L 'Egypte dé­taille sa po­si­tion aux Etats-Unis

Watani Francophone - - الصفحة الأمامية - Ra­fik Ba­ra­cat - Ab­del Mas­sih Fel­li

Le mi­nistre des Af­faires étran­gères Sa­meh Chou­kry a dé­crit ses ren­contres avec des res­pon­sables et des membres du Con­grès amé­ri­cain à Wa­shing­ton de "fruc­tueuses" étant don­né que les dis­cus­sions ont ré­vé­lé l'ac­cord de l'Egypte et des Etats-Unis sur de nom­breux su­jets.

Chou­kry a ajou­té dans un com­mu­ni­qué de presse mer­cre­di que l'ad­mi­nis­tra­tion amé­ri­caine et de nom­breux membres du Con­grès ont conve­nu de l'im­por­tance du rôle de l'Egypte dans la confron­ta­tion des me­naces à la sé­cu­ri­té ré­gio­nale au Moyen-Orient et ont ex­pri­mé leur vo­lon­té de conti­nuer à sou­te­nir l'Égypte dans les an­nées à ve­nir pour as­su­rer la crois­sance éco­no­mique et la sta­bi­li­té po­li­tique.

La réunion de Chou­kry avec le se­cré­taire d'Etat amé­ri­cain John Ker­ry a por­té non seule­ment sur la si­tua­tion de la sé­cu­ri­té ré­gio­nale au Moyen-Orient, mais aus­si sur la pro­mo­tion des re­la­tions éco­no­miques entre l'Egypte et les Etats-Unis, a af­fir­mé Chou­kry, sou­li­gnant qu'il existe un in­té­rêt amé­ri­cain dans le suc­cès de l'Egypte à at­teindre la crois­sance éco­no­mique dans tous les do­maines.

L'Egypte est dé­si­reuse de dé­ve­lop­per les re­la­tions avec les Etats-Unis, a dit Chou­kry, se ré­fé­rant à la consul­ta­tion et la co­or­di­na­tion étroites entre les deux mi­nis­tères des Af­faires étran­gères afin de for­mu­ler des po­si­tions com­munes sur les ques­tions ré­gio­nales et in­ter­na­tio­nales.

La vi­site de Chou­kry s'est axée sur l'ex­pli­ca­tion des dé­ve­lop­pe­ments dans les af­faires in­té­rieures de l'Egypte, en par­ti­cu­lier la réa­li­sa­tion de la feuille de route par l'élec­tion de l'As­sem­blée des re­pré­sen­tants et l'en­ga­ge­ment de l'Egypte à la ré­forme po­li­tique et éco­no­mique. Il a éga­le­ment ex­pli­qué la po­si­tion de l'Egypte sur les ques­tions ré­gio­nales, y com­pris les crises sy­rienne et libyenne et la cause pa­les­ti­nienne.

Peu de temps après son ar­ri­vée à Wa­shing­ton pour des réunions di­plo­ma­tiques cette se­maine, le mi­nistre des Af­faires étran­gères, Sa­meh Chou­kry, a ac­cor­dé une sé­rie d'in­ter­views aux mé­dias amé­ri­cains.

Chou­kry, un vé­té­ran di­plo­mate et an­cien am­bas­sa­deur à Wa­shing­ton, re­pré­sente le gou­ver­ne­ment d'Ab­del Fat­tah al-Sis­si.

Le gou­ver­ne­ment ac­tuel a fait face à des al­lé­ga­tions de vio­la­tions des droits de l'Homme.

L'Egypte a te­nu des élec­tions par­le­men­taires l'an­née der­nière, mais les cri­tiques disent que les can­di­dats et le vote ont été em­pi­lés en fa­veur des par­ti­sans de Sis­si. Dans son en­tre­tien avec les mé­dias amé­ri­cains, le mi­nistre des Af­faires étran­gères a dé­cla­ré que l'Egypte était sur la voie de la dé­mo­cra­tie.

Sur l'état de la dé­mo­cra­tie en Egypte, Chou­kry a af­fir­mé que l'Egypte est cer­tai­ne­ment sur son che­min vers une dé­mo­cra­ti­sa­tion com­plète. "La dé­mo­cra­tie est un pro­ces­sus évo­lu­tif et notre his­toire mo­derne a des hauts et des bas ex­pé­ri­men­tés, une pé­riode de manque de do­mi­na­tion de la par­ti­ci­pa­tion po­li­tique, de par­ti unique. Et je crois que l'Egypte est sur la voie de la dé­mo­cra­ti­sa­tion com­plète. Le nombre des par­tis po­li­tiques, l'ac­ti­visme po­li­tique, la par­ti­ci­pa­tion aux der­nières élec­tions par­le­men­taires, tout in­dique qu'il y a une at­mo­sphère po­li­tique dy­na­mique qui se­ra pro­pice à une plus grande réus­site. Je ne peux pas dire que nous sommes par­faits. Je sais que nous sommes sou­mis à la culture qui exis­tait dans le pas­sé. Mais il est cer­tain que le gou­ver­ne­ment et le pré­sident al-Sis­si sont en­ga­gés au dé­ve­lop­pe­ment de l'Egypte sur le plan po­li­tique, éco­no­mique, social, dans tous les do­maines," a-t-il no­té.

Concer­nant le pro­cès de trois jour­na­listes d'Al-Ja­zee­ra, le chef de la di­plo­ma­tie égyp­tienne a in­di­qué que la ques­tion a été in­ter­pré­tée par de nom­breux mé­dias comme une ques­tion de li­ber­té d'ex­pres­sion, mais elle ne l'était pas. Il était ques­tion de ré­gle­men­ta­tion et de per­mis né­ces­saires pour l'ex­ploi­ta­tion des ins­tal­la­tions re­con­nues. Ces per­sonnes tra- vaillaient dans des chambres d'hô­tel, avec de l'équi­pe­ment qui a été in­ter­dit... L'ar­res­ta­tion n'a pas été liée à la te­neur de ce qu'al-Ja­zee­ra pré­co­nise... Mais le ju­ge­ment du tri­bu­nal com­pre­nait qu'ils avaient dif­fu­sé de fausses nou­velles, pour les uti­li­ser in­ten­tion­nel­le­ment à ce qui au­rait pu être des agi­ta­tions no­cives, à un mo­ment très sen­sible au cours de ce bou­le­ver­se­ment de l'ac­ti­visme et de la ri­va­li­té po­li­tique.

Concer­nant l'en­quête sur l'as­sas­si­nat de l'aca­dé­mi­cien ita­lien Giu­lio Re­ge­ni, dont le corps a été re­trou­vé au Caire la se­maine der­nière, Chou­kry a in­di­qué qu'il s'agit d'un in­ci­dent dou­lou­reux et "nous avons exa­mi­né cette ques­tion as­sez lar­ge­ment", et "nous avons eu des dis­cus­sions avec le gou­ver­ne­ment ita­lien à cet égard". Il a si­gna­lé qu'au ni­veau of­fi­ciel, il n'y a pas une spé­cu­la­tion ni l'ac­cu­sa­tion sug­gé­rant l'im­pli­ca­tion des ser­vices de sé­cu­ri­té de l'Egypte dans l'as­sas­si­nat. "Il est as­sez dé­con­cer­tant qu'il de­vrait y avoir cette im­pres­sion ... Nous avons une très grande com­mu­nau­té égyp­tienne ex­pa­triée en Ita­lie, et elle fait face à une ac­ti­vi­té cri­mi­nelle de tous les jours. Si je de­vais sup­po­ser que cette ac­ti­vi­té cri­mi­nelle a été en quelque sorte liée au gou­ver­ne­ment ita­lien, il se­rait très dif­fi­cile de me­ner les re­la­tions in­ter­na­tio­nales," a-t-il fait va­loir...

"Les Ita­liens sont sur les lieux et co­opèrent plei­ne­ment avec nos forces de sé­cu­ri­té, avec notre équipe d'in­ves­ti­ga­tion, dans tous les do­maines liés à ce cas... Nous sommes ou­verts et trans­pa­rents, on n'a rien à ca­cher, et ce sont les re­la­tions que nous va­lo­ri­sons. Ain­si, nous sommes tou­jours prêts à co­opé­rer," a-t-il as­su­ré.

Il est pré­ma­tu­ré de se pro­non­cer sur les en­quêtes of­fi­cielles me­nées sur le dé­cès du res­sor­tis­sant ita­lien Giu­lio Re­ge­ni, a dé­cla­ré de sa part le porte-pa­role du mi­nis­tère des Af­faires étran­gères Ah­med Abou Zeïd sou­li­gnant qu'il com­prend l'état de choc qu'a pro­vo­qué ce meurtre. L'Egypte s'est en­ga­gée à me­ner des en­quêtes im­par­tiales avec les au­to­ri­tés ita­liennes, a dit le PP sou­li­gnant que toute ac­cu­sa­tion in­fon­dée di­ri­gées contre les au­to­ri­tés égyp­tiennes ne se­rait dans l'in­té­rêt de per­sonne. Abou Zeïd s'ex­pri­mait sur la lettre pu­bliée par le jour­nal " The Guar­dian" et ré­di­gée par des per­sonnes qui de­vraient se­lon lui, faire preuve d'ob­jec­ti­vi­té, en ob­ser­vant l'in­té­gri­té et l'exac­ti­tude. Le PP a adres­sé ses condo­léances à la fa­mille de la vic­time tout en af­fir­mant que cet ac­ci­dent était in­ac­cep­table pour tous les Égyp­tiens aus­si bien que pour les amis du jeune ita­lien. L'Ita­lie a exi­gé que les "vrais res­pon­sables" du sup­plice du jeune cher­cheur soient iden­ti­fiés et pu­nis. L'Egypte, a vi­ve­ment re­je­té les ac­cu­sa­tions vi­sant ses forces de sé­cu­ri­té. "Nous re­je­tons ces ac­cu­sa­tions", ces "ru­meurs", ce ne sont pas les pra­tiques des ap­pa­reils de sé­cu­ri­té de l'Etat", a in­sis­té le mi­nistre de l'In­té­rieur Mag­dy Ab­del Ghaf­far.

Pour l’heure, le pré­sident Ab­del Fa­tah Al-Sis­si as­sure que tout se­ra «mis en oeuvre pour ar­ri­ver à la vé­ri­té». Des en­quê­teurs ita­liens sont ar­ri­vés au Caire. Le gou­ver­ne­ment égyp­tien conti­nue néan­moins de nier que le cher­cheur ita­lien ait été ar­rê­té par la po­lice.

Sur la sta­bi­li­té en Egypte ac­tuel­le­ment, le mi­nistre des AE a in­di­qué que le gou­ver­ne­ment a ob­te­nu un de­gré de sé­cu­ri­té très éle­vé... "Les condi­tions en Egypte sont sé­cu­ri­sées et sont sans dan­ger, les gens en­tre­prennent leur en­tre­prise. Nous avons en­core l'ac­ti­vi­té ter­ro­riste oc­ca­sion­nel­le­ment pro­vo­quée par les Frères mu­sul­mans, mais elle a été consi­dé­ra­ble­ment ré­duite et l'im­pact a été at­té­nué en rai­son de la ca­pa­ci­té des forces de sé­cu­ri­té à contre­car­rer l'ac­ti­vi­té à l'avance. Plus ré­cem­ment, lors de la dé­tec­tion de la cache d'ex­plo­sifs à Gui­za, six de nos forces de sé­cu­ri­té ont per­du la vie. Qui a mis cette cache là et quelle était l'in­ten­tion de la fa­bri­ca­tion de ces ex­plo­sifs? Leur in­ten­tion était de tuer et de mu­ti­ler des Egyp­tiens in­no­cents, de ma­nière à don­ner une per­cep­tion d'in­sta­bi­li­té. L'in­sta­bi­li­té est une ques­tion qui concerne chaque Egyp­tien, et je pense que c'est la confiance que le peuple égyp­tien a dans ce gou­ver­ne­ment et sa ca­pa­ci­té qui conti­nue à conduire notre en­ga­ge­ment à ré­pondre à ses be­soins," a-t-il conclu.

Chou­kry et Ker­ry à Wa­shing­ton

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