Joyeuses fêtes de Pâques et de Cham el-Nes­sim

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Pâques est la cé­lé­bra­tion de la ré­sur­rec­tion du Ch­rist d'entre les morts. Elle est cé­lé­brée ce di­manche par l'Eglise copte or­tho­doxe et les Eglises orien­tales en Egypte, et marque la fin de la Se­maine Sainte, la fin du Ca­rême, et est le dé­but de la sai­son de Pâques de l'an­née li­tur­gique.

Comme nous le sa­vons par les Evan­giles, Jé­sus-Ch­rist est res­sus­ci­té des morts le troi­sième jour après sa cru­ci­fixion, qui se­rait di­manche. Sa ré­sur­rec­tion marque le triomphe du bien sur le mal, le pé­ché et la mort. C'est l'évé­ne­ment sin­gu­lier qui prouve que ceux qui ont confiance en Dieu et ac­ceptent le Ch­rist se­ra res­sus­ci­té des morts.

De­puis que Pâques re­pré­sente l'ac­com­plis­se­ment des pro­messes de Dieu à l'hu­ma­ni­té, c'est la fête la plus im­por­tante du ca­len­drier chré­tien.

Dans les Évan­giles, les dé­tails pré­cis du ré­cit de Pâques va­rient lé­gè­re­ment, mais au­cune de ces dif­fé­rences n'est es­sen­tielle à l'his­toire prin­ci­pale. En fait, on fait va­loir que les dif­fé­rences sont tout sim­ple­ment des ques­tions de style et non sur le fond. Mal­gré les dif­fé­rences, les prin­ci­paux as­pects de l'his­toire de Pâques sont tous si­mi­laires. Sur­tout, ils conviennent que le tom­beau du Ch­rist était bien vide, ce qui est le fait le plus es­sen­tiel.

Com­mé­mo­rant le meurtre du vé­ri­table Agneau de Dieu et de la Ré­sur­rec­tion du Ch­rist, la pierre an­gu­laire sur la­quelle la foi est construite, elle est aus­si la plus an­cienne fête de l'Eglise chré­tienne, aus­si an­cienne que le chris­tia­nisme, le lien entre l'An­cien et le Nou­veau Tes­ta­ment.

Rites an­ces­traux coptes

Cer­tains rites de la Se­maine Sainte dans l’Eglise copte rap­pellent ceux de l’Egypte an­cienne, comme le ri­tuel de l’en­se­ve­lis­se­ment du Ch­rist au soir du Ven­dre­di Saint dont les aro­mates as­surent une vo­lon­té de sur­vie et ce deuil, très ca­rac­té­ris­tique, par­fois mê­lé de joie et d’al­lé­gresse comme dans la nuit du Sa­me­di Saint qui rap­pelle ce deuil qui ac­com­pa­gnait la re­cherche d’Osi­ris et cette grande joie des re­trou­vailles qui existe en­core la nuit de Pâques.

C’est en­core pen­dant cette Se­maine Sainte que sont confec­tion­nés le My­ron (saint chrême) et les huiles saintes avec dif­fé­rents pro­duits odo­ri­fé­rants et en trois coc­tions suc­ces­sives. Tous ces pro­duits ser­vaient à confec­tion­ner les huiles par­fu­mées pour en oindre les sta­tues des dieux dans les temples de l’Egypte an­cienne.

Au soir du Ven­dre­di Saint, après avoir chan­té 400 Ky­rie Elei­son à la file tout en se pros­ter­nant et après l’en­se­ve­lis­se­ment du Ch­rist, les fi­dèles boivent un peu de vi­naigre mé­lan­gé à de la myrrhe en sou­ve­nir du fiel que le Ch­rist avait bu sur la Croix, d’où ce proverbe: "Dé­jeu­ner sur la myrrhe, et une fois ren­trés chez eux ils ne mangent que des plats de cru­di­tés (sa­lades et lé­gumes crus) en sou­ve­nir des herbes amères qui avaient ac­com­pa­gné la man­du­ca­tion de la Pâque chez le peuple de Moïse. D’ailleurs, en signe de deuil, il ne faut ja­mais man­ger des plats chauds comme au soir des en­ter­re­ments, une autre cou­tume pha­rao­nique.

Le lun­di de la Pâque orien­tale, c’est la fête du prin­temps pour tous les Egyp­tiens chré­tiens et mu­sul­mans. Cette fête s’ap­pelle Cham El-Nes­sim, ce qui si­gni­fie: res­pi­rer le zé­phyr.

Le soir de Pâques, les Egyp­tiens mettent un oi­gnon vert sous leur tra­ver­sin afin de le res­pi­rer dès leur ré­veil. Ce jour-là, tout le monde part à la cam­pagne et tous les es­paces verts sont en­va­his. Le me­nu du jour est in­va­ria­ble­ment com­po­sé par les oeufs durs, les oi­gnons verts et le fis­sikh, ce pois­son sa­lé et long­temps sau­mu­ré. Cette fête est l’hé­ri­tière des cé­lé­bra­tions prin­ta­nières de l’Egypte an­cienne.

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