Dis­pa­ri­tion de la star du Dr Zhi­va­go et La­wrence d'Ara­bie

Un ac­teur qui a joué dans cer­tains des films les plus ac­cla­més de tous les temps est mort. L'ac­teur égyp­tien né Michel Chal­houb, de­ve­nu une lé­gende du ci­né­ma grâce à ses rôles dans "La­wrence d'Ara­bie" et "Doc­teur Zhi­va­go", est dé­cé­dé ven­dre­di au Caire d'u

Watani Francophone - - الصفحة الأمامية -

Omar Sha­rif est dé­cé­dé dans l'après-mi­di dans un hô­pi­tal spé­cia­li­sé pour les pa­tients at­teints d'Alz­hei­mer.

Se­lon le bâ­ton­nier de l'Ordre des pro­fes­sions d'in­ter­prète, Dr Achraf Za­ki, le dé­funt ac­teur ne se nour­ris­sait plus à ses der­niers jours.

Les fu­né­railles de la star mon­diale de­vaient être dé­ci­dées ce di­manche à l'ar­ri­vée de son fils Ta­rek de Paris. Wa­ta­ni Fran­co­phone, étant en cours d'im­pres­sion, ne pou­vait don­ner plus de dé­tails à cet égard.

Bio­gra­phie

Né en 1932 à Alexan­drie dans une fa­mille d'ori­gine li­ba­naise (son père quitte la ville de Zahlé au dé­but du XXe siècle et vient s'ins­tal­ler en Égypte) , Michel Chal­houb est le fils de Jo­seph Chal­houb, mar­chand de bois pré­cieux, et de Claire Saa­da. Éle­vé dans le rite grec-ca­tho­lique mel­kite, il a épou­sé l'ac­trice égyp­tienne Faten Ha­ma­ma, dont il a plus tard di­vor­cé.

Au Col­lège bri­tan­nique Vic­to­ria d'Alexan­drie, il étu­die les ma­thé­ma­tiques, la phy­sique, le fran­çais ain­si que cinq autres langues, qu’il parle plus ou moins cou­ram­ment: l'arabe, l'an­glais, le grec, l'ita­lien et le turc.

Après avoir ob­te­nu un di­plôme en ma­thé­ma­tiques et phy­sique à l'uni­ver­si­té du Caire, il tra­vaille pen­dant cinq ans dans l'en­tre­prise de bois pré­cieux de son père, avant d’al­ler étu­dier le mé­tier d’ac­teur à la pres­ti­gieuse Royal Aca­de­my of Dra­ma­tic Art de Londres.

En 1954, alors qu'il est de retour en Égypte, il est dé­cou­vert par son com­pa­triote, le ci­néaste Yous­sef Cha­hine, qui le fait dé­bu­ter dans "Le dé­mon du dé­sert", pour le­quel l'ac­teur prend le nom de «Omar El Sha­rif». Deux ans plus tard, Yous­sef Cha­hine le fait jouer dans "Les Eaux noires", dans un rôle ve­dette, face à la star égyp­tienne de l’époque Faten Ha­ma­ma. Le film est pré­sen­té au Fes­ti­val de Cannes, où il ob­tient ses pre­mières louanges. En Égypte, Omar El Sha­rif de­vient une grande star du ci­né­ma en te­nant la ve­dette de 26 films égyp­tiens.

Il épouse Faten Ha­ma­ma en 1955, avec qui il a un fils en 1957, Ta­rek, ce qui aug­mente sa po­pu­la­ri­té dans le monde arabe. Ils di­vor­ce­ront en 1968, et Omar Sha­rif ne se re­ma­rie­ra pas.

En 1962, alors qu'il a 30 ans, il joue le rôle du prince du dé­sert Ali Ibn Kha­rish dans son pre­mier film oc­ci­den­tal et in­ter­na­tio­nal, "La­wrence d'Ara­bie" de Da­vid Lean, aux cô­tés de Peter O'Toole, film pour le­quel il prend le nom de «Omar Sha­rif». Ce rôle lui vaut une cé­lé­bri­té mon­diale im­mé­diate, ain­si qu'un Gol­den Globe du meilleur ac­teur dans un se­cond rôle 1963 et une no­mi­na­tion pour l'Os­car du Meilleur Se­cond Rôle 1963. Ce film marque le dé­but de sa car­rière d'ac­teur in­ter­na­tio­nal et lui vaut une place dans la lé­gende du ci­né­ma mon­dial. Il s'ins­talle alors avec son fils à Hol­ly­wood, où il signe un contrat de sept ans avec les stu­dios hol­ly­woo­diens Co­lum­bia Pic­tures. C'est à cette époque qu'il se sé­pare de sa femme, d'un com­mun ac­cord mal­gré leurs sen­ti­ments, pour «in­com­pa­ti­bi­li­té de la vie de couple avec la vie d'ac­teur in­ter­na­tio­nal».

En 1965, il ré­ci­dive avec un triomphe mon­dial dans Le Doc­teur Zhi­va­go, une autre réa­li­sa­tion de Da­vid Lean, pour le­quel il ob­tient cette fois le Gol­den Globe Award du Meilleur Ac­teur en 1965, pour son rôle du poète mé­de­cin russe You­ri Zhi­va­go.

Omar Sha­rif joue alors dans plus de 60 films amé­ri­cains et fran­çais, entre autres avec des per­son­na­li­tés comme An­tho­ny Quinn, Ca­the­rine De­neuve, Jean-Paul Bel­mon­do, Bar­bra Strei­sand, Hen­ri Ver­neuil...

En 2003, son rôle d'épi­cier phi­lo­sophe dans "Mon­sieur Ibra­him et les Fleurs du Co­ran", de Fran­çois Du­pey­ron, lui per­met d'être ré­com­pen­sé par le Cé­sar du Meilleur Ac­teur 2004. Le film est par ailleurs nom­mé au Gol­den Globe Award du Meilleur Film Étran­ger 2004.

En 2005, il donne sa voix au lion As­lan dans les dou­blages fran­çais et ita­lien du film fan­tas­tique "Le Monde de Nar­nia": Le Lion, la Sor­cière blanche et l'Ar­moire ma­gique. En 2006, il conti­nue à prê­ter sa voix, cette fois en an­glais et comme nar­ra­teur pour le road mo­vie "O Gen­gis" réa­li­sé par Alan Simon.

En mai 2015, son fils, Ta­rek El-Sha­rif, an­nonce dans une in­ter­view que son père est at­teint de la ma­la­die d’Alz­hei­mer. Omar Sha­rif meurt le 10 juillet 2015 d'une crise car­diaque.

Sa pas­sion du jeu

Omar Sha­rif est un des joueurs de bridge les plus cé­lèbres du monde. Il a si­gné un livre de bridge ain­si que des com­men­taires sur des donnes pour plu­sieurs jour­naux, dont Le Fi­ga­ro en France.

Aux Olym­piades de Bridge de Deau­ville en 1968, il re­pré­sen­tait l'équipe d'Égypte, op­po­sée à celle du cham­pion du monde ita­lien Gior­gio Bel­la­don­na. Quelques an­nées plus tard, c'est face à ce même no 1 mon­dial qu'Omar Sha­rif fait une tour­née in­ter­na­tio­nale avec la Lan­cia Team. Dans chaque ville, une voi­ture était of­ferte au vain­queur, il en a ga­gné vingt-quatre.

Il de­vint vice-cham­pion de France open en 1971, face à Pierre Jaïs as­so­cié à Michel Le­bel.

Il a été vice-cham­pion d'Eu­rope se­niors par équipes en 1999 à Malte avec l'équipe de France (as­so­cié entre autres à Paul Chem­la).

Il a aus­si don­né son nom à plu­sieurs jeux vi­déo, et il fré­quente as­si­dû­ment les ca­si­nos fran­çais.

Étant éga­le­ment connu pour être fan de che­vaux et de courses hip­piques, il peut sou­vent être vu dans les hip­po­dromes fran­çais. C'est pour cette rai­son qu'il avait été choi­si pour faire la pu­bli­ci­té de Tier­cé ma­ga­zine pen­dant plu­sieurs an­nées en ren­dant cé­lèbre le slo­gan «Les courses, vous le sa­vez, c'est ma grande pas­sion!».

Omar Sha­rif dans le rôle du Dr Zhi­va­go

Omar Sha­rif dans "Lau­rence d'Ara­bie"

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