Pour une nou­velle phase de dé­mo­cra­tie

Watani Francophone - - الصفحة الأمامية - Ab­del Mas­sih Felli

Au­tour de 26,5 pour cent des élec­teurs ad­mis­sibles ont vo­té au pre­mier tour de la pre­mière phase des élec­tions lé­gis­la­tives te­nues cette semaine en Egypte, a an­non­cé mer­cre­di soir la haute com­mis­sion élec­to­rale.

"Le nombre d'élec­teurs qui ont par­ti­ci­pé à la pre­mière phase a at­teint 7,27 mil­lions, ce qui re­pré­sente 26,56 pour cent des élec­teurs ins­crits de 27,4 mil­lions pour cette étape," a an­non­cé le chef de la com­mis­sion Ay­man Ab­bas, lors d'une confé­rence de presse.

Le pre­mier tour des élec­tions at­ten­dues de­puis long­temps a eu lieu di­manche et lun­di dans 14 des 27 gou­ver­no­rats de l'Egypte.

Ab­bas a dé­cla­ré que le plus haut taux de par­ti­ci­pa­tion a eu lieu dans le gou­ver­no­rat du dé­sert oc­ci­den­tal de la Nou­velle Val­lée avec 37 pour cent des élec­teurs ad­mis­sibles, alors que Gui­zeh, une ville ju­melle du Caire, est ve­nue au der­nier rang avec 21 pour cent.

Le deuxième et der­nier tour est pré­vu pour le mois pro­chain dans les 13 autres gou­ver­no­rats, no­tam­ment au Caire.

Ab­bas a dé­cla­ré que la liste élec­to­rale "pour l'amour de l'Egypte" a rem­por­té tous les 60 sièges qui étaient à ga­gner pour les listes sur la base par­ti­sane au pre­mier tour.

Le bloc di­ri­gé par l'an­cien of­fi­cier de ren­sei­gne­ment Sa­meh Seif Elya­zal, com­prend 10 par­tis po­li­tiques, des hommes d'af­faires et des exof­fi­ciels du gou­ver­ne­ment.

Seule­ment quatre des 226 sièges ré­ser­vés aux can­di­dats in­di­vi­duels dans la pre­mière étape ont été rem­por­tés, éta­blis­sant ain­si la scène pour un deuxième tour de vote sur les sièges res­tants le 26 oc­tobre, se­lon Ab­bas. D'autre part, le chef de la Haute Com­mis­sion Élec­to­rale (HCE), le juge Ay­man Ab­bas, a an­non­cé que le to­tal du nombre d'élec­teurs ayant par­ti­ci­pé à la pre­mière phase des lé­gis­la­tives à l'étran­ger, était 30.531 élec­teurs qui avaient vo­té à 139 sièges d'am­bas­sades ou de consu­lats d'Égypte à l'étran­ger, les 17 et 18 oc­tobre cou­rant. Dans une confé­rence de presse te­nue mar­di der­nier, au siège de l'or­ga­nisme gé­né­ral de l'in­for­ma­tion, Ab­bas a ex­pli­qué que les voix nulles des Égyp­tiens à l'étran­ger se sont éle­vées à 1.856 alors que les voix va­li­dées étaient 28.675.

Les ré­sul­tats an­ti­ci­pés du vote par des jour- naux oc­ci­den­taux ré­vèlent que ces der­niers res­tent aux aguets de l'Égypte, a dé­cla­ré lun­di der­nier le porte-pa­role du mi­nis­tère des Af­faires étran­gères, Ah­med Abou Zeid, en com­men­tant les in­for­ma­tions pu­bliées par des jour­naux oc­ci­den­taux sur le taux de par­ti­ci­pa­tion aux élec­tions par­le­men­taires. De telles po­si­tions ex­priment le déses­poir des per­sonnes qui les adoptent après qu'elles ont échoué, pen­dant l'an der­nier, à dé­for­mer l'image de l'Égypte et à don­ner des idées sur le re­cul de la dé­mo­cra­ti­sa­tion dans le pays, a-t-il ajou­té. Les ten­ta­tives vi­sant à mon­trer l'ab­sence de toute op­po­si­tion po­li­tique prouvent le manque de cré­di­bi­li­té de ces jour­naux, se­lon Abou Zeid.

Le pré­sident Ab­del Fat­tah Al-Sis­si avait ap­pe­lé "tous les Egyp­tiens à par­ti­ci­per ac­ti­ve­ment» aux élec­tions lé­gis­la­tives à par­tir de cette semaine. Les bu­reaux de vote dans 139 pays ont été à l'ou­ver­ture du scru­tin le sa­me­di 17 oc­tobre, avec la ré­cep­tion des ex­pa­triés égyp­tiens al­lant vo­ter jus­qu'à 21 heures di­manche, se­lon l'heure lo­cale de chaque pays. Al-Sis­si a éga­le­ment ap­pe­lé les Egyp­tiens à "sen­tir les dé­fis et les dan­gers en­tou­rant notre pays qui me­nacent ce que nous avons ac­com­pli." Le pré­sident a dé­cla­ré que la vo­lon­té du peuple, al­lant dans les rues par mil­lions, est ce qui a per­mis de faire tom­ber "l'in­jus­tice et le fas­cisme", en ré­fé­rence à l'évic­tion de Mo­ha­med Mor­si en juillet 2013. Il a ajou­té qu'il sou­haite voir la jeu­nesse égyp­tienne dans les lignes de front des bu­reaux de vote car ils sont "la force mo­trice prin­ci­pale." Il a éga­le­ment de­man­dé aux femmes égyp­tiennes, "l'icône na­tio­nale pour le sa­cri­fice," à se rendre en masse aux urnes. "Je vous ap­pelle vous tous, hommes et femmes, jeunes et vieux, agri­cul­teurs et ou­vriers dans tout le pays à vous mo­bi­li­ser pour le pays et à bien choi­sir", a-t-il dé­cla­ré.

"Notre épau­le­ment" pour le bien de la na­tion est «in­évi­table», a dit al-Sis­si à la na­tion, dans un dis­cours dif­fu­sé sur la té­lé­vi­sion d'Etat. "Nous sommes au seuil" de la der­nière étape de la feuille de route, a no­té al-Sis­si. Une feuille de route pour la dé­mo­cra­tie avait été an­non­cée par l'alors mi­nistre de la Dé­fense al-Sis­si à la na­tion en juillet 2013, après l'évic­tion de Mo­ha­med Mor­si après des pro­tes­ta­tions de masse contre son ré­gime. "Ras­sem­blez-vous pour le mar­tyr et pour l'en­fant," a ajou­té le pré­sident dans son dis­cours, ap­pe­lant les Egyp­tiens à bien choi­sir.

"Je tiens à sou­li­gner l'im­por­tance de cette der­nière obli­ga­tion qui va pro­duire pour nous la Chambre des re­pré­sen­tants ayant un pou­voir lé­gis­la­tif, un rôle de sur­veillance et agis­sant comme la voix du peuple", a ajou­té al-Sis­si.

Le nou­veau Par­le­ment égyp­tien qui se­ra is­su des élec­tions lé­gis­la­tives qui ont com­men­cé le di­manche 18 sep­tembre sym­bo­li­se­ra le re­tour du pays à la dé­mo­cra­tie.

Le nou­veau Par­le­ment qui se­ra élu en plu­sieurs étapes jus­qu'au mois de dé­cembre, se­ra do­té de pou­voirs im­por­tants. Il au­rait par exemple la ca­pa­ci­té de blo­quer la dé­ci­sion du pré­sident Sis­si con­cer­nant son choix du Pre­mier mi­nistre ou même pro­cé­der à la des­ti­tu­tion du chef du gou­ver­ne­ment.

Ceux qui connaissent per­son­nel­le­ment le chef de l'Etat le dé­crivent comme un homme ob­ser­vant une grande dis­ci­pline, au bu­reau dès cinq heures du ma­tin, mais ca­pable aus­si d'écou­ter ses conseillers.

"Il re­voit ses dé­ci­sions en fonc­tion des con­seils des gens qui connaissent les dos­siers", as­sure Sa­meh Seif Elya­zal, un an­cien of­fi­cier des ser­vices de ren­sei­gne­ment - comme Ab­del Fat­tah al Sis­si lui-même - qui di­rige la prin­ci­pale coa­li­tion can­di­date aux élec­tions. "D'autres pour­raient dire : non, je suis le pré­sident et ma dé­ci­sion est dé­fi­ni­tive, mais il n'est pas comme ce­la du tout." On l'a vu en bé­ret et lu­nettes de so­leil sur des t-shirts, des boîtes de cho­co­lat, le pré­sident est tou­jours très sou­te­nu. Pour re­dres­ser l'éco­no­mie, Sis­si a an­non­cé de grands pro­jets comme la créa­tion d'une nou­velle ca­pi­tale do­tée d'un im­mense aé­ro­port, à l'ins­tar de ce qu'avait fait le pré­sident Ga­mal Ab­del Nas­ser après le renversement de la mo­nar­chie en 1952.

Le ca­nal de Suez a il est vrai été élar­gi en un an. Ce genre de pro­jet a été réa­li­sé si­mul­ta­né­ment à des ré­formes sen­sibles sur le plan po­li­tique, telles que la baisse des sub­ven­tions ou l'op­ti­mi­sa­tion des ser­vices pu­blics, ju­gées né­ces­saires pour que l'Egypte bé­né­fi­cie d'une crois­sance éco­no­mique du­rable.

Sis­si s'est pré­sen­té comme in­dis­pen­sable pour le monde arabe. Il a no­tam­ment avan­cé l'idée d'une force ré­gio­nale pour lut­ter contre le groupe Etat is­la­mique. L'Egypte a d'ailleurs évi­té de tom­ber dans un chaos à la li­byenne.

Des élec­teurs vo­tant à la pre­mière phase des lé­gis­la­tives

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