La main du ter­ro­riste ne va ja­mais échap­per à la pu­ni­tion di­vine

Watani Francophone - - الصفحة الأمامية -

Le chef de l’Eglise copte or­tho­doxe, en vi­site en Grèce, est ren­tré pré­ci­pi­tam­ment au Caire dès qu'il a ap­pris la nouvelle de l’at­ten­tat contre ses fi­dèles. Il a conduit lun­di les ob­sèques des vic­times en pré­sence de leurs fa­milles dans l’église de la Vierge Ma­rie et Saint Atha­nase à Nasr Ci­ty. «La main du ter­ro­risme ne pour­ra ja­mais échap­per à la pu­ni­tion di­vine!», a cla­mé le Pape Ta­wa­dros II en cé­lé­brant les ob­sèques des 25 vic­times le 11 dé­cembre der­nier, en l’église Saint-Pierre et Saint-Paul, dans le quar­tier d’Ab­bas­siya au Caire. Vi­si­ble­ment ému, le Pape Ta­wa­dros II se pen­cha sur son bâ­ton et pria tran­quille­ment de­vant les cer­cueils.

Ces vic­times sont des «mar­tyrs» qui «nous unissent au Ciel et font mon­ter notre coeur jusqu’à ceux qui y sont dé­jà et in­ter­cèdent pour nous», a sou­li­gné le Pa­triarche.

«Nous ap­pe­lons notre Église l’Église des mar­tyrs, a ex­pli­qué le Pa­triarche, car de­puis le Ier siècle après Jé­susCh­rist, les coptes ont don­né leur vie en sa­cri­fice par amour pour le Ch­rist». Et ces nou­veaux mar­tyrs coptes ont per­du la vie au cours du mois de Kiahk, mois consa­cré à la Très Sainte Vierge Ma­rie dans le ca­len­drier copte et qui pré­cède Noël, qui est un mois de joie et de louange. Ils mé­ritent donc des «adieux dans le même es­prit de louange», parce que «nous croyons qu’il n’existe pas de mort pour ceux qui aiment Dieu… qu’ils se­ront res­sus­ci­tés dans la joie pour la vie éter­nelle», a in­sis­té le Pa­triarche, es­sayant de trans­mettre à l’as­sem­blée, ac­ca­blée de dou­leur, «de ma­nière simple et désar­mante ce re­gard chré­tien que « le manque de mé­moire» semble le plus souvent voi­ler, en voi­lant cette ca­rac­té­ris­tique du mar­tyre, qui n’a pas son «pa­reil» dans l’his­toire du monde.

Le Pape Ta­wa­dros a af­fir­mé que de telles épreuves ne vont que nous rendre plus so­lides.

Ils sont al­lés au mo­ment de la prière de la Di­vine Li­tur­gie afin d'éle­ver leurs coeurs dans l'église de­vant Dieu qui a ac­cep­té leurs prières et éle­vé leurs coeurs et leurs âmes.

Le Pape a pour­sui­vi en di­sant que nous ne pleu­rons pas comme les autres qui n'ont au­cun es­poir, et ces mar­tyrs nous ap­prennent à être tou­jours prêts à la mort qui n'est pas loin de nous du tout.

Sa Sain­te­té a dit à la fin de son dis­cours que cet in­ci­dent est dou­lou­reux pour le pays dans son en­semble et non seule­ment pour l'église.

Le Pape a re­mer­cié toutes les per­sonnes qui ont pré­sen­té leurs condo­léances, avec en tête le pré­sident Ab­del Fat­tah al-Sis­si et le pape Fran­çois, le chef de l'Etat grec, l'ar­che­vêque de la Grèce et tous les chefs des églises dans le monde et les di­ri­geants lo­caux et du monde qui ont four­ni le réconfort.

Les cer­cueils des 25 mar­tyrs ont été dé­po­sés de­vant l'au­tel, avec les noms de chaque vic­time af­fi­ché sur le cô­té face à la congré­ga­tion.

A l'in­té­rieur de l'église, des ban­nières por­tant les noms des morts étaient ac­cro­chées aux murs. A l'is­sue de l'of­fice, les scouts ont en­ca­dré le cor­tège fu­nèbre au son de l'hymne du Gol­go­tha.

Com­mé­mo­ra­tion ci­vile

Les ob­sèques en pré­sence des fa- milles ont été sui­vies de fu­né­railles d’Etat en pré­sence du pré­sident égyp­tien Ab­del-Fat­tah Al-Sis­si et des membres des au­to­ri­tés au mé­mo­rial du Sol­dat in­con­nu des forces ar­mées, à Nasr Ci­ty.

Les cer­cueils des mar­tyrs étaient en­ve­lop­pés du dra­peau na­tio­nal.

A cette oc­ca­sion, le pré­sident AlSis­si a an­non­cé l'ar­res­ta­tion de quatre sus­pects dans l'en­quête sur l'at­ten­tat. Ab­del Fat­tah al-Sis­si, qui s'ex­pri­mait lors des fu­né­railles des vic­times, a in­di­qué que l'au­teur des faits était un ka­mi­kaze qui por­tait une cein­ture d'ex­plo­sifs. «Trois hommes et une femme (sus­pec­tés d'im­pli­ca­tion dans l'at­ten­tat, ndlr) ont été arrêtés et deux autres per­sonnes sont tou­jours re­cher­chées», a dit le pré­sident. «L'au­teur de l'at­ten­tat est Mah­moud Cha­fiq Mo­ha­med Mous­ta­fa, il a 22 ans et il s'est fait ex­plo­ser à l'aide d'une cein­ture ex­plo­sive, ce n'était pas une bombe», a-t-il ajou­té.

Ab­del Fat­tah al-Sis­si a aus­si pré­ci­sé que «la po­lice a pas­sé la nuit à ras­sem­bler les par­ties du corps du ka­mi­kaze et à l'iden­ti­fier». S'ex­pri­mant de­vant des di­gni­taires ci­vils et re­li­gieux, coptes et mu­sul­mans, le pré­sident a as­su­ré: «C'est un coup qui nous a fait mal mais qui ne va pas nous bri­ser».

Le pré­sident a sa­lué les ef­forts de sé­cu­ri­té pour lut­ter contre le ter­ro­risme, en­joi­gnant à la po­lice et aux forces ar­mées de tra­vailler avec la plus grande pru­dence et vigilance pour as­su­rer la sé­cu­ri­té des ci­toyens.

Al-Sis­si a sa­lué l'uni­té du peuple égyp­tien contre le ter­ro­risme, ajou­tant que ces at­taques "ne fe­ront que les Egyp­tiens soient plus dé­ter­mi­nés à le contrer."

En­fin, Al-Sis­si a dé­cla­ré que le sys­tème ju­di­ciaire ac­tuel ne per­met­trait pas de rendre des comptes aux ter­ro­ristes, compte te­nu des «lé­gis­la­tions dé­fec­tueuses».

Il conclut: "Ce qui est ar­ri­vé, c'est un coup des forces du mal qui se sentent dé­mo­ti­vées. Mais elles ne pour­ront pas dé­truire notre uni­té. "

En­fin, comme a dit le Pape Ta­wa­dros, nous souf­frons beau­coup pour ce mal dé­pour­vu de com­pas­sion, d'hu­ma­ni­té et de sen­ti­ments, mais nous di­sons adieu aux mar­tyrs avec l'es­pé­rance de la ré­sur­rec­tion, com­pre­nant qu'ils se sont dé­pla­cés au mo­ment de jeûne et un di­manche et le di­manche dans notre église sym­bo­lise la ré­sur­rec­tion; nous voyons main­te­nant leurs âmes vo­lantes et la cou­ronne du mar­tyre avec eux...

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