Le ter­ro­risme hi­deux tente de s'im­po­ser en fin de ra­ma­dan

Watani Francophone - - الصفحة الأمامية -

Les nou­velles cir­cu­lant à tra­vers les dif­fé­rents mé­dias sont sur­pre­nantes et im­pres­sion­nantes, et pour­raient pro­vo­quer la pa­nique et le cha­grin pour le ré­sul­tat des ac­tions de cer­tains ex­tré­mistes, sous cou­vert de la re­li­gion, en dé­pit du dé­ve­lop­pe­ment scien­ti­fique et tech­no­lo­gique et la crois­sance ho­ri­zon­tale et ver­ti­cale de toutes les po­ten­tia­li­tés de la vie qui sont riches en di­men­sion hu­maine et environnementale.

Mal­gré tout ce po­ten­tiel hu­main, et la ri­chesse des res­sources na­tu­relles, nous sommes confron­tés à une vague de ter­ro­risme aveugle, de sub­ver­sion et de des­truc­tion; ce­ci à tra­vers le ter­ro­risme de la pen­sée et de l'es­prit bor­né in­ca­pable de dis­tin­guer entre ce qui est vrai ou faux.

De­puis de nom­breuses an­nées, notre pays est confron­té, ain­si que plu­sieurs autres ré­gions du monde, à une vague de ter­ro­risme, de vio­lence et d'as­sas­si­nat ; l'ef­fon­dre­ment de la sé­cu­ri­té dans cer­tains pays a me­né à cette si­tua­tion et fait des di­zaines de mil­liers de morts et des mil­lions de dé­pla­cés à l'in­té­rieur de ces pays.

Les mu­sul­mans du monde en­tier ont cé­lé­bré mer­cre­di der­nier l’Aïd el-Fi­tr, qui marque la fin du mois du ra­ma­dan. Cette an­née, la fête avait un goût amer dans plu­sieurs pays du­re­ment tou­chés par les at­ten­tats per­pé­trés la der­nière se­maine du mois sa­cré pour les mu­sul­mans.

A Is­tan­bul, Dac­ca, Bag­dad ou Mé­dine, en l’es­pace de quelques jours, des cen­taines de per­sonnes sont mortes dans des at­taques der­rière les­quelles plane l’ombre du groupe Etat is­la­mique (EI), même si l’or­ga­ni­sa­tion ter­ro­riste ne les a pas toutes re­ven­di­quées. L’EI avait pré­ve­nu cette an­née qu’elle pro­fi­te­rait de cette pé­riode de re­cueille­ment pour frap­per sans re­lâche. Son but étant d’im­po­ser aux mu­sul­mans sa vi­sion to­ta­li­taire d’un ra­ma­dan de sang, alors que le mois de jeûne est mar­qué dans l’is­lam par la so­li­da­ri­té et la pié­té.

Is­tan­bul

A l’aé­ro­port international Atatürk d’Is­tan­bul, il est en­vi­ron 22 heures mar­di 29 juin quand trois ka­mi­kazes ouvrent le feu dans l’un des ter­mi­naux avec des fu­sils-mi­trailleurs sur des pas­sa­gers et des po­li­ciers en fac­tion, avant de se faire ex­plo­ser.

Une se­maine après l’at­taque, le der­nier bi­lan du triple at­ten­tat-sui­cide est de 45 morts, dont 19 étran­gers.

Cette at­taque, la qua­trième et la plus meur­trière en Tur­quie de­puis le dé­but de l’an­née, n’a pas été re­ven­di­quée, mais les res­pon­sables turcs ont poin­té très vite l’or­ga­ni­sa­tion Etat is­la­mique. Dans le cadre de l’en­quête, la po­lice a ar­rê­té 24 per­sonnes à Is­tan­bul, dont 15 étran­gers, se­lon l’agence de presse .

Dac­ca

Une ving­taine de clients sont at­ta­blés, ven­dre­di 1er juillet aux alen­tours de 21 heures, quand un com­man­do ar­mé fait ir­rup­tion dans le res­tau­rant Ho­ley Ar­ti­san, si­tué dans le quar­tier di­plo­ma­tique de Dac­ca, la ca­pi­tale du Ban­gla­desh. Com­mence alors une prise d’otages qui pren­dra fin au pe­tit ma­tin avec l’as­saut des forces de sé­cu­ri­té, et se sol­de­ra par la mort de vingt otages et de cinq as­saillants.

Le sort d’un sixième jeune homme, tué par les forces de l’ordre, de­meure obs­cur. Ini­tia­le­ment pré­sen­té comme un as­saillant, il pour­rait s’agir d’un em­ployé de cui­sine abat­tu ac­ci­den­tel­le­ment par la po­lice. Un sep­tième sus­pect a été ar­rê­té.

Se­lon les té­moi­gnages de plu­sieurs sur­vi­vants, les as­saillants ont sé­pa­ré les Ban­gla­dais des étran­gers avant de se li­vrer à leur car­nage à l’arme blanche. Au to­tal, neuf Ita­liens, sept Ja­po­nais, deux Ban­gla­dais, une Amé­ri­caine et une étu­diante in­dienne ont per­du la vie dans cette at­taque re­ven­di­quée ra­pi­de­ment par Aa­maq, l’or­gane de pro­pa­gande de l’or­ga­ni­sa­tion Etat is­la­mique.

Le gou­ver­ne­ment, qui nie la pré­sence de l’EI dans le pays, a lui dé­cla­ré que tous les as­saillants ap­par­te­naient au Ja­maey­tul Mu­jah­deen Ban­gla­desh (JMB), un groupe is­la­miste lo­cal in­ter­dit.

Bag­dad

Sa­me­di 2 juillet, après l’if­tar , le re­pas de rup­ture du jeûne du ra­ma­dan, les ha­bi­tants de Bag­dad pro­fitent de la dou- ceur du soir pour faire leurs courses dans l’ar­tère com­mer­çante du quar­tier de Kar­ra­da, pré­pa­rant les fes­ti­vi­tés de la fin du mois sa­cré. C’est dans cette rue bon­dée qu’un ka­mi­kaze de l’EI fait ex­plo­ser sa voi­ture pié­gée, tuant près de 220 per­sonnes, et per­pé­trant ain­si l’at­ten­tat le plus meur­trier dans ce pays de­puis des an­nées. La puis­sante dé­fla­gra­tion a pro­vo­qué des in­cen­dies et ra­va­gé plu­sieurs im­meubles et échoppes aux alen­tours.

Se­lon le centre amé­ri­cain de sur­veillance de sites dji­ha­distes SITE, l’EI a pré­ci­sé dans sa re­ven­di­ca­tion que l’at­ten­tat avait été com­mis près d’un ras­sem­ble­ment de chiites, com­mu­nau­té mu­sul­mane ma­jo­ri­taire en Irak et consi­dé­rée comme hé­ré­tique par l’or­ga­ni­sa­tion ter­ro­riste sun­nite.

Le mi­nistre ira­kien de l’in­té­rieur a pré­sen­té sa dé­mis­sion deux jours après l’at­taque – nou­velle ten­ta­tive pour apai­ser la co­lère contre le gou­ver­ne­ment, ac­cu­sé d’échouer à mettre en place des me­sures de sé­cu­ri­té ef­fi­caces à Bag­dad, en dé­pit de l’aide de la coa­li­tion in­ter­na­tio­nale di­ri­gée par les Etats-Unis.

Ara­bie saou­dite

Le len­de­main de l’at­ten­tat de Bag­dad, lun­di 4 juillet, c’est l’Ara­bie saou­dite qui est frap­pée à son tour par une vague d’at­ten­tats-sui­cide, rare dans le royaume. Trois ka­mi­kazes font ex­plo­ser leurs bombes à proxi­mi­té de mos­quées dans trois villes. A Djed­dah d’abord, dans l’Ouest, un homme se fait ex­plo­ser non loin du consu­lat des Etats-Unis, bles­sant lé­gè­re­ment deux agents de sé­cu­ri­té. L’ex­plo­sion se pro­duit juste avant les prières de l’aube, qui marquent le dé­but du jeûne quo­ti­dien pen­dant le mois du ra­ma­dan.

En dé­but de soi­rée, c’est en­suite près d’un lieu de culte à Qa­tif, ca­pi­tale de la mi­no­ri­té chiite dans l’Est, qu’un autre ka­mi­kaze frappe, tuant au moins trois per­sonnes. Presque si­mul­ta­né­ment, une at­taque a lieu de­vant la mos­quée du Pro­phète à Mé­dine, deuxième ville sainte de l’is­lam après La Mecque, très fré­quen­tée par les fi­dèles en ces der­niers jours du ra­ma­dan. Quatre agents de sé­cu­ri­té y perdent la vie et cinq autres sont bles­sés.

Ces at­taques n’ont pas été re­ven­di­quées dans l’im­mé­diat, mais leur mode opé­ra­toire rap­pelle ce­lui de l’EI, qui a re­ven­di­qué plu­sieurs at­ten­tats-sui­cide meur­triers en Ara­bie saou­dite de­puis plus d’un an. Le royaume, poids lourd ré­gio­nal, fait par­tie de la coa­li­tion in­ter­na­tio­nale conduite par les Etats-Unis qui mène la guerre contre l’EI en Irak et en Sy­rie. De­puis plus d’un an, il a mul­ti­plié les ar­res­ta­tions d’is­la­mistes ra­di­caux, et a an­non­cé en 2015 le dé­man­tè­le­ment d’un groupe lié à l’EI – une or­ga­ni­sa­tion qua­li­fiée d’«en­ne­mie de l’is­lam» par le grand muf­ti Ab­de­la­ziz Al-Cheikh, plus haute au­to­ri­té re­li­gieuse sun­nite d’Ara­bie saou­dite.

Al-Ariche

Un prêtre copte égyp­tien a été tué jeu­di 30 juin par balles dans le nord de la pé­nin­sule du Si­naï, dans l'est de l'Egypte, une at­taque re­ven­di­quée par le groupe ji­ha­diste Etat is­la­mique (EI).

Ra­phaël Mous­sa, 46 ans, a été at­teint mor­tel­le­ment lors­qu'un homme non iden­ti­fié lui a ti­ré dans la tête dans la lo­ca­li­té d'al-Ariche. La vic­time ve­nait d'as­sis­ter à une messe à l'église et se trou­vait près de sa voi­ture au mo­ment de la fu­sillade.

Dans un com­mu­ni­qué dif­fu­sé sur les ré­seaux so­ciaux, la branche égyp­tienne de l'EI a re­ven­di­qué l'at­taque, en af­fir­mant que ses hommes avaient ti­ré sur le prêtre ac­cu­sé de "com­battre l'is­lam".

L'EI a com­mis de nom­breux at­ten­tats vi­sant po­li­ciers et sol­dats dans son bas­tion du nord du Si­naï, cette pé­nin­sule dé­ser­tique de l'est, fron­ta­lière avec Is­raël et l'en­clave pa­les­ti­nienne de Ga­za.

En juillet 2013, un autre prêtre copte avait été tué par balles dans la même lo­ca­li­té, trois jours après l'évic­tion du pré­sident is­la­miste Mo­ha­med Mor­si.

Des pro-is­la­mistes avaient en­suite at­ta­qué et in­cen­dié des di­zaines d'églises et de mai­sons chré­tiennes, ac­cu­sant la mi­no­ri­té copte d'avoir sou­te­nu l'évic­tion de Mor­si.

Les or­ga­ni­sa­tions ji­ha­distes dont la branche égyp­tienne de l'EI ont elles aus­si ci­blé des chré­tiens ain­si que des mu­sul­mans ac­cu­sés de col­la­bo­rer avec l'Etat.

Les ob­sèques du père Ra­phaël Mous­sa

A Bag­dad, ras­sem­ble­ment le 5 juillet en hom­mage aux vic­times de l’at­ten­tat

Des Ban­gla­dais viennent dé­po­ser des fleurs de­vant le res­tau­rant Ho­ley Ar­ti­san à Dac­ca

L’ex­plo­sion sur­ve­nue à Mé­dine

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