La Jour­née in­ter­na­tio­nale de la Fran­co­pho­nie

Chaque an­née, à la date du 20mars, est cé­lé­brée la Jour­née in­ter­na­tio­nale de la Fran­co­pho­nie.

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Les 220 mil­lions de fran­co­phones sur les 5 conti­nents fêtent leur langue en par­tage et la di­ver­si­té de la Fran­co­pho­nie, à tra­vers des concours de mots, des spec­tacles, des fes­ti­vals de films, des ren­contres lit­té­raires, des ren­dez-vous gas­tro­no­miques, des ex­po­si­tions ar­tis­tiques.

Cette date a été choi­sie en ré­fé­rence au 20 mars 1970, mar­qué par la créa­tion à Niamey (Ni­ger) de l’Agence de co­opé­ra­tion cultu­relle et tech­nique (ACCT), fu­ture Or­ga­ni­sa­tion in­ter­na­tio­nale de la Fran­co­pho­nie.

Dans le cadre par­ti­cu­lier de cette Jour­née, l’Agence uni­ver­si­taire de la Fran­co­pho­nie à tra­vers son CNF d’Alexan­drie, la Bi­blio­thèque Fran­co­phone de la Bi­blio­the­ca Alexan­dri­na et l’Ins­ti­tut fran­çais d'Égypte à Alexan­drie, lancent la 4ème édi­tion du concours «Écrire la Fran­co­pho­nie sur le thème «Le pou­voir des mots».

Le but du concours est de mo­ti­ver l’ex­pres­sion per­son­nelle en langue fran­çaise. C’est l’oc­ca­sion pour les fran­co­phones et les fran­co­philes d’ex­pri­mer, à tra­vers leurs ta­lents d’écri­ture l’in­fluence du pou­voir des mots sur les dif­fé­rents as­pects de la vie: psy­cho­lo­gique, phi­lo­so­phique, science du lan­gage, art ora­toire, com­mu­ni­ca­tion, mé- dias, etc.

Con­crè­te­ment, il s’agit d’écrire un conte en s’ap­puyant sur une ex­pé­rience per­son­nelle pour ra­con­ter en quoi le pou­voir des mots a in­fluen­cé leur com­por­te­ment dans une si­tua­tion don­née. Qu’est ce qu' ils pensent de la force de ce pou­voir? Com­ment peut-il être uti­li­sé pour contrer no­tam­ment ceux qui uti­lisent le «pou­voir des armes»?

Re­mise des prix le 30 mars à l'oc­ca­sion du ca­fé lit­té­raire qui se­ra or­ga­ni­sé à l'IFE en com­pa­gnie de Ro­bert So­lé.

A cette oc­ca­sion, la Se­cré­taire gé­né­rale de la Fran­co­pho­nie, Mi­chaëlle Jean, a adres­sé un mes­sage dans le­quel elle a fait va­loir que des mil­lions fêtent la Fran­co­pho­nie et la langue fran­çaise sur les cinq conti­nents en cette Jour­née du 20 mars. Et le lien fort qui s’ex­prime entre eux, comme chaque an­née ce jour-là, prend, en ce 20 mars 2016, une di­men­sion sym­bo­lique et une ur­gence par­ti­cu­lière.

En ef­fet, nombre de pays de l’es­pace fran­co­phone, et tant d’autres, sont de­puis plu­sieurs mois, tou­chés au coeur par des at­ten­tats ter­ro­ristes lâches, cruels et meur­triers, per­pé­trés au nom d’une idéo­lo­gie de la haine.

La me­nace plane en­core et tou­jours, mais à la stra­té­gie de la ter­reur, les po­pu­la­tions ont vou­lu, par­tout, ré­pondre par le cou­rage, par la vo­lon­té de se dres­ser fiè­re­ment et de cé­lé­brer la vie. Les fron­tières sont tom­bées : du Ma­li à la France et à la Bel­gique, du Ca­me­roun à la Tu­ni­sie, du Ni­ger au Ca­na­da, du Tchad à l’Egypte, du Li­ban à Ma­da­gas­car, du Bur­ki­na Fa­so au Qué­bec et à la Suisse, du Viet­nam au Bu­run­di et à la Rou­ma­nie, les mes­sages de so­li­da­ri­té sur tous les conti­nents se sont mê­lés.

Il faut donc d'après elle sai­sir l’oc­ca­sion de ce 20 mars pour faire de cette langue com­mune une langue de ré- sis­tance, en re­don­nant tout leur sens et tout leur pou­voir aux mots qui les re­lient et qui les unissent. Tous les mots leur parlent, mais cer­tains plus que d’autres, parce qu’ils ex­priment l’es­sence pro­fonde de la condi­tion hu­maine. Li­ber­té ; éga­li­té ; so­li­da­ri­té ; fra­ter­ni­té ; di­ver­si­té ; uni­ver­sa­li­té.

Ces mots, il faut les écou­ter ré­son­ner avec force.

Ils disent, siècle après siècle, le triomphe de la lu­mière sur l’ombre, de l’es­prit des Lu­mières, de toutes nos Lu­mières, sur l’obs­cu­ran­tisme et la bar­ba­rie.

Ils disent notre éga­li­té en di­gni­té et en droits: des droits uni­ver­sels, in­alié­nables, in­di­vi­sibles. Ils disent la conscience et l’ac­cep­ta­tion de l'hu- ma­ni­té com­mune et de la des­ti­née com­mune. Li­ber­té ; éga­li­té ; so­li­da­ri­té ; fra­ter­ni­té ; di­ver­si­té ; uni­ver­sa­li­té. Ces mots il faut donc les écrire, des­si­ner, tra­cer dans des écri­tures et des ca­rac­tères qui font pâ­lir le fa­na­tisme et qui ef­facent la haine.

Ces mots il faut les re­ven­di­quer avec fier­té, les chan­ter sur tous les tons, les scan­der sans re­lâche.

Ils disent la vo­lon­té com­mune de faire re­cu­ler et de vaincre l’in­to­lé­rable et l’in­ac­cep­table.

Ils disent la vo­lon­té com­mune de vivre libres en­semble pa­ci­fi­que­ment, d’agir en­semble so­li­dai­re­ment, de pen­ser l’ave­nir en­semble, fra­ter­nel­le­ment. Alors, en cette Jour­née in­ter­na­tio­nale de la Fran­co­pho­nie, a-t-elle conclu, il faut fê­ter par­tout avec al­lé­gresse et une convic­tion re­nou­ve­lée, le pou­voir de cette langue com­mune, la langue fran­çaise, et le pou­voir des mots.

Mi­chaëlle Jean

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