La tour Eif­fel sym­bo­li­que­ment éteinte en signe de sou­tien aux Coptes

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La tour Eif­fel a été sym­bo­li­que­ment éteinte le soir du ven­dre­di 26 mai pour rendre hom­mage aux vic­times de l'at­ten­tat contre des chré­tiens en Egypte. "La com­mu­nau­té chré­tienne d'Egypte a en­core été la cible d'un at­ten­tat bar­bare et lâche. Mes pen­sées vont aux vic­times et à leurs fa­milles", avait écrit la maire de Pa­ris Anne Hi­dal­go sur Twit­ter, en signe de sou­tien aux Coptes.

Le 26 mai, des in­con­nus ar­més ont at­ta­qué un bus trans­por­tant des chré­tiens coptes dans la pro­vince de Mi­nya, dans le sud de l'Égypte. L'in­ci­dent a eu lieu non loin du mo­nas­tère de Saint-Sa­muel le confes­seur.

Dans la ma­ti­née du ven­dre­di, une di­zaine d'hommes mas­qués por­tant «des uni­formes res­sem­blant à ceux des mi­li­taires», se­lon les té­moins sur place, ont ou­vert le feu sur les oc­cu­pants de deux au­to­cars et une ca­mion­nette dans la pro­vince de Mi­nya. À bord, une soixan­taine de coptes dont une qua­ran­taine d'en­fants.

L'at­taque s'est pro­duite sur une route non gou­dron­née qui mène à Ma­gha­gha.

L'un des bus ar­ri­vait de Bé­ni Soueif, l'autre de Mi­nya. Un troi­sième vé­hi­cule trans­por­tant des ou­vriers a aus­si été pris dans les tirs.

Une cen­taine de per­sonnes sont tom­bées dans ce guet-apens. Elles se ren­daient au mo­nas­tère de Saint-Sa­muel pour s'y re­cueillir tout le week-end dans le cadre d'un voyage or­ga­ni­sé, comme ce­la se fait très cou­ram­ment en Égypte.

Se­lon le der­nier bi­lan du mi­nis­tère égyp­tien de la San­té, cette at­taque a fait 29 morts et 25 bles­sés, dont de nom­breux en­fants. L'un des bus trans­por­tait uni­que­ment des en­fants, seule­ment trois ont sur­vé­cu.

En ré­ac­tion, les forces égyp­tiennes ont frap­pé des camps d'en­traî­ne­ment dji­ha­distes, a an­non­cé le pré­sident égyp­tien dans la soi­rée. La té­lé­vi­sion d'Etat a pré­ci­sé que six at­taques, me­nées par l'avia­tion égyp­tienne, avaient vi­sé des «camps d'en­traî­ne­ment ter­ro­ristes» dans la ville de Der­na, à l'est de la Li­bye.

«L'Egypte n'hé­si­te­ra pas à frap­per les camps d'en­traî­ne­ment ter­ro­ristes par­tout, sur son sol comme à l'étran­ger», a-t-il as­su­ré. Il s'est en outre adres­sé au pré­sident amé­ri­cain Do­nald Trump: «Vous avez dit que votre prio­ri­té est de lut­ter contre le ter­ro­risme et j'ai confiance dans le fait que vous êtes ca­pable de le faire». De­puis le G7, son ho­mo­logue amé­ri­cain lui a ré­pon­du, in­di­quant que «le sang des chré­tiens doit ces­ser de cou­ler».

Trois jours après la tue­rie per­pé­trée par l’État is­la­mique contre des pè­le­rins chré­tiens égyp­tiens, dif­fé­rents ré­cits at­testent leur fin ad­mi­rable. Les vic­times ont toutes re­fu­sé d’apos­ta­sier, ce que leur pro­po­saient leurs bour­reaux en échange de la vie sauve.

Il s’agit là du der­nier at­ten­tat an­ti­chré­tien d’une dé­sor­mais longue sé­rie. Dé­but avril, 45 fi­dèles coptes étaient morts dans des at­taques sui­cides com­mises contre deux églises à Tan­ta et Alexan­drie.

Dans le cas de l’at­taque de Mi­nya, se­lon plu­sieurs té­moi­gnages concor­dants, tout semble in­di­quer que les coptes égyp­tiens as­sas­si­nés ven­dre­di, dont de nom­breux en­fants, sont morts en mar­tyrs ob­jec­tifs de la foi. Après avoir dé­pouillé les pè­le­rins de leur ar­gent, de leurs bi­joux et autres ef­fets pré­cieux, les as­sas­sins les au­raient, en ef­fet, in­ci­tés à apos­ta­sier et à pro­non­cer la pro­fes­sion de foi is­la­mique : la ché­ha­da. Les cap­tifs, age­nouillés, au­raient ca­té­go­ri­que­ment re­fu­sé. Ils au­raient été alors im­mé­dia­te­ment abat­tus d’une balle dans la nuque, la tête, la gorge ou la poi­trine.

Le quo­ti­dien Li­bé­ra­tion, dans son édi­tion de lun­di, pu­blie ain­si le re­por­tage poi­gnant de son en­voyé spé­cial dans le village qui dé­plore sept vic­times :

«Une di­zaine d’hommes mas­qués et ar­més nous ont cou­pé la route. Ils nous ont de­man­dé de re­non­cer à Dieu. On leur a dit non, il n’en est pas ques­tion. Alors le mas­sacre a com­men­cé», ra­conte ain­si une femme en­deuillée.

Le père Per­na­ba Faw­zi Ha­nine, qui des­sert la pa­roisse du village, em­ploie sans hé­si­ter le terme de «mar­tyr»:

«Nous de­vons être fiers de nos morts. Au­cun d’entre eux n’a re­nié Dieu. Ils sont morts en croyants. Ce sont nos mar­tyrs».

Le cor­res­pon­dant de l’Agence France Presse, fait état de té­moi­gnages si­mi­laires dans une dé­pêche pu­bliée di­manche 28 mai:

«Ils ont fait des­cendre les hommes du bus, ont pris leur carte d’iden­ti­té et l’or qu’ils avaient sur eux, leur al­liance ou leurs bagues». Puis «ils leur ont de­man­dé de pro­non­cer la pro­fes­sion de foi mu­sul­mane», in­dique Ma­her Taw­fik, un homme ve­nu de Caire à Baní Ma­zar, dans la pro­vince de Mi­nya, sou­te­nir sa pa­roisse en­deuillée.

Le père Ra­shed, comme son confrère du village, sou­ligne aus­si l’hé­roïsme et la fi­dé­li­té des vic­times :

«Ils leur ont de­man­dé de re­nier leur foi chré­tienne, un à un, mais tous ont re­fu­sé», a ra­con­té la prêtre.

Di­manche 28 mai, c’est le Pape Fran­çois lui-même, à l’is­sue de la prière du Re­gi­na Coe­li, qui a uti­li­sé le qua­li­fi­ca­tif de «mar­tyr» pour dé­si­gner les vic­times du mas­sacre: «Les vic­times, dont des en­fants, sont des fi­dèles qui se ren­daient à un sanc­tuaire pour prier, et ils ont été tués après avoir re­fu­sé de re­nier leur foi. Que le Sei­gneur ac­cueille dans sa paix ces cou­ra­geux té­moins, ces mar­tyrs, et qu’il conver­tisse les coeurs des ter­ro­ristes», a sou­li­gné le sou­ve­rain pon­tife.

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