La France une nou­velle fois tou­chée par un at­ten­tat à Nice

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L'at­mo­sphère dans la­quelle nous vi­vons dans le monde d'au­jourd'hui se ré­fère aux condi­tions dé­sas­treuses et vol­ca­niques de la ten­ta­tive de do­mi­na­tion des groupes mi­li­tants. Ces groupes vivent dans les tra­di­tions et les concepts du pas­sé loin­tain et af­fectent la sta­bi­li­té et l'har­mo­nie dans la com­mu­nau­té. Nous sommes confron­tés dans notre vie à ces mou­ve­ments prô­nant l'in­to­lé­rance re­li­gieuse, l'igno­rance et le doute dans la science, l'art et le sport, et le manque de res­pect pour tout ce qui est nou­veau et en évo­lu­tion. Ces cou­rants af­fectent de nom­breux membres de la so­cié­té, s'en te­nant à des concepts trans­cen­dés, et la dis­cri­mi­na­tion entre les ap­par­te­nances re­li­gieuses.

Dans ce contexte, le pré­sident Fran­çois Hol­lande a an­non­cé, ven­dre­di der­nier, la pro­lon­ga­tion de trois mois de l’état d’ur­gence, qui de­vait ini­tia­le­ment s’ache­ver le 26 juillet, à la suite de l’at­ten­tat meur­trier qui a fait au moins 84 morts à Nice, jeu­di. «Un pro­jet de loi se­ra sou­mis au Par­le­ment d’ici à la se­maine pro­chaine», a-t-il pré­ci­sé lors d’une al­lo­cu­tion té­lé­vi­sée de­puis le pa­lais de l’Ely­sée.

L’at­ten­tat de Nice est «une at­taque dont le ca­rac­tère ter­ro­riste ne peut être nié», a dé­cla­ré dans la nuit de jeu­di à ven­dre­di le chef de l’Etat. «C’est toute la France qui est sous la me­nace du ter­ro­risme is­la­miste», a-t-il af­fir­mé:

«La France a été frap­pée le jour de sa fête na­tio­nale, le 14-Juillet, sym­bole de la li­ber­té, parce que les droits de l’homme sont niés par les fa­na­tiques et que la France est for­cé­ment leur cible».

M. Hol­lande a éga­le­ment dé­cla­ré « dé­ci­dé, sur pro­po­si­tion du Pre­mier mi­nistre, et avec les mi­nistres concer­nés, d’abord que nous al­lons main­te­nir à un haut ni­veau l’opé­ra­tion Sen­ti­nelle, celle qui per­met de mo­bi­li­ser 10.000 mi­li­taires en plus des gen­darmes et des po­li­ciers ». L’opé­ra­tion Sen­ti­nelle pré­voit le dé­ploie­ment per­ma­nent d’au moins 7 000 mi­li­taires en armes en France. Elle a été dé­clen­chée en jan­vier 2015 après les at­taques ter­ro­ristes de Pa­ris.

«J’ai éga­le­ment dé­ci­dé de faire ap­pel à la ré­serve opé­ra­tion­nelle, c’est-à-dire à tous ceux qui à un mo­ment ont été sous les dra­peaux ou dans les ef­fec­tifs de la gen­dar­me­rie pour ve­nir sou­la­ger les ef­fec­tifs de po­li­ciers et de gen­darmes, a-t-il ajou­té. Nous pour­rons les dé­ployer sur tous les lieux où nous avons be­soin d’eux et en par­ti­cu­lier pour le contrôle des fron­tières».

Quelques ins­tants plus tard, le mi­nistre de l’In­té­rieur, Ber­nard Ca­ze­neuve, a an­non­cé que le plan Vi­gi­pi­rate était re­haus­sé en «alerte at­ten­tat» dans les Alpes-Ma­ri­times.

L’état d’ur­gence avait été dé­cré­té par le chef de l’Etat après les at­ten­tats du 13 no­vembre 2015, qui ont fait 130 morts, il a été pro­lon­gé trois fois, en no­vembre, fé­vrier et mai. La der­nière pro­lon­ga­tion, le 19 mai, avait été de deux mois, contre trois mois les fois pré­cé­dentes, pour as­su­rer la sé­cu­ri­té de l’Eu­ro 2016 de foot­ball et du Tour de France de cyclisme.

La loi dite «de ré­forme pé­nale», pu­bliée le 4 juin au Jour­nal of­fi­ciel, de­vait per­mettre en­suite de ren­for­cer l’ar­se­nal po­li­cier et ju­di­ciaire dans la lutte contre le ter­ro­risme. Cette loi, «ce n’est pas une trans­po­si­tion de l’état d’ur­gence, mais c’est un ou­til qui per­met de se pas­ser de l’état d’ur­gence», avait alors ex­pli­qué le rap­por­teur so­cia­liste du texte à l’As­sem­blée na­tio­nale, le dé­pu­té de Seine-Saint-De­nis Pas­cal Po­pe­lin.

«Nous al­lons ren­for­cer nos ac­tions en Sy­rie et en Irak. Nous al­lons conti­nuer à frap­per ceux qui nous at­taquent dans leur re­paire», a éga­le­ment af­fir­mé M. Hol­lande, lais­sant pen­ser qu’il at­tri­buait la res­pon­sa­bi­li­té de l’at­ten­tat à l’or­ga­ni­sa­tion Etat is­la­mique (EI), sans tou­te­fois la men­tion­ner ex­pli­ci­te­ment.

Jeu­di soir, un ca­mion a fon­cé dans la foule sur la pro­me­nade des An­glais, à Nice, pen­dant le feu d’ar­ti­fice du 14 Juillet, fai­sant plu­sieurs vic­times.

Le vé­hi­cule au­rait rou­lé à pleine vi­tesse sur une dis­tance de 2 km, sus­ci­tant un mou­ve­ment de pa­nique. Des coups de feu ont éga­le­ment été en­ten­dus.

Au moins 84 per­sonnes sont mortes et 18 se trou­vaient "en ur­gence ab­so­lue", d'après le mi­nis­tère de l'In­té­rieur.

De­vant le Pa­lais de la Mé­di­ter­ra­née, un luxueux com­plexe hô­te­lier, le ca­mion blanc était im­mo­bi­li­sé, quelques heures après l'at­taque, les pneus cre­vés, la porte pas­sa­ger cri­blée d'im­pacts de balles.

D'après des té­moi­gnages confir­més par des sources proches de l'en­quête, le chauf­feur du ca­mion a ti­ré avec un pis­to­let avant d'être abat­tu. Une "gre­nade in­opé­rante" et des "armes longues fac­tices" au­raient éga­le­ment été trou­vées dans le ca­mion.

Des pa­piers d'iden­ti­té ont été re­trou­vés à l'in­té­rieur du vé­hi­cule. D'après les pre­miers élé­ments de l'en­quête, ces pa­piers d'iden­ti­té ap­par­tiennent au chauf­feur, un in­di­vi­du fran­co-tu­ni­sien do­mi­ci­lié à Nice et connu des ser­vices de po­lice pour des faits de dé­lin­quance, qui n'était ce­pen­dant pas fi­ché "S".

La po­lice a me­né ven­dre­di ma­tin une per­qui­si­tion au do­mi­cile de l'au­teur de l'at­taque, d'après le quo­ti­dien "Ni­ceMa­tin". "Nous igno­rons si il avait des com­plices", a in­di­qué Fran­çois Hol­lande.

Le par­quet de Nice a été des­sai­si de l'en­quête qui a été confiée à la sec­tion an­ti­ter­ro­riste du par­quet de Pa­ris.

Le chef de l'État fran­çais a réuni un conseil res­treint de sé­cu­ri­té et de dé­fense ven­dre­di ma­tin. Peu après l’at­taque de Nice, un in­cen­die a été dé­cla­ré à Pa­ris, au pied de la Tour Eif­fel, où avait été ti­ré le tra­di­tion­nel feu d’ar­ti­fice du 14 juillet, de­vant plu­sieurs di­zaines de mil­liers de per­sonnes. Mais il s’agis­sait d’un in­cen­die de ca­mion au pont d’Ié­na.

Ré­ac­tions mon­diales

Les ré­ac­tions po­li­tiques se sont mul­ti­pliées dans la nuit de jeu­di à ven­dre­di après l’at­taque san­glante qui a frap­pé la ville de Nice, dans le sud de la France. Plu­sieurs di­ri­geants étran­gers ont fait part de leur sou­tien.

Après l’at­taque meur­trière qui a fait des di­zaines de morts à Nice, lors des fes­ti­vi­tés du 14-Juillet, les ré­ac­tions du monde po­li­tique se sont suc­cé­dé.

Le pré­sident Ab­del-Fat­tah al-Sis­si a condam­né ven­dre­di avec les termes les plus forts l'at­taque ter­ro­riste qui a eu lieu dans la ville fran­çaise de Nice jeu­di soir.

Le pré­sident égyp­tien a éga­le­ment ex­pri­mé ses sin­cères condo­léances au pré­sident fran­çais Fran­çois Hol­lande et sa sym­pa­thie aux gou­ver­ne­ment et peuple fran­çais dans le com­mu­ni­qué pu­blié par la pré­si­dence égyp­tienne.

Al-Sis­si a éga­le­ment ex­pri­mé la pleine so­li­da­ri­té de l'Egypte avec tous les ef­forts in­ter­na­tio­naux qui visent à lut­ter contre le ter­ro­risme qui ne se li­mite à une cer­taine fron­tière ou re­li­gion.

Al-Sis­si a ex­pri­mé sa pleine confiance que, dans de tels in­ci­dents ter­ro­ristes, la vo­lon­té des pays et peuples épris de paix ne va ja­mais fai­blir.

Tous les ef­forts in­ter­na­tio­naux de­vraient être unis dans le cadre d'une stra­té­gie glo­bale de lutte contre le ter­ro­risme qui cherche à sa­per la sta­bi­li­té et la sé­cu­ri­té dans toutes les par­ties du monde, se­lon le com­mu­ni­qué.

Al-Az­har a condam­né ven­dre­di l'at­taque de ca­mion mor­tel à Nice à la fête na­tio­nale de la France, ex­hor­tant l'uni­té pour «dé­bar­ras­ser le monde» du «ter­ro­risme».

En France, plu­sieurs per­son­na­li­tés po­li­tiques ont ex­pri­mé leur sou­tien à cette ville du sud-est de la France. La maire de Pa­ris, Anne Hi­dal­go, dont la ville a été en­deuillée à plu­sieurs re­prises en 2015 et 2016, a dé­non­cé un "acte bar­bare" qui a "frap­pé aveu­glé­ment des in­no­cents, réunis sur la pro­me­nade des An­glais pour cé­lé­brer notre fête na­tio­nale et les va­leurs fon­da­trices de notre Ré­pu­blique".

À sa de­mande, les dra­peaux des bâ­ti­ments pa­ri­siens se­ront mis en berne ven­dre­di ma­tin en hom­mage aux vic- times de l'at­ten­tat de Nice.

Le Conseil fran­çais du culte mu­sul­man (CFCM) a condam­né lui aus­si avec "la plus grande vi­gueur" l’at­taque. "La France vient d'être tou­chée une nou­velle fois par un at­ten­tat d'une gra­vi­té ex­trême", dé­plore dans un com­mu­ni­qué le CFCM, en condam­nant cette at­taque "odieuse et ab­jecte qui vise notre pays le jour même de la Fête na­tio­nale qui cé­lèbre les va­leurs de li­ber­té, d'éga­li­té et de fra­ter­ni­té". Il ap­pelle éga­le­ment les mu­sul­mans de France à prier ven­dre­di "à la mé­moire des vic­times de cette at­taque bar­bare".

À l’in­ter­na­tio­nal, plu­sieurs di­ri­geants ont fait part de leur tris­tesse et de leur sou­tien au peuple fran­çais. Le pré­sident des États-Unis Ba­rack Oba­ma a fer­me­ment condam­né jeu­di soir "ce qui semble être une hor­rible at­taque ter­ro­riste" à Nice. "Nous sommes so­li­daires de la France, notre plus vieil al­lié, au mo­ment où elle fait face à cette at­taque", a dé­cla­ré Ba­rack Oba­ma dans un com­mu­ni­qué.

Le pré­sident amé­ri­cain pré­cise qu'il a de­man­dé à ses équipes d'être en contact avec les res­pon­sables fran­çais et que les États-Unis ont of­fert "toute aide dont ils pour­raient avoir be­soin pour me­ner l'en­quête sur cette at­taque et tra­duire les res­pon­sables en jus­tice".

"Nous sa­vons que les va­leurs de la Ré­pu­blique fran­çaise per­du­re­ront long­temps après ces pertes de vies tra­giques et dé­vas­ta­trices", conclut-il.

"Les Ca­na­diens sont bou­le­ver­sés par l'at­ten­tat (jeu­di) soir à Nice", a pour sa part in­di­qué Jus­tin Tru­deau, Pre­mier mi­nistre du Ca­na­da, sur son compte Twit­ter. "Notre sym­pa­thie va aux vic­times et notre so­li­da­ri­té au peuple fran­çais", a-t-il ajou­té.

Le ca­bi­net de la nou­velle Pre­mière mi­nistre bri­tan­nique The­re­sa May s'est dit "cho­qué et in­quiet" par les évé­ne­ments de Nice, et a in­di­qué que The­re­sa May était te­nue in­for­mée sur ce "ter­rible in­ci­dent". "Nous sommes prêts à ai­der tous les ci­toyens bri­tan­niques et à sou­te­nir nos par­te­naires fran­çais", a ajou­té le porte-pa­role de The­re­sa May, qui a suc­cé­dé à Da­vid Ca­me­ron mer­cre­di.

Le maire de New York, Bill de Bla­sio, s'est dit "écoeu­ré" par l'at­ten­tat "in­sen­sé" de Nice.

Les Ni­çois ren­dant hom­mage aux vic­times au len­de­main de l'at­ten­tat ter­ro­riste

Fran­çois Hol­lande prend la pa­role le 15 juillet dans la nuit

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