La Ré­sur­rec­tion, la plus im­por­tante fête et l'apo­gée de nos joies

Watani Francophone - - الصفحة الأمامية -

Le pape Ta­wa­dros II a pré­si­dé l'of­fice pas­cal à la ca­thé­drale Saint Marc à Ab­bas­siya où il s'est adres­sé à une foule de fi­dèles et de per­son­na­li­tés of­fi­cielles et pu­bliques.

Dans son mes­sage pas­cal, le pape Ta­wa­dros a fé­li­ci­té les fi­dèles à l'oc­ca­sion de la Ré­sur­rec­tion et pour la joie qu’elle nous pro­digue. Il a pré­sen­té ses voeux à toute l’Eglise copte en tout lieu, aux mé­tro­po­lites, aux évêques, aux prêtres, aux diacres. Il les a pré­sen­tés aus­si aux conseils des églises, aux ser­vi­teurs et aux ser­vantes, aux jeunes, aux en­fants et à toutes les fa­milles chré­tiennes où qu’elles soient. Il a fé­li­ci­té aus­si tous les dio­cèses coptes ré­par­tis dans le monde.

Il a in­di­qué que la fête de la Ré­sur­rec­tion est en ef­fet la plus im­por­tante de nos fêtes et l'apo­gée de nos joies. C’est elle que l'Eglise cé­lèbre quo­ti­dien­ne­ment. En par­lant de la Ré­sur­rec­tion elle se sou­vient du Ch­rist cru­ci­fié. Il est vrai­ment mort et cette mort est confirmée par plu­sieurs té­moi­gnages : ceux du cen­tu­rion, des sol­dats qui mon­taient la garde de­vant le tom­beau, des femmes qui s’y ren­dirent, de Jo­seph d’Ari­ma­thie qui por­ta le Corps du Ch­rist ain­si que Ponce Pi­late de­vant qui il fut ju­gé. D’autres preuves met­tant en évi­dence Sa mort sont le voile du Sanc­tuaire qui se dé­chi­ra en deux, les linges qui furent re­trou­vés dans le tom­beau, la grosse pierre qui le fer­mait et les sol­dats qui mon­tèrent la garde sur l’ordre du gou­ver­neur ro­main. En­fin, le sceau du gou­ver­neur qui fut ap­po­sé sur la porte du tom­beau en est une autre preuve. Le Ch­rist cru­ci­fié est res­sus­ci­té le troi­sième jour comme les fi­dèles le disent et l’at­testent dans l’Acte de Foi. Les anges aus­si té­moi­gnèrent de cette Ré­sur­rec­tion. En ef­fet, un ange dé­cla­ra qu’Il est res­sus­ci­té. Les gardes tom­bèrent à terre tan­dis que les grands-prêtres pro­pa­gèrent de fausses ru­meurs. Les nom­breuses apparitions du Ch­rist de­vant ses dis­ciples, elles aus­si, sont au­tant de preuves. Il faut se sou­ve­nir aus­si du séisme qui ac­com­pa­gna la Ré­sur­rec­tion ain­si que de la pierre qui fut rou­lée de de­vant la porte du tom­beau. Sans ou­blier aus­si la dis­cus­sion qu’eurent les femmes por­tant les aro­mates en al­lant au tom­beau qu’elles trou­vèrent vides car Il était res­sus­ci­té en lais­sant les linges et le suaire là où il avait été en­ter­ré.

La Ré­sur­rec­tion eut lieu au dé­but du pre­mier siècle de notre ère, aux en­vi­ron de l’an 33 après Jé­sus Ch­rist. En cette fête de Pâques il faut donc se po­ser la ques­tion: A quoi nous sert-elle au 21ème siècle?

Quel bé­né­fice ob­te­nir de ce que le Ch­rist soit res­sus­ci­té pour nous? Le pape a par­lé ain­si de l’uti­li­té de la Ré­sur­rec­tion en abor­dant quelques points.

Pre­miè­re­ment, elle nous donne conscience de notre vraie ori­gine cé­leste. Vous êtes tous, hommes et femmes, des créatures et des êtres cé­lestes. Cha­cun a été créé à l’image de Dieu et à sa res­sem­blance: à son image par l’es­prit et à sa res­sem­blance par la vo­lon­té. Mais le pre­mier Homme a mal uti­li­sé cette vo­lon­té. Il s’est ser­vi de la li­ber­té en en­frei­gnant le com­man­de­ment de Dieu et en l’at­tris­tant. Il chu­ta et l’image de Dieu, qui est en lui, s’obs­cur­cit. L’obs­cu­ri­té si­gni­fie une perte de repères, une ab­sence de dis­cer­ne­ment. L’être hu­main de­vint in­ca­pable de voir la Vé­ri­té. Pen­dant un cer­tain temps, Dieu par­la aux Hommes par la voix des pro­phètes puis vint son In­car­na­tion. Le but de tout ce­la était de ra­me­ner cette belle image à la lu­mière et qu’elle soit ré­pa­rée. Puis vint la Ré­sur­rec­tion qui don­na à l’être hu­main un nou­vel éclai­rage. Il de­vint un être lumineux. Pour ce­la le Sei­gneur a dit: «qui­conque croit en moi ne de­meure pas dans les té­nèbres.» (Jean 12: 46). En ef­fet la lu­mière de Pâques éclai­re­ra sa vie et l’image re­vien­dra à son état d’ori­gine. L’Homme re­de­vient vrai­ment à l’image de Dieu et à sa res­sem­blance. Voi­ci la pre­mière uti­li­té : que l’être hu­main re­con­naisse son ori­gine cé­leste.

Deuxiè­me­ment, que l’Homme vive quo­ti­dien­ne­ment dans l’Es­pé­rance et pas uni­que­ment à cer­taines pé­riodes de sa vie. Au­jourd’hui, cha­cun en a gran­de­ment be­soin. Sou­ve­nons-nous donc, a dit le pape, de Ma­rie de Mag­da­la, cette femme déses­pé­rée qui se ren­dait au tom­beau à la re­cherche de son maître et sei­gneur. Lors­qu’elle trou­va un homme qui lui par­lait, elle le prit pour le jar­di­nier. A ce mo­ment-là elle pleu­rait in­ten­sé­ment en re­cher­chant son Ch­rist et, fi­na­le­ment, elle le re­con­nut lors­qu’il l’ap­pe­la par son nom: «Ma­rie!». Alors, elle s’écria «Rab­bou­ni!», c’est-à-dire: Maître. (Jean 20 : 16) Dans ce même ré­cit de la Ré­sur­rec­tion, Jé­sus ap­pa­rut à deux jeunes hommes qui étaient déses­pé­rés et dis­cu­taient de la ré­sur­rec­tion du Ch­rist. Alors Il leur ap­pa­rut tan­dis qu’ils se di­ri­geaient vers Em­maüs, à proxi­mi­té de Jé­ru­sa­lem. A la fin de ce ré­cit, ils se dirent l’un à l’autre: «Notre coeur n’était-il pas brû­lant en nous, tan­dis qu’il nous par­lait sur la route?» (Luc 24 : 32)

Leur déses­poir les quit­ta et fut re­pla­cé par l’Es­pé­rance. De même pour tous les dis­ciples qui étaient rem­plis d’une grande peur. On lit dans le saint Evan­gile qu’ils «furent rem­plis de joie en voyant le Sei­gneur.» (Jean 20 : 20)

Troi­siè­me­ment, par la Ré­sur­rec­tion, l’être hu­main ac­quiert la grâce de l’adop­tion. L’Eglise vit quo­ti­dien­ne­ment cette Ré­sur­rec­tion dans sa prière. Chaque fois que nous ré­ci­tons la prière de l’aube (Prime) nous nous sou­ve­nons de la glo­rieuse Ré­sur­rec­tion qui eut lieu à ce mo­ment de la jour­née. Chaque di­manche, le jour du Sei­gneur, nous nous ras­sem­blons pour la Divine Li­tur­gie, c’est le jour de la Ré­sur­rec­tion, qui est notre cé­lé­bra­tion heb­do­ma­daire. De plus, nous com­mé­mo­rons les trois fêtes de l’An­non­cia­tion, la Na­ti­vi­té et la Ré­sur­rec­tion le 29 de chaque mois copte. Chaque an­née, la fête de Pâques se pro­longe pen­dant les cin­quante jours saints.

Nous re­ce­vons dans le Bap­tême cette belle image par la­quelle nous ob­te­nons la grâce de l’adop­tion. Nous sommes plon­gés trois fois dans l’eau du bap­tis­tère pour sym­bo­li­ser les trois jours que le Ch­rist a pas­sé dans le tom­beau. Lorsque nous nous pré­sen­tons pour com­mu­nier à l’Eu­cha­ris­tie le prêtre dit lors de la confes­sion fi­nale: «ll est don­né pour nous en Sa­lut et en ré­mis­sion des pé­chés et en vie éter­nelle à ceux qui y com­mu­nient.» Lors de chaque li­tur­gie nous nous pré­sen­tons pour com­mu­nier au Corps sa­cré et au Sang pré­cieux afin que notre vie soit re­nou­ve­lée à la lu­mière de la glo­rieuse Ré­sur­rec­tion. «Si vous ne man­gez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne bu­vez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous.» (Jean 6: 53)

De plus, nous ne pou­vons com­prendre le Saint Evan­gile qu’à la lu­mière de la Ré­sur­rec­tion. En ef­fet, nos pères, qui ré­di­gèrent les saintes écri­tures ins­pi­rés par Dieu, le firent à la lu­mière de la glo­rieuse Ré­sur­rec­tion qu’ils avaient vé­cue. La Ré­sur­rec­tion et sa joie sont of­fertes à cha­cun. Il faut que nous ac­qué­rions cette joie et que nous la vi­vions chaque jour de notre vie.

Pâques nous re­nou­velle chaque an­née: Ré­jouis­sez-vous dans la Ré­sur­rec­tion et vi­vez-la. Lors de la prière de mi­nuit nous di­sons: «Le­vons-nous en­fants de la lu­mière pour louer le Dieu des puis­sances» C’est l’ap­pel quo­ti­dien de l’Eglise: «Le­vons-nous en­fants de la lu­mière». Par la Ré­sur­rec­tion nous sommes devenus les en­fants de la lu­mière. Par elle nous nous le­vons et nous louons le Sei­gneur des ar­mées. C’est ce que nous en­seigne per­pé­tuel­le­ment la sainte Bible: «En nul autre que Lui, il n’y a de sa­lut, car, sous le ciel, au­cun autre nom n’est don­né aux hommes, qui puisse nous sau­ver.» (Actes 4 : 12).

Le pape re­çoit les fé­li­ci­ta­tions

Le pré­sident Ab­del Fat­tah al-Sis­si a adres­sé ses fé­li­ci­ta­tions de pâques au pape Ta­wa­dros II et la com­mu­nau­té copte en gé­né­ral.

Il a éga­le­ment of­fert ses fé­li­ci­ta­tions aux Coptes à l'étran­ger à la même oc­ca­sion.

Ont éga­le­ment adres­sé leurs fé­li­ci­ta­tions fes­tives au pape Ta­wa­dros le chef du ca­bi­net pré­si­den­tiel Mous­ta­fa Ché­rif Mah­moud, le mi­nistre de la Dé­fense Sed­ki Sob­hy et le chef d'état­ma­jor des Forces ar­mées Mah­moud Hé­ga­zy.

Le pape avait re­çu à l'An­ba Rou­weis un cer­tain nombre de per­son­na­li­tés pu­bliques ve­nues fé­li­ci­ter Sa Sain­te­té Ta­wa­dros II à l'oc­ca­sion de pâques.

Le mi­nistre des Af­faires par­le­men­taires Mag­dy el Aga­ty et le Se­cré­taire gé­né­ral ad­joint du Ca­bi­net Kha­led Aboul Fadl ont as­sis­té à la messe de Pâques, dé­lé­gués par le Pre­mier mi­nistre Ché­rif Is­maïl.

Sa Sain­te­té a ren­con­tré le Conseiller Ad­ly Hus­sein, an­cien gou­ver­neur de Qa­liou­biya, le Dr Ali Mes­sel­hy, an­cien mi­nistre de la Solidarité so­ciale et M. Mo­ha­med Fayek, Pré­sident du Con­seil na­tio­nal des droits de l'Homme.

De même, le pré­sident de la Chambre des re­pré­sen­tants s'est ren­du à la ca­thé­drale pour pré­sen­ter ses fé­li­ci­ta­tions à l'oc­ca­sion de pâques.

Dr Ali Ab­del Al et cer­tains dé­pu­tés ont ain­si été re­çus par le pape et la ren­contre a été mar­quée par l'af­fec­tion et l'amour.

Les fé­li­ci­ta­tions à cette oc­ca­sion ont aus­si été pré­sen­tées au pape par le pré­sident de l'Union in­ter­na­tio­nale pour le dia­logue interreligieux.

Ar­ri­vé au siège de la ca­thé­drale pon­ti­fi­cale de Saint-Marc à Ab­ba­sia, le Dr Ali el-Sam­mane se trou­vait à la tête de l'Union in­ter­na­tio­nale du dia­logue interreligieux. A cette même oc­ca­sion, le nonce apos­to­lique s'est ren­du à la ca­thé­drale pour pré­sen­ter ses voeux de Pâques.

L'Ar­che­vêque Bru­no Ma­za­ro et son as­sis­tant Co­rian Mat­thew ont ain­si été re­çus par Sa Sain­te­té le pape dans une am­biance mar­quée par l'af­fec­tion et l'amour

Sa Sain­te­té le pape Ta­wa­dros II d'Alexan­drie a en outre re­çu Dr Sa­har Nasr, mi­nistre de la Co­opé­ra­tion in­ter­na­tio­nale, et le mi­nistre de la Pla­ni­fi­ca­tion, Dr Achraf el-Ara­bi.

SS Ta­wa­dros II a en outre re­çu une dé­lé­ga­tion mi­li­taire di­ri­gée par le gé­né­ral Med­hat el-Had­dad. La dé­lé­ga­tion a fé­li­ci­té Sa Sain­te­té le pape Ta­wa­dros II d'Alexan­drie pour pâques et a te­nu à ex­pri­mer les sou­haits de paix et d'amour pour les coptes et tous les Egyp­tiens.

La glo­rieuse Ré­sur­rec­tion est une joie, nous prions pour qu’elle de­meure dans le coeur de chaque être hu­main. Que, dans sa vie, cha­cun se ré­jouisse de cette Ré­sur­rec­tion. Qu’il le fasse chez lui par­mi sa fa­mille, sur son lieu de tra­vail, dans son ser­vice et à l’église quo­ti­dien­ne­ment. Que cette Ré­sur­rec­tion de­vienne la joie quo­ti­dienne de chaque être hu­main. Qu’il s’en sou­vienne dès le ré­veil et qu’elle soit son éter­nel re­nou­vel­le­ment.

Pho­tos: Ra­my Har­by

Newspapers in French

Newspapers from Egypt

© PressReader. All rights reserved.