Les at­ten­tats de Bruxelles et la re­ven­di­ca­tion de l’EI

Watani Francophone - - الصفحة الأمامية - Ab­del Mas­sih Fel­li - Mi­chael Vic­tor

Les at­ten­tats de Bruxelles ont bien été com­man­di­tés par Daesh. L'Etat is­la­mique a re­ven­di­qué les actes ter­ro­ristes en fin de jour­née mar­di dans un com­mu­ni­qué. La res­pon­sa­bi­li­té de Daesh dans ces at­ten­tats était for­te­ment pres­sen­tie quelques jours après l'ar­res­ta­tion de Sa­lah Ab­des­lam. Trois hommes sont for­te­ment soup­çon­nés dans ces at­taques.

Les en­quê­teurs ont éta­bli qu'au moins quatre hommes étaient di­rec­te­ment im­pli­qués, dont trois sont morts et l'un est en fuite. Trois ont été iden­ti­fiés.

Il s'agit des frères Kha­lid et Ibra­him El Ba­kraoui, connus des ser­vices de po­lice pour grand ban­di­tisme mais non pour des faits de ter­ro­risme, et de Na­jim Laa­chraoui, ar­ti­fi­cier pré­su­mé des at­ten­tats de Pa­ris en no­vembre 2015. Ibra­him El Ba­kraoui, un Belge né le 9 oc­tobre 1986, est mort à l'aé­ro­port de Za­ven­tem dans le dé­clen­che­ment d'une bombe pla­cée dans une va­lise qu'il trans­por­tait. Il a été iden­ti­fié grâce à ses em­preintes. C'est l'homme au centre de la pho­to prise à par­tir des images des ca­mé­ras de sur­veillance de l'aé­ro­port.

Bien connus de la jus­tice belge, ils avaient été con­dam­nés pour bra­quage et vols avec vio­lence. Les noms d'Ibra­him et de Kha­lid El Ba­kraoui étaient dé­jà sor­tis la se­maine der­nière dans la presse belge après la per­qui­si­tion de l’ap­par­te­ment de Fo­rest où les em­preintes de Sa­lah Ab­des­lam avaient été re­trou­vées. La planque avait été louée par l’un des deux frères.

10 fran­çais ont été bles­sés dans les at­ten­tats, dont 4 griè­ve­ment, a dé­cla­ré mer­cre­di Ma­nuel Valls. Le Pre­mier mi­nistre se trou­vait dans la ca­pi­tale belge pour une réunion pré­vue de longue date avec la Com­mis­sion eu­ro­péenne. Le pro­gramme de la vi­site a été lo­gi­que­ment mo­di­fié. La Bel­gique a ob­ser­vé de­puis mer­cre­di un deuil na­tio­nal de trois jours. L'alerte an­ti­ter­ro­riste a été re­le­vée dans toute la Bel­gique au ni­veau 4, son ni­veau maxi­mal. La sé­cu­ri­té au­tour des ins­ti­tu­tions eu­ro­péennes à Bruxelles et Stras­bourg, ain­si qu'au­tour des cen­trales nu­cléaires belges, a été ren­for­cée.

Les di­ri­geants des 28 pays de l'UE ont dé­non­cé une at­taque contre leur so­cié­té ou­verte et dé­mo­cra­tique. "C'est toute l'Eu­rope qui est frap­pée", a dé­cla­ré le pré­sident fran­çais Fran­çois Hol­lande, tan­dis que le pré­sident amé­ri­cain Ba­rack Oba­ma ap­pe­lait le monde à "s'unir" face au ter­ro­risme. La Tour Eif­fel, le World Trade Cen­ter et la porte de Bran­de­bourg se sont mises aux cou­leurs belges dès mar­di soir. Et l'image de Tin­tin en pleurs est de­ve­nue le sym­bole de la peine des Belges sur les ré­seaux so­ciaux. Une réunion ex­tra­or­di­naire des mi­nistres de l'In­té­rieur et de la Jus­tice des pays de l'UE a été convo­quée jeu­di à Bruxelles, pour ap­por­ter une ré­ponse eu­ro­péenne après les at­ten­tats qui ont frap­pé Bruxelles.

La pré­si­dence de la Ré­pu­blique arabe d'Egypte a ver­te­ment condam­né les ex­plo­sions sur­ve­nues mar­di der­nier dans la ca­pi­tale belge à l'aé­ro­port de Bruxelles et dans une sta­tion de mé­tro.

Dans un com­mu­ni­qué pu­blié à cet égard, la pré­si­dence a re­je­té les actes vi­sant à pa­ni­quer la po­pu­la­tion et a ré­ité­ré sa so­li­da­ri­té to­tale avec le royaume belge face à ces actes qui exigent une fois de plus la conju­gai­son des ef­forts pour éra­di­quer le ter­ro­risme.

Le Grand Muf­ti d'Égypte, consi­dé­ré comme la prin­ci­pale source d'au­to­ri­té re­li­gieuse en Égypte, a fer­me­ment condam­né ces at­ten­tats ter­ro­ristes et ex­pri­mé sa so­li­da­ri­té en­vers les fa­milles et amis des vic­times, soit une tren­taine de morts et quelque 230 bles­sés à ce stade. Shaw­ki Ibra­him Ab­del-Ka­rim Al­lam par­ti­ci­pait à un dé­bat en com­mis­sion des Af­faires étran­gères du Par­le­ment eu­ro­péen. "Le ter­ro­risme ne connaît pas de fron­tière et re­pré­sente un fléau pour nous tous. Nous de­vons tra­vailler en­semble pour éra­di­quer le ter­ro­risme. Les dia­logues comme ce­lui-ci sont un pas dans la bonne di­rec­tion", a-t-il dé­cla­ré. Le pré­sident de cette com­mis­sion par­le­men­taire, l'Al­le­mande El­mar Brok (PPE) a pour sa part ap­puyé que ces at­ten­tats ne de­vaient pas mettre un terme au dia­logue et à la co­opé­ra­tion entre l'Égypte et l'Oc­ci­dent, rap­pe­lant que la ma­jo­ri­té des vic­times du ter­ro­risme sont mu­sul­manes.

Al-Az­har, pres­ti­gieuse ins­ti­tu­tion de l'islam sun­nite ba­sée en Egypte, ap­pelle à une ac­tion mon­diale contre «les cor­rom­pus»: «Si la com­mu­nau­té in­ter­na­tio­nale ne s'unit pas pour faire face à cette épi­dé­mie, les cor­rom­pus ne ces­se­ront ja­mais de per­pé­trer leurs crimes ab­jects contre les in­no­cents».

Hom­mage aux vic­times des at­ten­tats

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