 2008 alors que l’une des condi­tions de par­ti­ci­pa­tion est que les oeuvres soient si­gnées du­rant les trois der­nières an­nées (2010 à 2012) ? —

Cer­tai­ne­ment. Il faut avoir de la flexi­bi­li­té, sur­tout que dans cer­tains cas les ar­tistes sont très âgés et l’art qu’ils exercent exige un grand ef­fort cor­po­rel. Et vu leur âge, il leur de­vient très dif­fi­cile de faire une pro­duc­tion in­tense. En outre, le fait d’ex­po­ser leurs oeuvres leur per­met de prendre part à la vie ar­tis­tique et dé­cou­vrir les nou­velles ten­dances.

— Quels sont les pro­blèmes que vous avez af­fron­tés ?

— D’abord, la fa­çon dont cer­tains ont ex­pri­mé leur re­fus de la dé­ci­sion du co­mi­té de sé­lec­tion. C’est un vrai pro­blème qui a émer­gé avec la ré­vo­lu­tion. Tout le monde se sent lé­sé et cherche à haus­ser la voix, comme pour dire qu’il existe. Mais, être post-ré­vo­lu­tion­naire si­gni­fie-t-il bri­ser toutes les règles ? Je suis convain­cu que l’art doit ano­blir les gens. Se­con­do, le manque d’es­pace est un vrai pro­blème : l’ar­chi­tec­ture du pa­lais des arts n’est pas du tout fonc­tion­nelle, dans le sens où il res­semble à un vrai la­by­rinthe, et donc ex­po­ser dans un en­droit pa­reil re­pré­sente un vrai dé­fi. Alors, on a dû ex­po­ser dans deux autres en­droits, à sa­voir le syn­di­cat des Arts plas­tiques et le mu­sée Mo­kh­tar, outre le pa­lais des arts. D’ailleurs, je pro­pose une aug­men­ta­tion du bud­get du mi­nis­tère de la Culture, et par consé­quent ce­lui du sec­teur des arts plas­tiques dans le cadre d’une loi à dis­cu­ter au Par­le­ment. Or­ga­ni­ser des ex­po­si­tions réus­sies exige un bud­get énorme. Pour­tant, avec le peu que nous avons eu, nous avons pu, dans une cer­taine li­mite, éclai­rer des salles et dé­mo­lir des murs pour en re­cons­truire d’autres. Pour la pre­mière fois, cette édi­tion a ren­du hom­mage à neuf ar­tistes, à sa­voir Ab­del-gha­ni Al-chal, Mo­ha­med Sa­bry, Ka­mal Al-gwei­ly, Mo­ha­med Riad Saïd, Mam­douh Ammar, Mo­ha­med Ta­ha Hus­sein, et Ab­del-ha­dy Al-we­sha­hi. Ce se­ra une tra­di­tion dans les an­nées à ve­nir

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