Le corps, ul­time signe de vie

La 3e édi­tion du Fes­ti­val lit­té­raire mé­di­ter­ra­néen du Caire, du 17 au 21 mai, tente de tra­cer les contours du corps hu­main à tra­vers des as­pects va­riés.

Al Ahram Hebdo - - Idées - Di­na Ka­bil

LE CORPS-AGRESSION, le corps-ré­sis­tance, mais aus­si châ­ti­ment, plai­sir et dou­leur. Le corps comme sy­no­nyme de la créa­tion et de la créa­ti­vi­té. Le corps dans tous ses états se­ra au centre du dé­bat au 3e Fes­ti­val lit­té­raire mé­di­ter­ra­néen du Caire, or­ga­ni­sé du 17 au 21 mai par l’as­so­cia­tion Baad Al-bahr, en col­la­bo­ra­tion avec nombre d’ins­ti­tuts cultu­rels mé­di­ter­ra­néens en Egypte, et ayant pour thème : La Lit­té­ra­ture et le corps.

« Je vou­lais conti­nuer à abor­der le su­jet du corps dans l’art et dans la lit­té­ra­ture, c’est-à-dire dans le do­maine que je connais, ex­plique Sté­fa­nia An­ga­ra­no, di­rec­trice de Baad Al-bahr et de la ga­le­rie Ma­chra­biya du Caire. Parce que nous souf­frons d’un manque de don­nées énorme sur ce thème, et il fal­lait in­du­bi­ta­ble­ment ou­vrir le dis­cours main­te­nant ». Avec des ques­tions telles que : A qui ap­par­tient le corps ? Qui dé­cide pour la femme ? Est-ce qu’on connaît ses droits, ses règles ? Les res­pecte-ton ?

Sté­fa­nia, qui avait or­ga­ni­sé éga­le­ment une ex­po­si­tion d’arts plas­tiques au­tour du thème Dis­si­mu­ler le corps, en 2009 à Sama Khan, y voit une per­cep­tion de la per­sonne quant à elle-même et un ins­tru­ment pour per­ce­voir le monde. Ain­si le so­cio­logue fran­çais, au­teur de L’air du vide, Gilles Li­po­vets­ky, don­ne­ra une in­ter­ven­tion sur « Le Sacre de la beau­té fé­mi­nine »à l’ins­ti­tut fran­çais de Mou­ni­ra, le 21 mai à 19h (il don­ne­ra de même une autre in­ter­ven­tion sur le même su­jet à l’ins­ti­tut fran­çais d’alexan­drie, le 20 mai à 19h, et une autre à l’oc­ca­sion de la tra­duc­tion de deux de ses oeuvres au Conseil su­prême de la culture, le 22 mai à 19h). Tan­dis que l’ita­lienne Si­mo­net­ta Agnel­lo, avo­cat ac­ti­viste qui a tra­vaillé sur les abus phy­siques contre les mi­neurs, don­ne­ra une in­ter­ven­tion sur « Bouffe, corps et sens dans la lit­té­ra­ture ». (voir sous-en­ca­dré). Mal­gré le peu de moyens qu’elle pos­sède pour conti­nuer son pro­jet mé­di­ter­ra­néen, sur­tout après la ré­vo­lu­tion, Sté­fa­nia reste en­thou­siaste. Après les deux pre­mières ver­sions du fes­ti­val « L’hu­mour » et « La Ci­té », la 3e édi­tion, cen­trée sur le corps, est consi­dé­rée comme « Ur­gente ». « Car le pro­blème ac­tuel est de sor­tir des sté­réo­types du corps, de re­con­naître que par­ler du corps est loin de l’ob­ses­sion éro­tique et de l’image sexuelle sur la­quelle on in­siste tou­jours comme pour taire tous les autres as­pects », in­siste Sté­fa­nia. Et de conclure : « On ne peut pas conti­nuer à faire des ma­ni­fes­ta­tions cultu­relles liées di­rec­te­ment à la ré­vo­lu­tion. Il faut pro­fi­ter de l’éner­gie et de l’es­prit de la ré­vo­lu­tion pour dé­battre tous les thèmes qui étaient au­pa­ra­vant ta­bous » Voir page Ca­len­drier. Plus d’in­for­ma­tion sur : www.cai­ro­med­li­te­ra­ry­fes­ti­val.org

Mar­wa Adel

Ma­ria Lau­ra Es­pi­do Freire.

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