Le "nou­veau" canal de Suez se­ra inau­gu­ré le 6 août 2015

Watani Francophone - - \الصفحة الأمامية - Ab­del Mas­sih Fel­li

L’Au­to­ri­té du canal de Suez (ACS) a an­non­cé le lan­ce­ment des cé­lé­bra­tions du "nou­veau" canal de Suez, qui culmi­ne­ront avec son inau­gu­ra­tion le 6 août par le pré­sident Ab­del Fat­tah Al-Sis­si ac­com­pa­gné des "lea­ders" du monde en­tier. "Le nou­veau canal de Suez est bien plus qu’une nou­velle voie de na­vi­ga­tion et un joyau d’in­gé­nie­rie. C’est un ca­ta­ly­seur pour le peuple égyp­tien, une nou­velle source de fier­té et la pro­messe d’un ave­nir plus pros­père", a dé­cla­ré le 13 juin 2015 l’ami­ral Mo­hab Ma­miche, chef de l’Au­to­ri­té du canal de Suez, lors du lan­ce­ment des cé­lé­bra­tions de cette nou­velle in­fra­struc­ture. "Le nou­veau canal forme l’un des pro­jets les plus im­por­tants de l’Égypte des temps mo­dernes. Il de­vra contri­buer à l’es­sor de l’éco­no­mie et de la so­cié­té pour les dé­cen­nies à ve­nir", a af­fir­mé le res­pon­sable.

Ce "ma­gni­fique ca­deau" of­fert au monde par l’Égypte a com­men­cé par la mo­bi­li­sa­tion du "peuple" qui, en à peine six jours, a ap­por­té 8,5 mil­liards de dol­lars. Les tra­vaux ont dé­mar­ré le 6 août 2014. Mal­gré les es­ti­ma­tions ini­tiales éva­luant la du­rée du projet à trois ans, il se­ra ache­vé en moins de 12 mois, ce qui re­pré­sente un réel "dé­fi" hu­main et tech­nique.

Cette nou­velle voie na­vi­gable de 72 km doit per­mettre un tra­fic dans les deux sens en même temps, et mul­ti­plier par deux la ca­pa­ci­té quo­ti­dienne de trans­port, pas­sant de 49 na­vires à 97 vers 2023. Le dé­lai d’at­tente pour tran­si­ter pas­se­ra de 11 heures à 3 heures. Les ré­sul­tats at­ten­dus sont une aug­men­ta­tion des re­ve­nus de l’Au­to­ri­té du canal de 5,3 mil­liards de dol­lars en 2015 à 13,2 mil­liards de dol­lars en 2023. Ce qui condui­ra à ren­for­cer la po­si­tion du canal comme l’une des trois res­sources fi­nan­cières de l’Égypte. Le nou­veau canal de Suez s’ins­crit dans le cadre de la mise en place d’une im­por­tante zone in­dus­trielle tout au long du canal, connue sous le nom de Zone du Canal de Suez. Elle com­prend une large gamme d’ac­ti­vi­tés, no­tam­ment la fa­bri­ca­tion, la lo­gis­tique, la ré­pa­ra­tion de na­vires… Le canal de Suez consti­tue un élé­ment vi­tal du com­merce mon­dial. La Zone du Canal de Suez de­vien­dra ain­si une plate-forme d’ac­cès à 1,6 mil­liard de clients dans le monde. Le projet do­te­ra l’Égypte d’op­por­tu­ni­tés d’in­ves­tis­se­ments et d’em­plois pour les an­nées à ve­nir

Les pre­miers Ra­fale

Dans ce contexte, des ap­pa­reils fran­çais Ra­fale se sont en­vo­lés pour le Caire où ils par­ti­ci­pe­ront à la cé­ré­mo­nie d'élar­gis­se­ment du canal de Suez. C'est le mar­di der­nier que les trois pre­miers des 24 Ra­fale ven­dus à l'Egypte s'étaient en­vo­lés de la base d'Istres près de Mar­seille à des­ti­na­tion du Caire. Les ap­pa­reils vont pa­ra­der le 6 août pro­chain, en plus de la fré­gate mul­ti­mis­sion Fremm, dé­jà li­vrée elle, pour l'inau­gu­ra­tion du dou­ble­ment du Canal de Suez. "Ce fleu­ron in­com­pa­rable va ren­for­cer les ca­pa­ci­tés de dé­fense de l'Egypte", a dé­cla­ré son am­bas­sa­deur en France, Ihab Ba­dawy, à Istres, lors de la cé­ré­mo­nie de re­mise des clés.

Quatre pi­lotes égyp­tiens sont dé­jà aptes à vo­ler. Mais pour en ar­ri­ver là, les in­gé­nieurs de Das­sault, de ses par­te­naires in­dus­triels comme Thales ou MBDA, sans ou­blier les per­son­nels de l'ar­mée de l'air fran­çaise, ont dû re­le­ver un vé­ri­table dé­fi. Outre le vo­let for­ma­tion, il a fal­lu pro­cé­der en un temps re­cord – le contrat a été si­gné le 16 fé­vrier après une né­go­cia­tion express – à de nom­breuses mo­di­fi­ca­tions car les avions ont été pré­le­vés sur le quo­ta fran­çais. Tous les élé­ments sen­sibles, liés au ra­dar no­tam­ment, où les équi­pe­ments au standard Otan comme la liai­son ra­dio, ont été re­ti­rés, et il a fal­lu tes­ter le tout. "Im­pos­sible n'est donc ni fran­çais, ni égyp­tien", a ré­su­mé, un brin ly­rique, Eric Trap­pier, le PDG de Das­sault Avia­tion.

Sur­veillance des fron­tières

Dans le contexte du ren­for­ce­ment de sa sé­cu­ri­té, l'Egypte va se do­ter d'un sys­tème amé­ri­cain de haute tech­no­lo­gie pour la sur­veillance de ses fron­tières. Le dé­par­te­ment d'Etat amé­ri­cain a don­né son aval pour dé­blo­quer 100 mil­lions de dol­lars d'aide mi­li­taire au Caire pour l'ac­qui­si­tion du sys­tème, dont le fournisseur reste en­core à dé­ter­mi­ner. Il s'agit d'un sys­tème dit de "sur­veillance mo­bile" uti­li­sé par les Etats-Unis pour contrô­ler leur fron­tière avec le Mexique. Il in­tègre no­tam­ment des ra­dars et des ca­mé­ras mon­tés sur des vé­hi­cules tout-ter­rain et des drones, ain­si que des détecteurs de mou­ve­ments en­fouis dans le sable. Le sys­tème est re­lié par sa­tel­lite et 4G à un quar­tier gé­né­ral, où les don­nées sont trai­tées en temps réels par or­di­na­teur.

Ce dis­po­si­tif est no­tam­ment des­ti­né à la sur­veillance de la fron­tière qui s'étend sur 1 000 ki­lo­mètres de dé­sert entre l'Egypte et la Li­bye, dont le centre est contrô­lé par des ji­ha­distes et d'où part une im­por­tante contre­bande d'armes. Il en se­ra de même au sud sur les 1 000 ki­lo­mètres de fron­tière avec le Sou­dan. Le sys­tème se­ra aus­si uti­li­sé pour sur­veiller la cin­quan­taine de ki­lo­mètres qui sé­parent la ville égyp­tienne d'al-Ariche de la bande pa­les­ti­nienne de Ga­za. Une ré­gion où se dé­roulent des com­bats quo­ti­diens entre les forces de sé­cu­ri­té et des ji­ha­distes af­fi­liés à l'or­ga­ni­sa­tion Etat is­la­mique.

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