Une rare tombe an­tique dé­cou­verte en Égypte

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Des ar­chéo­logues égyp­tiens ont dé­cou­vert le tom­beau ri­che­ment dé­co­ré d'une prê­tresse de l'Égypte an­cienne, un rare aper­çu de la vie d'une femme de haut- rang il y a plus de 4 000 ans. Le tom­beau est ce­lui de Het­pet, qui était une prê­tresse au ser­vice d'Ha­thor, déesse de l'amour, la beau­té, la mu­sique, la ma­ter­ni­té et la joie dans la my­tho­lo­gie égyp­tienne.

Cette dé­cou­verte marque la pre­mière dé­cou­verte ar­chéo­lo­gique de l'an­née en Égypte. Une dé­cou­verte qui prouve une fois en­core que même après avoir été fouillé de nom­breuses fois de­puis près de deux siècles, le sol égyp­tien cache tou­jours de nom­breux tré­sors.

Elle a été dé­cou­verte dans un ci­me­tière proche des py­ra­mides de Gui­zeh. Les fouilles étaient di­ri­gées par Mos­ta­fa Wa­zi­ri, se­cré­taire gé­né­ral du con­seil su­prême des An­ti­qui­tés. Ce ci­me­tière ren­ferme les tombes de hauts res­pon­sables de la Ve dy­nas­tie des pha­raons (2494-2345 avant J-C), dont cer­taines ont été ex­ca­vées lors de pré­cé­dentes mis­sions ar­chéo­lo­giques.

Le style ar­chi­tec­tu­ral de la tombe, ses dé­co­ra­tions ain­si que son en­trée me­nant à une pièce en forme de L avec un bas­sin sont propres à cette époque. Ses pein­tures mu­rales co­lo­rées, en bon état de conser­va­tion, sont aus­si re­mar­qua­bles_: « Het­pet y est re­pré­sen­tée en train de pê­cher et de chas­ser».

La tombe est en ex­cellent état. Elle est or­née de re­pré­sen­ta­tions en cou­leur de scènes tra­di­tion­nelles: des ani­maux en train de paître, des scènes de pêche, de chasse aux oi­seaux, d’of­frandes, de sa­cri­fice, de cueillette, et des sol­dats. Les pein­tures rep- ré­sentent éga­le­ment des ar­ti­sans tra­vaillant le mé­tal, fa­bri­quant des ob­jets en cuir et des per­sonnes en train de dan­ser. On peut voir par­mi ces per­son­nages plu­sieurs singes, gar­dés à l’époque comme ani­maux do­mes­tiques. Cer­tains sont peints dan­sant de­vant un or­chestre, un autre ra­masse des fruits en por­tant un pa­nier. Un seul autre des­sin de singe dan­sant avait été trou­vé jus­qu’à pré­sent en Égypte, dans une tombe du 12ème siècle si­tuée à Sa­q­qa­rah. Sur le bas­sin de pu­ri­fi­ca­tion de la chambre est gra­vé le nom d'Het­pet, une prê­tresse connue de­puis long­temps des his­to­riens. Elle voue un culte à la déesse Ha­thor, sym­bole de la fer­ti­li­té, de la mu­sique et de la joie, et clas­si­que­ment re­pré­sen­tée sous la forme d’une vache ou d’une femme dont la tête est or­née de cornes en­ca­drant un disque so­laire. Bien que l’Égypte an­cienne ait comp­té peu de prê­tresses, il n’était pas rare que le culte d’Ha­thor mo­bi­lise beau­coup de femmes dans des fonc­tions re­li­gieuses.

Ayant vé­cu sous la Vème dy­nas­tie, du­rant la pé­riode de l’An­cien Em­pire égyp­tien, il est très pro­bable que Het­pet ait été proche de la fa­mille royale égyp­tienne. Cette pé­riode marque l’âge d’or de la cons­truc­tion des py­ra­mides, éri­gées aux cô­tés de nom­breux temples et pa­lais sous l’oeil tout-puis­sant des pha­raons. Les tra­vaux d’ex­ca­va­tion avaient com­men­cé en oc­tobre de l’an­née der­nière, au sein d’un ter­rain dé­jà maintes fois re­tour­né de­puis le 19ème siècle et qui conti­nue pour­tant de li­vrer de nom­breuses sur­prises. C’est une zone très pro­met­teuse. Les ar­chéo­logues pensent y trou­ver beau­coup d’autres choses.

On pense que Het­pet a été une prê­tresse de Ha­thor, la déesse de la fer­ti­li­té que les an­ciens Egyp­tiens croyaient pro­té­ger les femmes pen­dant l'ac­cou­che­ment. Et, bien que sa mo­mie n'ait pas en­core été trou­vée, des frag­ments d'ob­jets ap­par­te­nant à Hep­tet ont dé­jà été dé­cou­verts dans la même ré­gion il y a plus d'un siècle, en 1909.

Elle était une femme consi­dé­rée comme proche de l'an­cienne royau­té égyp­tienne, avait une autre tombe dans la né­cro­pole oc­ci­den­tale de Gui­zeh, qui abrite les tombes des hauts res­pon­sables de l'An­cien Em­pire égyp­tien.

Il est bon de no­ter que dans la my­tho­lo­gie égyp­tienne, Ha­thor est à l'ori­gine une déesse cé­leste confon­due avec Nout. Rê rem­pla­ce­ra Shou en tant que père de Geb et Nout. Ain­si, Nout as­su­ma en par­tie la fonc­tion de Ha­thor comme maî­tresse du sy­co­more, l'arbre qui as­sure aux dé­funts bois­son et nour­ri­ture, et Ha­thor fut re­pré­sen­tée par­tiel­le­ment comme une déesse cé­leste. Son at­tri­but est le mé­nat (col­lier à contre­poids). Consi­dé­rée comme l'oeil de Rê, c'est elle qui, dans la ver­sion de l'Og­doade d'Her­mo­po­lis, châ­tie les hu­mains.

Mais elle est plus connue en tant que déesse des fes­ti­vi­tés et de l'amour. Dans ce rôle, elle est vé­né­rée à Den­dé­rah et as­so­ciée au dieu Ho­rus, dans la ville d'Ed­fou. Ha­thor a pour pa­rèdre Ho­rus (son nom si­gni­fie « De­meure du dieu Ho­rus », ce qui fait d'elle l'épouse du dieu-fau­con) et pour fils Har­som­tous (sur­nom­mé Ho­rus le jeune) et Ihy.

Elle est une des déesses les plus po­pu­laires et im­por­tantes du­rant tout le long de l'his­toire de l'Égypte an­tique, et est vé­né­rée aus­si bien par la fa­mille royale (elle est la nour­rice du pha­raon) que par les gens du com­mun, dans les tombes des­quels elle est dé­crite comme «maî­tresse de l'Ouest», ac­cueillant le mort dans sa nou­velle vie. Elle aide aus­si les femmes à don­ner nais­sance, et est la déesse pa­tronne des mi­neurs.

Elle est éga­le­ment vé­né­rée hors d'Égypte: elle porte les titres de «dame de Nu­bie», «reine de Li­bye», «épouse de Sy­rie» et «grande de Pa­les­tine». Elle est in­té­grée très tôt au pan­théon phé­ni­cien en grande «dame de By­blos», mais aus­si reine du pays de Pount.

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