L'Egypte col­la­bore avec l'Ita­lie face aux com­plots sus­pects

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Le pré­sident égyp­tien a pro­mis mer­cre­di de faire tout ce qu'il pou­vait pour faire la lu­mière sur la mort du jeune étu­diant ita­lien dont le corps mu­ti­lé a été re­trou­vé au Caire.

Les au­to­ri­tés égyp­tiennes tra­vaillent "jour et nuit" pour ré­soudre le crime, a dé­cla­ré le pré­sident Ab­del Fat­tah al-Sis­si dans une in­ter­view avec le jour­nal La Re­pub­bli­ca en Ita­lie.

"Je vous pro­mets que nous fe­rons tout pour faire la lu­mière sur le cas et nous al­lons ar­ri­ver à la vé­ri­té», dit-il.

S'adres­sant à la fa­mille de Re­ge­ni, il a ajou­té: «Nous al­lons tra­vailler avec les au­to­ri­tés ita­liennes pour tra­duire en jus­tice et pu­nir les cri­mi­nels qui ont tué votre fils."

Sis­si a dit que comme "père d'abord et avant tout", il com­prend la dou­leur et la souf­france qu'elle sent pour la perte de son fils.

«Je res­sens le choc et l'amer­tume qui a bri­sé votre coeur», a-t-il ré­ité­ré.

Le pré­sident Ab­del Fat­tah al-Sis­si a aus­si dit qu'il croyait que l'as­sas­si­nat a été conçu pour en­dom­ma­ger les re­la­tions du Caire avec Rome en pro­vo­cant les soup­çons que les forces de sé­cu­ri­té égyp­tiennes y ont été im­pli­quées. "Nous al­lons tra­vailler avec les au­to­ri­tés ita­liennes afin de rendre jus­tice et de pu­nir les cri­mi­nels qui ont tué votre en­fant," a-t-il as­su­ré. Al-Sis­si a dé­cla­ré que l'as­sas­si­nat était un «choc» pour l'Egypte, mais a éga­le­ment fait va­loir que son "ti­ming", avec le corps trou­vé lors d'une vi­site d'une mi­nistre ita­lienne, a sou­le­vé des «ques­tions».

Dans l'in­ter­view, al-Sis­si a sug­gé­ré que l'as­sas­si­nat peut avoir été réa­li­sé pour af­fec­ter les liens ita­lo-égyp­tiens.

"Pour­quoi est-il ar­ri­vé alors que les re­la­tions bi­la­té­rales prennent de l'élan sans précédent à la fois po­li­ti­que­ment et éco­no­mi­que­ment? Y a-t-il des bé­né­fi­ciaires qui cherchent à nuire aux re­la­tions, étant don­né la si­tua­tion tur­bu­lente dans la ré­gion?" a-t-il in­di­qué. Le pré­sident Al-Sis­si a en outre dit que «la re­la­tion avec l'Ita­lie est his­to­rique et unique en rai­son de sa na­ture, et ce­la est mon­tré par le fait que l'Ita­lie est le pre­mier par­te­naire com­mer­cial de l'Union eu­ro­péenne.

" Le tra­vail avec Eni est le sym­bole de la pro­fon­deur et la force des re­la­tions ex­cep­tion­nelles avec l'Ita­lie," a-t-il no­té. Al Sis­si a sou­li­gné éga­le­ment son "grand res­pect" pour le Pre­mier mi­nistre Mat­teo Ren­zi. Le but du meurtre de Re- ge­ni, a-t-il ex­pli­qué, est de frap­per l'éco­no­mie égyp­tienne et d'iso­ler le pays. Ce­ci est une sorte de re­pré­sailles contre la grande guerre que l'Egypte mène contre les forces de l'ex­tré­misme et le ter­ro­risme. "C'est un point fon­da­men­tal à ré­flé­chir», a-t-il dit, ajou­tant que la sta­bi­li­té de l'Egypte est cru­ciale, si elle de­vait être af­fec­tée, ce­ci met­trait en dan­ger la Mé­di­ter­ra­née et l'Eu­rope. Il si­gna­lé que contre le ter­ro­risme, il faut adop­ter une ap­proche glo­bale et non pas des ef­forts sé­pa­rés de chaque pays. "Il est très im­por­tant que la com­mu­nau­té in­ter­na­tio­nale en­voie un mes­sage fort aux pays et aux par­tis qui sou­tiennent les ter­ro­ristes leur four­nis­sant des armes, de l'ar­gent et des com­bat­tants. Nous sa­vons tous qui sont-ils,» a-t-il fait re­mar­quer, «et il faut un mes­sage fort et clair dans le­quel il faut leur de­man­der de mettre un terme à l'ap­pui des ter­ro­ristes."

L'Ita­lie a en­voyé une équipe de sept per­sonnes pour en­quê­ter, mais après un mois, ils n'ont pas re­çu tous les élé­ments de preuve qu'ils disent être né­ces­saires pour me­ner à bien l'en­quête.

Un res­pon­sable de l'ac­cu­sa­tion avait nié mar­di que le par­quet ita­lien est im­pli­qué dans les en­quêtes sur le cas de Giu­lio Re­ge­ni, no­tant que la co­opé­ra­tion se li­mite à l'échange d'in­for­ma­tions.

Ses dé­cla­ra­tions sui­vaient une réunion lun­di entre le Pro­cu­reur gé­né­ral égyp­tien Nabil Sa­dek avec le pro­cu­reur en chef de Rome Giu­seppe Pi­gna­tone, dans la­quelle ils ont dis­cu­té des mises à jour dans le cas et ont conve­nu d'or­ga­ni­ser des réunions entre les en­quê­teurs ita­liens et leurs ho­mo­logues de la po­lice égyp­tienne.

Une dé­cla­ra­tion conjointe a été pu­bliée à l'is­sue de leur réunion à la­quelle ils ont dit qu'ils ont conve­nu de dé­ve­lop­per la co­opé­ra­tion pour ré­soudre l'af­faire.

"L'Ita­lie ne se mêle pas ni par­ti­cipe à des en­quêtes en cours. Ces en­quêtes sont me­nées uni­que­ment par les en­quê­teurs égyp­tiens, et per­sonne ne peut in­ter­ve­nir dans ces af­faires, " a in­di­qué Hos­sam Nas­sar, chef de l'Ac­cu­sa­tion du Sud de Gui­za, et membre de l'équipe d'en­quête.

Nas­sar a en outre ex­pli­qué que le mi­nis­tère pu­blic égyp­tien est in­dé­pen­dant, no­tant que Pi­gna­tone a sa­lué l'ap­proche par la pour­suite égyp­tienne des en­quêtes. Nas­sar a no­té que l'équipe d'en­quête égyp­tienne char­gée de cette af­faire va com­men­cer la co­opé­ra­tion avec son ho­mo­logue ita­lien pour re­cueillir les in­for­ma­tions né­ces­saires à la fa­mille de Re­ge­ni en Ita­lie.

Lun­di, le mi­nistre des Af­faires étran­gères ita­lien Pao­lo Gentiloni a dé­cla­ré que le voyage de Pi­gna­tone au Caire va ap­por­ter une amé­lio­ra­tion cer­taine de la co­opé­ra­tion avec les au­to­ri­tés égyp­tiennes, alors que les deux par­ties exa­minent la mort de Re­ge­ni par la tor­ture.

A cet égard, une dé­lé­ga­tion par­le­men­taire égyp­tienne doit se rendre à Stras­bourg à la mi-avril pour ren­con­trer les membres du Par­le­ment eu­ro­péen pour les né­go­cia­tions sur la ré­so­lu­tion de ce der­nier sur l'étu­diant ita­lien tué Giu­lio Re­ge­ni, a dé­cla­ré le par­le­men­taire Mo­ha­med Al Ora­bi mer­cre­di.

La dé­ci­sion a été prise après un ap­pel té­lé­pho­nique entre le pré­sident par­le­ment de l'Egypte Ali Ab­del-Al et Martin Schulz, pré­sident du Par­le­ment eu­ro­péen, a dé­cla­ré Ora­bi.

Mar­ga­ret Azer a dit que cette dé­lé­ga­tion se­ra com­po­sée de re­pré­sen­tants du Con­seil na­tio­nal des droits de l'Homme, des mi­nis­tères et des lé­gis­la­teurs étran­gers et lo­caux.

Al-Sis­si ac­cor­dant son in­ter­view au quo­ti­dien ita­lien

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