Le Pape Ta­wa­dros in­voque Dieu et le pré­sident lance un ap­pel

Watani Francophone - - الصفحة الأمامية - Mi­chael Vic­tor Ma­ri­na El-qes Bar­soum

"Sau­vez notre pays, et par­don­nez à ceux qui nous ont of­fen­sés. Les villes et vil­lages à tra­vers notre pays gar­dez-les". Ain­si, le pape Ta­wa­dros II d'Alexan­drie a pro­non­cé ses prières au Sei­gneur de­vant l'au­tel de l'an­cienne re­mar­quable église de la Vierge du même rem­part où s'est ré­fu­gié le pa­triarche, le 62ème Pape Abram Ibn Za­rea, et ses prières ont été exau­cées lors du trans­fert des fa­laises du Mo­qat­tam, à l'époque du ca­life fa­ti­mide Moez Li­dine Il­lah. Cette église a été sur­nom­mée l'église sus­pen­due car elle fut construite sur les deux tours de l'an­cienne for­te­resse ro­maine de Ba­by­lone, et est de­ve­nue le pre­mier siège Pon­ti­fi­cale qui a été of­fi­ciel­le­ment trans­fé­ré d'Alexan­drie au Caire au Xe siècle après JC sous le règne du Pape Ch­ris­to­dou­los, soixante-sixième pa­triarche, et ce jus­qu'au XIIIe siècle, sous le règne du pape Yoannes, 88ème Pa­triarche.

Acet égard, pour la troi­sième fois l'église sus­pen­due a re­çu Sa Sain­te­té le pape Ta­wa­dros II avec un ac­cueil ex­cep­tion­nel et cha­leu­reux par les masses de fi­dèles, les an­ciens de l'église, les évêques du groupe pon­tife qui l'ac­com­pa­gnaient dans cet unique ras­sem­ble­ment de son genre qui a été al­loué par Sa Sain­te­té pour prier pour le peuple et l'église par­tout dans la ré­pu­blique.

Le pape Ta­wa­dros a an­nu­lé le ser­mon et s'est mis à prier pour nous à l'église sus­pen­due. Il a dit: Je me suis as­sis beau­coup pour vous par­ler et vous in­for­mer au su­jet de Dieu. Je prends la pa­role au­jourd'hui pour par­ler à Dieu en notre nom et au nom de notre pays. Sa prière était comme suit: Le­vez, O Sei­gneur, toutes les ca­la­mi­tés... O Sei­gneur, par­don­nez tout pé­ché... Ayez pi­tié... Don­nez-nous votre paix... Rem­plis­sez nous d'amour pour tous... Sau­vez notre pays et par­don­nez à ceux qui nous ont of­fen­sés...

Vil­lages et villes à tra­vers notre pays gar­dez-les.

Au dé­but, le Pape a par­lé à l'oc­ca­sion des événements dou­lou­reux de ces der­niers jours et a af­fir­mé qu'il avait per­son­nel­le­ment te­nu à suivre à chaque ins­tant les évo­lu­tions de la tra­gé­die sur­ve­nue à Mi­nya avec des res­pon­sables et dont la plus ré­cente était avec le Pré­sident du Con­seil des mi­nistres, afin d'exa­mi­ner tous en­semble la fa­çon d'ap­pli­quer la loi et de réa­li­ser ce pour quoi nous prions pour notre pays bien-ai­mé, la chère Egypte et tous les mar­tyrs et bles­sés et afin de re­ve­nir à un es­prit égyp­tien au­then­tique de ce qui a été fait lors de la réunion des prières.

Il est à no­ter que le ras­sem­ble­ment a eu lieu sous la conduite du ber­ger de l'Eglise avec des gens confiants que l'on ne se­ra pas ré­duit au si­lence et que ces prières se­ront en­ten­dues par Dieu Tout-Puis­sant, du coeur de notre pays bien-ai­mé l'Egypte.

Se prê­tant aux re­ven­di­ca­tions lé­gi­times des "ci­toyens coptes", dans un dis­cours pro­non­cé jeu­di, le pré­sident Ab­del Fat­tah Al-Sis­si a mis en garde contre les ten­sions sec­taires, re­je­tant la dif­fé­ren­cia­tion entre les Egyp­tiens pour des mo­tifs re­li­gieux, af­fir­mant en outre que les vio­la­tions se­raient confron­tées à la red­di­tion de comptes par la pri­mau­té du droit.

"Qui­conque com­met des er­reurs se­ra te­nu res­pon­sable. Ce­la ne fait au­cun doute, je parle pour moi-même d'abord. Ce­la s'ap­plique à moi aus­si», a dé­cla­ré AlSis­si dans son dis­cours à l'Aca­dé­mie mi­li­taire, alors qu'il as­sis­tait à une cé­ré­mo­nie de gra­dua­tion avant la com­mé­mo­ra­tion de la ré­vo­lu­tion du 23 Juillet 1952.

Les dé­cla­ra­tions du pré­sident sont ve­nues à la suite d'un nombre crois­sant d'at­taques si­gna­lées sur des coptes dans dif- fé­rentes par­ties de l'Egypte, en par­ti­cu­lier dans le gou­ver­no­rat de Mi­nya.

Le pape Ta­wa­dros II a été par­mi les par­ti­ci­pants à la cé­ré­mo­nie. "Per­met­tez-moi de prendre le temps de par­ler de l'uni­té na­tio­nale, comme nous avons mis en garde contre les com­plots vi­sant à sus­ci­ter des conflits entre les Egyp­tiens", a dé­cla­ré Al-Sis­si.

Il a conti­nué en di­sant: «Je vous de­mande s'il vous plaît d'être pru­dents. Nous fai­sons tous par­tie de la na­tion et avons des droits égaux. Ce n'est pas simple de par­ler; ce­la doit être pra­ti­qué. Nous sommes 90 mil­lions de per­sonnes. Si nous conti­nuons à avoir des ré­ac­tions ra­di­cales en­vers les in­ci­dents quo­ti­diens, ce­la ne va pas être dans notre in­té­rêt en tant que na­tion ", a dé­cla­ré Al-Sis­si.

"Nous ne pour­rons pas ac­cep­ter la dis­tinc­tion entre un mu­sul­man égyp­tien et un Copte égyp­tien," a-t-il ajou­té, ap­pe­lant les ins­ti­tu­tions de l'Etat, ain­si que les per­sonnes, à adop­ter des chan­ge­ments de com­por­te­ment à l'égard de la ques­tion.

En ef­fet, le ré­cent as­sas­si­nat d'un Copte et les bles­sures de trois autres dans le vil­lage de Tah­na al-Ga­bal à Mi­nya, à quelque 230 km au sud du Caire, ont pro­vo­qué chez les Coptes un sen­ti­ment de pro­fonde dou­leur et d'amer­tume. L'in­ci­dent in­ter­vient après une longue sé­rie d'at­taques contre les Coptes, dans le court es­pace de temps entre le 24 mai au 17 juillet, pour des rai­sons qui vont de la sus­pi­cion de la cons­truc­tion d'une église, une romance entre un homme copte et une femme mu­sul­mane ou, comme dans le cas le plus ré­cent, un dif­fé­rend dans le­quel les Coptes ont de­man­dé qu'ils soient trai­tés avec di­gni­té. Dans tous les cas, au­cun des coupables n'a été tra­duit en jus­tice; au contraire, les Coptes sont sous pres­sion, me­na­cés et con­traints à une so­lu­tion «conci­lia­trice» avec leurs agres­seurs dans les éta­blis­se­ments hors-cour par­rai­nés par les an­ciens du vil­lage qui sont le plus sou­vent mu­sul­mans, et les po­li­ti­ciens lo­caux et les res­pon­sables de la sé­cu­ri­té. Ces conci­lia­tions obligent les vic­times coptes à re­non­cer à leurs droits légaux et ac­cep­ter les termes d'op­pres­sion de «conci­lia­tion» for­cée sur eux.

L'of­fice fu­nèbre ayant eu lieu pour la vic­time la plus ré­cente, âgée de 27 ans, Fam Ma­ri Kha­laf de Tah­na al-Ga­bal, a vu une ef­fu­sion de la dou­leur et les larmes cour­rou­cées. Une énorme croix en bois a été réa­li­sée pour me­ner le cor­tège fu­nèbre, alors que les femmes se la­men­taient et les hommes étaient af­fli­gés. Les per­sonnes en deuil ont scan­dé des slo­gans pro­non­çant leur fier­té dans leur foi chré­tienne pour la­quelle ils ont été per­sé­cu­tés, et ont conclu avec le court terme ré­pé­ti­tif: "Ya Rabb" (Oh mon Dieu). Se­lon un té­moin ocu­laire, le cri "a se­coué le sol".

An­ba Ma­caire, évêque gé­né­ral de Mi­nya, a pré­si­dé l'of­fice fu­nèbre et a pro­non­cé en pleu­rant un ser­mon qui a por­té sur la mort pré­ma­tu­rée du dé­funt.

Le pape Ta­wa­dros priant à l'église sus­pen­due

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