Hilla­ry, la reine du pre­mier dé­bat des dé­mo­crates

Watani Francophone - - الصفحة الأمامية - Ab­del Mas­sih Felli

Lan­cée sur la route de la pré­si­den­tielle en 2016, Hilla­ry Clin­ton s'ins­crit comme la grande fa­vo­rite du par­ti dé­mo­crate. Hilla­ry Clin­ton a af­fi­ché mar­di à Las Ve­gas calme et as­su­rance face aux piques de ses ri­vaux sur ses volte-face, as­su­mant plei­ne­ment son rôle de grande fa­vo­rite lors du pre­mier dé­bat de la pri­maire dé­mo­crate. Ha­bi­tuée de ces ren­dez-vous, elle a par­ti­ci­pé à plus d'une ving­taine de dé­bats en 2008 lors de sa pre­mière ten­ta­tive pour la Mai­son Blanche, l'ex-se­cré­taire d'Etat, qui a su par­fois faire rire, s'est pré­sen­tée comme la meilleure chance de son camp face aux ré­pu­bli­cains lors de la pré­si­den­tielle de 2016. "Elle ne s’est pas lais­sée dé­mon­ter, per­sonne n’a réus­si à la désar­çon­ner", a ré­su­mé Ti­mo­thy Hagle, pro­fes­seur de sciences po­li­tiques à l’uni­ver­si­té de l’Io­wa. Se­lon le der­nier son­dage CBS, Hilla­ry Clin­ton re­cueille 46% des in­ten­tions de vote chez les dé­mo­crates.

Mal­gré quelques échanges un peu vifs, le duel entre les deux pré­ten­dants est res­té po­li­cé. Ber­nie San­ders s’est po­si­tion­né comme le dé­fen­seur des ménages mo­destes et des classes moyennes, ren­voyant Hilla­ry Clin­ton à son image de can­di­date de l'es­ta­blish­ment, tan­dis qu’elle s’est at­ta­chée à se pré­sen­ter comme cré­dible et réa­liste. "Je suis pro­gres­siste, a-t-elle af­fir­mée. Mais je suis une pro­gres­siste qui aime que les choses avancent. Mon par­cours le montre, je veux des ré­sul­tats." Tan­dis que Ber­nie San­ders émet­tait des doutes sur les bien­faits du ca­pi­ta­lisme ("je ne sais pas si je crois à un sys­tème qui donne tout aux riches"), Hilla­ry Clin­ton en a pro­fi­té pour se faire l’avo­cate des PME, et des pe­tits com­mer­çants. Elle a raillé sa fas­ci­na­tion pour le mo­dèle da­nois : "J’adore le Da­ne­mark, mais ici, ce sont les Etats-Unis!" Quant aux classes moyennes, elle es­time pou- voir, elle aus­si, les re­pré­sen­ter. "Ni mon ma­ri ni moi ne ve­nons de fa­milles for­tu­nées, je veux que tout le monde dans ce pays ait ac­cès à ce que nous avons eu", a-t-elle in­sis­té

A 391 jours de l'élec­tion pré­si­den­tielle, les conser­va­teurs savent que leur ad­ver­saire le plus re­dou­table reste Hilla­ry Clin­ton, et la ma­chine ré­pu­bli­caine est qua­si-en­tiè­re­ment tour­née contre elle.

Hilla­ry Clin­ton, qui es­père of­frir aux dé­mo­crates un troi­sième man­dat consé­cu­tif à la Mai­son Blanche, du ja­mais vu de­puis la Se­conde Guerre mon­diale, a sou­li­gné qu'elle n'en­ten­dait pas pour au­tant faire un "troi­sième man­dat Oba­ma". "Etre la pre­mière femme pré­si­dente se­rait un sa­cré chan­ge­ment!", a-t-elle lan­cé, sou­li­gnant qu'elle en­ten­dait s'ap­puyer sur le bi­lan de Ba­rack Oba­ma tout en al­lant au-de­là.

L'an­cien pré­sident Bill Clin­ton (19932001) a re­gar­dé à la té­lé­vi­sion son épouse pré­sen­ter son pro­jet et ex­pli­quer qu'elle ne de­man­dait à per­sonne de vo­ter pour elle "en rai­son de son nom de fa­mille". Ba­rack Oba­ma avait, lui aus­si, pré­vu de re­gar­der le dé­bat dé­mo­crate, mais pas dans son in­té­gra­li­té. "Il y a un bon match de ba­se­ball ce soir, je ne se­rais pas sur- pris qu'il fasse un peu de zapping", avait pré­ve­nu son porte-pa­role, Josh Ear­nest.

Sa des­crip­tion idyl­lique de la so­cial-dé­mo­cra­tie scan­di­nave, dont il se re­ven­dique, lui a va­lu une ré­plique im­mé­diate de Mme Clin­ton : "Nous ne sommes pas au Da­ne­mark, j’adore le Da­ne­mark, mais nous sommes aux États-Unis. " Face aux hé­si­ta­tions du sé­na­teur sur le Moyen-Orient, la ré­plique de la fa­vo­rite n’a pas tar­dé : "La di­plo­ma­tie n’est pas la re­cherche de la so­lu­tion par­faite, c’est trou­ver un équi­libre entre dif­fé­rents risques". Mme Clin­ton a aus­si mis en dif­fi­cul­té le sé­na­teur en rap­pe­lant cer­tains de ses votes pas­sés contre un plus grand contrôle des armes à feu.

La fa­vo­rite dé­mo­crate s’était pré­pa­rée aux ques­tions por­tant sur son usage d’une adresse élec­tro­nique per­son­nelle lors de son pas­sage au dé­par­te­ment d’Etat. Cette contro­verse, qui se­ra au coeur de son au­di­tion par une com­mis­sion du Con­grès le 20 oc­tobre, l’a fra­gi­li­sée au­près de l’opi­nion pu­blique amé­ri­caine, même si elle dé­nonce une ins­tru­men­ta­li­sa­tion par le Par­ti ré­pu­bli­cain. M. San­ders au­rait pu en pro­fi­ter pour la mettre en dif­fi­cul­té, mais il s’y est vo­lon­tai­re­ment re­fu­sé, lais­sant au contraire échap­per son exas­pé­ra­tion vis-à-vis d’un su­jet qui dé­tourne se­lon lui l’at­ten­tion des vrais maux de la so­cié­té amé­ri­caine, comme l’in­té­res­sée ve­nait de l’af­fir­mer. " Le peuple amé­ri­cain en a ras le bol de vos fi­chus emails ", a ton­né le sé­na­teur, s’at­ti­rant aus­si­tôt les re­mer­cie­ments et une poi­gnée de mains de Mme Clin­ton qui n’en es­pé­rait sans doute pas tant.

Ber­nie Saun­ders et Hilla­ry Clin­ton

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