Des chefs-d’oeuvre pour les fans

Al Ahram Hebdo - - Arts - Né­vine La­meï

de la ga­le­rie Za­ma­lek, Na­he­da El-Khou­ry, de­mande aux ar­tistes per­ma­nents et fi­dèles à sa ga­le­rie, comme tous les ans, d’ex­po­ser leurs cKefs-d’oeuvre à l’oc­ca­sion de la fin de cette sai­son. Du coup, des ar­tistes, toutes gé­né­ra­tions confon­dues, par­ti­cipent à l’ex­po­si­tion ac­tuelle qui s’étend jus­qu’à fin sep­tembre. Il s’agit d’oeuvres pri­mées lors de ma­ni­fes­ta­tions in­ter­na­tio­nales ou de pièces uniques pro­ve­nant d’ac­qui­si­tions pri­vées ou de col­lec­tions de mu­sée. « Nous n’avons pas or­ga­ni­sé une séance de ver­nis­sage pour Mas­ter­pieces. Car pré­voir un plan pré­cis, aveF des dates fixes qui s’ptaOent sur toute O’annpe est de­ve­nu qua­si­ment im­pos­sibOe, vu l’en­chaî­ne­ment d’in­ci­dents im­pré­vus et du Fon­texte poOi­tique. Npan­moins, Mas­ter­pieces est de­ve­nue une tra­di­tion, de­puis dé­jà onze ans », pré­cise Ha­ni Yas­sine, res­pon­sable de la ga­le­rie Za­ma­lek.

Ain­si, 29 ar­tistes ex­posent leurs pein­tures et sculp­tures, usant de tecK­niques et styles très dif­fé­rents. Il s’agit dans l’en­semble d’un tra­vail de do­cu­men­ta­tion sur l’Kis­toire de l’art en Egypte.

A l’en­trée de la salle, trône ad­mi­ra­ble­ment une sculp­ture de Ga­mal Ab­del-Nas­ser, qui date de 2008. Cette fi­gure abs­traite en bronze est celle d’une femme au­réo­lée d’une cou­ronne do­rée, ser­rant les bras, avec un vide tout au­tour. C’est l’Egypte qui ti­tube, os­cille, bas­cule dans le vide et tire les fi­celles de l’His­toire.

A cô­té on dé­couvre la plus ré­cente toile en acry­lique, peinte en 2011, par Fa­rouk Hos­ni, an­cien mi­nistre de la Cul­ture sous Mou­ba­rak. Ce der­nier pro­pose un voyage dans l’abs­trac­tion to­tale à tra­vers des cou­leurs et des formes géo­mé­triques ; le mou­ve­ment de la mer do­mine cette toile. Un mou­ve­ment que l’on re­trouve éga­le­ment cKez Ra­bab Nemr et son monde ma­ri­time d’Al-An­foucKi. Son tra­vail re­pose sur­tout sur des cou­leurs po­lycK­romes.

Cette ex­po­si­tion de fin de sai­son a aus­si un but « édu­ca­tif ». Cer­taines oeuvres sortent tout droit du mu­sée et ne sont pas des­ti­nées à la vente. Tel est le cas du ta­bleau d’Ab­del-RaK­man Al-NacKar, is­su de sa pé­riode ex­pres­sion­niste et da­tant de 1996. En usant de cou­leurs sobres qui le ca­rac­té­risent, Al-NacKar re­trace des lignes géo­mé­triques qu’il as­so­cie à des formes plus sen­suelles. Autre oeuvre-clé da­tant de 2012, usant d’acry­lique, boue et sable sur ca­ne­vas, est celle de FargKa­li Ab­del-Ha­fiz, lui, puise dans les mytKes fé­mi­nins, pei­gnant à l’aide de l’acry­lique, boue et sable, des Egyp­tiennes qui ont dé­fié les temps.

Deux oeuvres

in­édites

de Gaz­bia Sir­ry sont éga­le­ment de mise, à sa­voir Fille de l’es­pace, trai­tant de l’ar­ri­vée d’un pre­mier as­tro­naute sur la lune, dans les an­nées 1960. Et l’Egypte post­ré­vo­lu­tion­naire, en 2011.

Dans cette même li­gnée, on re­trouve une pein­ture mé­mo­rable de Mous­tapKa Ab­delMoe­ti, la­quelle lui a va­lu le prix de la Bien­nale in­ter­na­tio­nale d’Alexan­drie, dans les an­nées 1970. Avec ses tri­angles, cercles, car­rés et es­paces à ins­pi­ra­tion pKa­rao­nique, l’ar­tiste nous trans­porte dans un monde in­con­nu.

En outre, l’ex­po­si­tion re­groupe deux pein­tures si­gnées Zei­nab Al-Sé­gui­ni, entre 2008 et 2010. Celles-ci se ca­rac­té­risent par leur dou­ceur, ten­dresse et naï­ve­té. Une mer­veilleuse toucKe fé­mi­nine, propre à l’ar­tiste, s’ins­pi­rant à la fois d’icônes coptes et de mi­nia­tures is­la­miques. Il y a éga­le­ment une sculp­ture en bronze : L’Homme arabe, as­sis sur son mas­ta­ba (une sorte de po­dium), de Ga­mal Al-Sé­gui­ni, dis­pa­ru dans les an­nées 1970.

Les plus jeunes à l’af­fiche

« On a es­sayé de mé­lan­ger les oeuvres des jeunes et des moins jeunes, sans agen­cer Oes tabOeaux en fonF­tion des gé­né­ra­tions », dit Ha­ni Yas­sine.

Cer­taines pièces datent de 2012 et 2013 ; elles sont si­gnées glo­ba­le­ment par les plus jeunes. La sculp­ture mar­rante de MoKa­mad AlFayou­mi : Le Hi­bou, sym­bole de la sa­gesse égyp­tienne, cô­toie les ron­deurs fines et formes po­lies du sculp­teur Ar­men Agop. Ou en­core, Le Com­bat­tant pgyp­tien d’AK­mad Ab­del-Ta­wab. Quant à Ay­man Al-Saa­da­wi, il nous fait rap­pe­ler le tra­vail d’un maître-sculp­teur au­jourd’Kui dis­pa­ru, Ab­del-Ba­die Ab­del-Hay, avec ses oeuvres fines, plu­tôt clas­siques.

Pour les pein­tures fé­mi­nines, on est in­vi­té à contem­pler celle de l’égyp­to­sy­rienne Souad Mar­dam Bey qui par­court la vie so­cio­po­li­tique contem­po­raine, grâce à son im­mense por­trait fé­mi­nin, bien cacKé der­rière des lu­nettes de so­leil. L’ar­tiste s’at­taque à la cul­ture pop, et capte l’in­cer­ti­tude om­ni­pré­sente au quo­ti­dien dans la ré­gion du Moyen-Orient. Cette oeuvre est en contraste avec la pein­ture très clas­sique de Ves­se­la Fa­rid qui re­trace deux por­traits aux cou­leurs sobres et gri­sâtres de deux pay­sannes. Quant à Ami­ra AlDe­mer­dacK, elle puise dans le quo­ti­dien po­pu­laire égyp­tien, avec des dé­tails mi­nimes, aux cou­leurs criardes. Un tKème par­ta­gé par George Fi­kri avec ses ri­tuels égyp­tiens qui nous sur­prennent grâce à la ma­gie de son uni­vers

Une Gaz­bia Sir­ry post-ré­vo­lu­tion­naire.

Cou­leurs po­ly­chromes de Ra­bab Nemr.

Por­trait de Souad Mar­dam Bey.

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