Al-Sis­si dé­fend les lois an­ti-ter­ro­risme

Watani Francophone - - الصفحة الأمامية - Mi­chael Vic­tor

La so­cié­té égyp­tienne fait face à des ac­tions ter­ro­ristes par des armes, des ex­plo­sions et une pen­sée dé­vas­ta­trice.Un des pen­seurs a dit cette fa­meuse phrase: «La vé­ri­té est la­men­table: Nous sommes les créa­tures les plus dures sur terre, les plus bru­tales et les plus éloi­gnées de la mi­sé­ri­corde". Ce­ci est ce que nous ob­ser­vons dans les actes in­hu­mains de ter­ro­ristes en­vers la com­mu­nau­té dans son en­semble et en par­ti­cu­lier les res­pon­sables de l'ar­mée et de la po­lice, l'ap­pa­reil ju­di­ciaire et les ci­toyens adop­tant des idées op­po­sées à leurs idéo­lo­gies anor­males et des­truc­trices.

Dans ce contexte, le pré­sident Ab­del Fat­tah Al-Sis­si s'est adres­sé à la na­tion mar­di dans un dis­cours à l'If­tar de la Fa­mille égyp­tienne, de­vant plus de 700 par­ti­ci­pants.

L'If­tar a été sui­vi par plu­sieurs fa­milles des po­li­ciers dé­cé­dés et des res­pon­sables mi­li­taires. Étaient éga­le­ment pré­sents des jeunes, des per­son­na­li­tés des mé­dias et des re­pré­sen­tants des dif­fé­rentes fac­tions so­ciales.

Al-Sis­si a dé­fen­du les lois qu'il a ré­cem­ment adop­tées, en di­sant qu'elles visent à réa­li­ser la vo­lon­té des Egyp­tiens, ac­cor­dant l'im­mu­ni­té à l'Etat, et pré­ser­vant sa po­si­tion et ses ins­ti­tu­tions. Il a éga­le­ment dit qu'elles visent à pré­ve­nir les stra­ta­gèmes vi­sant à dé­cou­ra­ger les ci­toyens en se­couant la sta­bi­li­té du pays.

Un projet contro­ver­sé de loi an­ti-ter­reur est ac­tuel­le­ment en at­tente de son ap­pro­ba­tion, suite à l'ap­pro­ba­tion don­née par toutes les ins­ti­tu­tions éta­tiques né­ces­saires pour faire son che­min vers la pré­si­dence.

L'ar­ticle 33 de la loi, en par­ti­cu­lier, a sou­le­vé des in­quié­tudes par­mi les jour­na­listes et les ONG en ma­tière de li­ber­té de la presse. L'ar­ticle exige que les mé­dias ne rap­portent que les chiffres an­non­cés par l'État dans les ques­tions con­cer­nant le ter­ro­risme, avec les contre­ve­nants fai­sant po­ten­tiel­le­ment face à des peines d'amende.

Le pré­sident a éga­le­ment ré­cem­ment adop­té une loi lui don­nant le droit de li­cen­cier les chefs et membres des or­ganes in­dé­pen­dants et des or­ga­nismes de ré­gle­men­ta­tion, vue par beau­coup comme une vio­la­tion de la cons­ti­tu­tion. La loi a sou­le­vé des ques­tions quant à l'in­dé­pen­dance et l'ob­jec­ti­vi­té dans la sur­veillance de l'Etat.

Al-Sis­si a condam­né cer­tains af­fir­mant que le Nou­veau canal de Suez a été construit comme un «spec­tacle» pour lui. Il a dit que ces mots sont dou­lou­reux, et qu'il n'y a au­cun moyen par le­quel l'Etat pour­rait uti­li­ser le nom des per­sonnes, leur ar­gent et leurs am­bi­tions de cette fa­çon.

Il a dit que l'ou­ver­ture de la nou­velle voie na­vi­gable le 8 août se­ra une oc­ca­sion heu­reuse pour tous les Egyp­tiens, et qu'il sou­hai­tait que tous les Egyp­tiens puissent y as­sis­ter. Il a as­su­ré que tous les ef­forts sont dé­ployés pour lan­cer l'ou­ver­ture d'une ma­nière res­pec­table.

Le pré­sident a re­nou­ve­lé son en­ga­ge­ment à or­ga­ni­ser des élec­tions lé­gis­la­tives avant la fin de cette an­née. Il a sou­li­gné la ré­cente adop­tion d'une loi élec­to­rale di­vi­sant les cir­cons­crip­tions vo­tant comme un en­ga­ge­ment de son ad­mi­nis­tra­tion à rem­plir cette pro­messe.

Al-Sis­si a sai­si l'oc­ca­sion pour fé­li­ci­ter le peuple égyp­tien et le peuple des pays arabes et mu­sul­mans pour la pro­chaine fête de l'Aïd Al-Fi­tr, qui marque la fin du mois sacré du Ra­ma­dan.

Le pré­sident a éga­le­ment sai­si l'oc­ca­sion pour rendre hom­mage aux of­fi­ciers et conscrits de la sé­cu­ri­té et des forces ar­mées tom­bés. Il a dit que leur sa­cri­fice est ve­nu pour as­su­rer la vie de mil­lions d'Egyp­tiens.

Al-Sis­si a en­suite at­ti­ré l'at­ten­tion à ce qu'il a dit étaient les dan­gers graves aux­quels la na­tion fait face, et le be­soin d'uni­té à cet égard. Il a dit que le peuple égyp­tien doit se mé­fier des dan­gers jus­qu'à ce que l'Egypte at­teigne la sû­re­té, la sé­cu­ri­té et la pros­pé­ri­té.

Il a éga­le­ment ap­pe­lé à la pru­dence lors de la trans­mis­sion des nou­velles et des in­for­ma­tions, en di­sant que la pré­ci­sion doit être as­su­rée pour pré­ser­ver le mo­ral éle­vé des ci­toyens, ain­si que ce­lui du per­son­nel de sé­cu­ri­té et mi­li­taire. Il a in­di­qué que l'Egypte fai­sait face à une guerre de la "qua­trième gé­né­ra­tion" qui uti­lise des moyens de com­mu­ni­ca­tion et la tech­no­lo­gie mo­derne afin d'in­fli­ger un pré­ju­dice psy­cho­lo­gique au peuple égyp­tien.

Plus tôt mar­di, Al-Sis­si a pro­non­cé un autre dis­cours lors d'un évé­ne­ment te­nu au mi­nis­tère des Wa­qfs, dans la cé­lé­bra­tion d'une nuit re­li­gieuse dans le mois sacré du Ra­ma­dan. Le pré­sident a sai­si l'oc­ca­sion de faire ap­pel à des pré­di­ca­teurs pour cor­ri­ger ce qu'il a dit est une "image er­ro­née" de l'Is­lam. At­ten­tat Une per­sonne a été tuée sa­me­di 11 juillet par l'ex­plo­sion d'une voi­ture pié­gée de­vant le con­su­lat d'Italie au Caire. Une at­taque re­ven­di­quée par le groupe Etat Is­la­mique en fin d'après-mi­di. C'est le pre­mier at­ten­tat contre une mis­sion di­plo­ma­tique de­puis le dé­but, il y a deux ans, d'une vague d'at­taques ji­ha­distes en Egypte.

La voi­ture a ex­plo­sé aux en­vi­rons de 6h30. La dé­fla­gra­tion a souf­flé une par­tie de la fa­çade du con­su­lat qui était alors fer­mé, lais­sant ap­pa­raître l'in­té­rieur du bâ­ti­ment, si­tué au coeur de la ca­pi­tale. L'at­ten­tat a été re­ven­di­qué par le groupe Etat is­la­mique.

Se­lon le porte-pa­role du mi­nis­tère de la San­té, un ci­vil est mort et neuf per­sonnes, des po­li­ciers et des pas­sants, ont été bles­sées dans l'ex­plo­sion. Outre le con­su­lat, une gué­rite en bois de la po­lice a été en­tiè­re­ment dé­truite, tan­dis qu'une cin­quan­taine de bâ­ti­ments pu­blics et d'ha­bi­ta­tions pri­vées ont été tou­chés par l'ex­plo­sion.

Le mi­nistre ita­lien des Af­faires étran­gères, Pao­lo Gen­ti­lo­ni, a af­fir­mé que son pays ne se lais­se­rait "pas in­ti­mi­der". Il a par ailleurs es­ti­mé qu'il ne fai­sait "au­cun doute que l'ob­jec­tif de l'at­ten­tat était le con­su­lat ita­lien". "L'Italie et l'Egypte sont et se­ront en­semble dans la lutte contre le ter­ro­risme", a dé­cla­ré pour sa part le Pre­mier mi­nistre ita­lien Matteo Ren­zi, au té­lé­phone avec le pré­sident égyp­tien Ab­del Fat­tah al-Sis­si.

La France a condam­né l'at­ten­tat, di­sant se te­nir "aux cô­tés de l'Egypte et de l'Italie dans la lutte contre le ter­ro­risme". L'Union eu­ro­péenne a elle dé­non­cé dans un com­mu­ni­qué "une nou­velle ten­ta­tive de dé­fier la dé­ter­mi­na­tion égyp­tienne et eu­ro­péenne à lut­ter contre le ter­ro­risme".

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