Le tram­way d'Alexan­drie avance

L'his­toire du tram­way d'Alexan­drie, y com­pris des pho­to­gra­phies, des cartes et des films qui n'avaient ja­mais été pu­bliés au­pa­ra­vant, a été ex­po­sée lors d'une ex­po­si­tion ré­cente sous le titre «Le Tram de Ram­leh, tram­way d'Alexan­drie» à l'Ins­ti­tut cultu­rel

Watani Francophone - - الصفحة الأمامية - Ne­vine Ka­mil

L'ACHS est une col­la­bo­ra­tion entre la Bi­blio­the­ca Alexan­dri­na, la Fon­da­tion Onas­sis, la Fon­da­tion Var­di­noyan­nis et l'Uni­ver­si­té d'Alexan­drie. Le centre est ou­vert à des cher­cheurs du monde en­tier dé­si­reux d'ob­te­nir des di­plômes, des maî­trises et des doc­to­rats, en par­ti­cu­lier dans les études hel­lé­nis­tiques, dans di­verses spé­cia­li­tés en­glo­bant l'his­toire, la lit­té­ra­ture, l'art, l'ar­chéo­lo­gie, l'ar­chi­tec­ture, la phi­lo­so­phie et la science.

Dans le but de pro­mou­voir la riche his­toire de ce tram­way lé­gen­daire, l'Agence Fran­çaise de Dé­ve­lop­pe­ment (AFD) fi­nance le pro­ces­sus de ré­no­va­tion et de mo­der­ni­sa­tion du tram­way, me­né par le gou­ver­no­rat d'Alexan­drie au coût de 300 mil­lions d'eu­ros. Le pro­jet de mo­der­ni­sa­tion doit être réa­li­sé en deux phases en trois ans.

Le tram­way d'Alexan­drie, ou el-tram comme les Alexan­drins l'ap­pellent, était le pre­mier sys­tème de trans­port pu­blic en Egypte et en Afrique. En exis­tence de­puis 1860, il est tou­jours le moyen de trans­port le plus po­pu­laire pour les Alexan­drins aus­si bien que les tou­ristes.

Au cours de sa longue et mouvementée his­toire, le tram­way a four­ni à la fois le trans­port et le di­ver­tis­se­ment pour les Alexan­drins et les vi­si­teurs. Les deux chars jaunes com­mencent leur voyage à Abou-Qir et fi­nissent à la gare de Ram­leh, en pas­sant par les dis­tricts prin­ci­paux d'Alexan­drie et ses pé­ri­phé­ries, y com­pris les ar­rêts à Ras al-Tine, la gare Misr, al-Noz­ha et al-Wer­dayane.

En at­ten­dant le tram, des voi­tures bleues amènent aux régions d'élite de la ville telles que Rou­ch­di, Ba­kous, Zi­zi­nya et Gia­na­clis. La plu­part de ces zones prennent leurs noms des riches étran­gers et pa­chas qui vi­vaient au­tre­fois dans la ville cos­mo­po­lite. Une voi­ture sur le tram bleu est ré­ser­vée aux femmes, mais pen­dant les heures de pointe, les femmes montent dans toutes les voi­tures. Et pour les pas- sa­gers qui sou­haitent pro­fi­ter d'une vue pa­no­ra­mique, il y a un tram­way de classe tou­ris­tique en plein air.

Les tram­ways bleus et jaunes se ren­contrent à la gare de Ram­leh. Le billet pour chaque coûte une livre.

Le pre­mier voyage du tram dé­marre à 4h du ma­tin, la plu­part de ses pas­sa­gers se ren­dant au tra­vail dans des ate­liers et des usines. Le der­nier dé­part part à 1h du ma­tin.

Jus­qu'à la Ré­vo­lu­tion de 1952, la plu­part des conduc­teurs de tram étaient ita­liens et la plu­part des conduc­teurs de billets ve­naient de Malte. En ce temps-là, le tram avait un cha­riot noir sans portes ni fe­nêtres qu'on pou­vait at­ta­cher pour trans­por­ter les cer­cueils de per­sonnes dé­cé­dées.

Mode de vie

Wa­ta­ni était dé­si­reux d'ap­prendre les sou­haits des Alexan­drins concer­nant la mo­der­ni­sa­tion de la cé­lèbre ligne de tram­way.

"De­puis que nous étions en­fants, le tram­way d'Alexan­drie a été pour nous une pas­sion et un mode de vie", a dé­cla­ré Mo­ham­mad Sa­ber, un ha­bi­tant d'Alexan­drie, à Wa­ta­ni.

«C'est le moyen de trans­port le plus simple, sur­tout en heure de pointe lors­qu'il y a des em­bou­teillages», a-t-il ajou­té. "Tout le monde peut se per­mettre le tram, sur­tout si elles sont sur un re­ve­nu li­mi­té. Il est éga­le­ment res­pec­tueux de l'en­vi­ron­ne­ment car il ne cause au­cune pol­lu­tion, bien que cer­tains Alexan­drins qui vivent à cô­té du tram­way se plaignent du bruit.

Un autre homme d'Alexan­drie, Ah­med Sa­la­ma, a dé­cla­ré: "L'au­to­ri­té pu­blique pour l'ad­mi­nis­tra­tion des trans­ports et des tram­ways souffre de­puis des dé­cen­nies de cor­rup­tion. Même si le tram­way des­sert des mil­liers d'étu­diants, de tra­vailleurs et de re­trai­tés, il n'a ja­mais été cor­rec­te­ment mis à ni­veau. Quelques amé­lio­ra­tions in­si­gni­fiantes ont été faites de temps en temps, et le prix du billet a été éle­vé à une livre. Ce­la a ren­du cer­taines per­sonnes à pas­ser à des mi­cro­bus. Main­te­nant que le tram se­ra ré­no­vé, c'est ma sug­ges­tion de gar­der le prix du billet comme il est et de gar­der les iti­né­raires du tram de Ram­leh, mais d'autres iti­né­raires doivent être mo­der­ni­sés et d'autres en­core de­vraient être an­nu­lés. En outre, l'ad­mi­nis­tra­tion du tram­way doit être ré­vi­sée; elle est no­toi­re­ment sur ef­fec­tive et ce­la consti­tue un lourd far­deau sur son bud­get, tan­dis que d'autres ad­mi­nis­tra­tions à Alexan­drie souffrent de pé­nu­rie de main-d'oeuvre. Peut-être se­rait-il bon d'ef­fec­tuer un re­ma­nie­ment.

Fier­té dans le tram

Ah­med al-Gham­ry, un in­gé­nieur alexan­drin, a dit à Wa­ta­ni: «Nous, les ha­bi­tants d'Alexan­drie, sommes fiers du tram­way et nous avons le pri­vi­lège de le com­pa­rer aux autres gou­ver­no­rats égyp­tiens. Je consi­dère donc qu'il est très im­por­tant de le pro­mou­voir afin qu'il conti­nue à ser­vir les Alexan­drins, et aus­si comme un moyen d'at­ti­rer les tou­ristes.

"Le tram jaune a vrai­ment be­soin de ré­no­va­tion car les voi­tures sont dé­la­brées et bon nombre de leurs fe­nêtres sont bri­sées", a dé­cla­ré Wa­faa Guir­gis, une jeune jour­na­liste. "Ce­la rend dif­fi­cile de voya­ger en hi­ver. Nous avons éga­le­ment be­soin d'ho­raires ré­gu­liers pour cer­tains iti­né­raires, et j'es­père que le prix du billet ne va pas aug­men­ter après le pro­ces­sus de mo­der­ni­sa­tion. "

L'étu­diant Bi­shoy An­tar a fait un point très im­por­tant. «Le tram ne de­vrait pas s'ar­rê­ter, sauf dans les gares prin­ci­pales. Les nom­breux ar­rêts servent à ra­len­tir le tra­jet au point où, sur cer­taines routes, les voi­tures bloquent les voies et le tram doit at­tendre au moins 15 mi­nutes. J'es­père que ces dé­fauts pour­raient être évi­tés après la ré­no­va­tion. Une autre ques­tion très im­por­tante est que, pour la sé­cu­ri­té et pour évi­ter les ac­ci­dents, les portes du tram ne de­vraient s'ou­vrir que si le tram­way est ar­rê­té.

Nou­veaux tram­ways

Kha­led Elei­wa, pré­sident de l'Au­to­ri­té gé­né­rale pour le trans­port de pas­sa­gers à Alexan­drie, a dé­cla­ré à Wa­ta­ni que l'étude de fai­sa­bi­li­té du pro­jet et l'étude du pro­jet tech­nique mis en place en 2013 avaient été ap­prou­vées par le mi­nis­tère des Trans­ports.

«Le pro­jet vise à trou­ver des so­lu­tions aux pro­blèmes sur les 37 in­ter­sec­tions de la ligne de tram­way Ram­leh de 14 km, la construc­tion d'un cer­tain nombre de ponts et l'ex­ploi­ta­tion de 30 feux de cir­cu­la­tion élec­tro­niques sur les nou­veaux tram­ways», a-t-il dit. "Ce pro­jet sou­tien­dra l'en­semble du sys­tème de trans­port pu­blic et met­tra un terme au pro­blème ag­gra­vant de la cir­cu­la­tion à Alexan­drie".

Le gé­né­ral Elei­wa a no­té les avan­tages que les amé­lio­ra­tions ap­por­te­raient à la po­pu­la­tion d'Alexan­drie, ain­si qu'aux tou­ristes. "Le vo­lume de voi­tures est trop grand pour les rues d'Alexan­drie, et les gens souffrent des em­bou­teillages ré­sul­tants. La ré­ponse ré­side dans le dé­ve­lop­pe­ment des moyens de trans­port de masse tels que les bus et les tram­ways. Nous nous at­ten­dons à en ti­rer les avan­tages à l'ave­nir. Le nombre quo­ti­dien de pas­sa­gers de tram est au­jourd'hui de 180.000, mais après le dé­ve­lop­pe­ment, les pas­sa­gers pour­rait être au nombre de 300.000.

Se­lon le gé­né­ral Elei­wa, 30 nou­veaux tram­ways ont été pro­po­sés par l'AFD, tan­dis que 30 autres voi­tures se­ront fa­bri­quées par l'ad­mi­nis­tra­tion en col­la­bo­ra­tion avec la Hon­grie.

Le gou­ver­neur gé­né­ral d'Alexan­drie, Ré­da Fa­ra­hat, a ré­cem­ment ren­con­tré Sté­pha­nie Lan­fran­chi, di­rec­trice du bu­reau de l'AFD au Caire, et Na­bil Ha­gla­wi, consul gé­né­ral de France à Alexan­drie, pour des dis­cus­sions dé­taillées sur les pro­jets de dé­ve­lop­pe­ment fi­nan­cés par l'AFD à Alexan­drie. Se­lon Mme Lan­fran­chi, l'AFD a si­gné un pro­to­cole de co­opé­ra­tion avec le mi­nis­tère égyp­tien des Trans­ports lors de la vi­site du pré­sident fran­çais Fran­çois Hol­lande en Egypte en avril der­nier. Le pro­jet d'amé­lio­ra­tion du tram­way de Ram­leh fai­sait par­tie de la liste prio­ri­taire du Mi­nis­tère égyp­tien des Trans­ports.

Les Alexan­drins peuvent dé­sor­mais at­tendre avec im­pa­tience un tram­way à toute sa gloire.

La ré­dac­trice de­vant une pho­to de l'ex­po­si­tion

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