Ma­ma Mag­gie ho­no­rée par Al-Sis­si à la fête de la mère idéale

Watani Francophone - - الصفحة الأمامية - Lu­cie Awad

Lors de la cé­lé­bra­tion du 21 mars pour mar­quer la fête des mères en Egypte, le pré­sident Ab­del- Fat­tah al- Sis­si a ho­no­ré une pléiade de femmes en tant que « mères idéales de l'an­née » lors d'une cé­ré­mo­nie te­nue au Caire. Par­mi les mères ho­no­rées, il y avait Mag­gie Gou­bran, ou la Mère Te­re­sa l’égyp­tienne connue af­fec­tueu­se­ment sous le nom de Ma­ma Mag­gie, qui tra­vaille de fa­çon mo­nu­men­tale avec la com­mu­nau­té égyp­tienne des éboueurs à tra­vers son ONG « Ste­phen's Chil­dren » . Ma­ma Mag­gie a re­mer­cié le pré­sident al- Sis­si et lui a fait part de ses voeux en lui di­sant: « Que Dieu vous garde » . Elle a dé­cla­ré: "Je conti­nue­rai ma mis­sion avec les en­fants qui vivent dans les zones les plus pauvres".

Ma­ma Mag­gie a dit qu'elle ap­pré­ciait que l'hon­neur vienne dans le cadre de l'em­pres­se­ment de l'État à sou­te­nir le dé­ve­lop­pe­ment et le tra­vail de cha­ri­té.

Ont as­sis­té à la cé­ré­mo­nie la pre­mière dame d'Egypte In­tis­sar al-Sis­si, le Pre­mier mi­nistre Ché­rif Is­maïl, le grand imam Al-Az­har, le cheikh Ah­med Al-Tayyeb, le Pape Ta­wa­dros II, des hauts res­pon­sables, ain­si que des membres du Conseil na­tio­nal de la femme.

Le pré­sident a ho­no­ré «Ma­ma Mag­gie» lors de la fête des mères cette an­née et lui a dé­cer­né l'Ordre gé­né­ral de l'in­té­gri­té en re­con­nais­sance de son rôle dans le ser­vice hu­ma­ni­taire.

A no­ter que Mag­gie Go­bran avait re­çu le prix Charles W. Col­son du Cou­rage et de la Convic­tion de l'Université Bio­la, La Mi­ra­da, en Ca­li­for­nie.

L'an­née der­nière, Ma­ma Mag­gie avait rem­por­té le prix «Fai­seurs d’Es­poir» dé­cer­né par le gou­ver­neur de Du­baï, le cheikh Mo­ha­med ben Ra­ched Al Mak­toum, à la pion­nière du tra­vail ca­ri­ta­tif en Egypte, ce qui est la plus grande ini­tia­tive du genre dans le monde arabe pour ho­no­rer les fai­seurs de don de soi du monde arabe.

L’hon­neur at­tri­bué à Ma­ma Mag­gie a été sa­lué par tous les spectres hu­ma­ni­taires en Egypte et dans le monde. Elle a ap­por­té à l'au­di­toire à tra­vers sa pré­sence avec sa te­nue blanche la ca­rac­té­ri­sant les sen­ti­ments de plai­sir. Ce­ci a été ac­cen­tué par le pré­sent qu’elle a of­fert au chef de l’Etat consis­tant en un «bra­ce­let bleu» qu’al-Sis­si a te­nu à por­ter sur place et qui sym­bo­lise, comme l’a dit une des proches de Ma­ma Mag­gie, l'éner­gie po­si­tive. En fait le bleu est la cou­leur du bien et de la fi­dé­li­té, et les pha­raons ont uti­li­sé la cou­leur bleue et tur­quoise sou­vent en ré­fé­rence au bien, l'abon­dance et la haute consi­dé­ra­tion.

En ce qui concerne le se­cret des uni­formes blancs por­tés tou­jours par Ma­ma Mag­gie, elle a dit dans une de ses in­ter­views à «Wa­ta­ni»: «J’étais avec le pre­mier groupe d'en­fants avec le­quel j’ai tra­vaillé, dont une fille de 13 ans, au dé­but de l'âge de l'ado­les­cence, qui a at­ti­ré mon at­ten­tion car elle ne jouait pas avec le reste des en­fants. Je lui ai de­man­dé : Pour­quoi tu ne joues pas avec les autres ? Elle m’a sur­pris en ré­pon­dant que per­sonne ne vou­lait la fré­quen­ter car elles croyaient toutes qu’elle n’avait que le Tshirt qu’elle por­tait tou­jours. Je lui ai ré­pon­du que l’im­por­tant était ce qu’il y a en elle et non pas l’ap­pa­rence ex- té­rieure. J’ai conve­nu avec elle de ne plus chan­ger mon Tshirt toute la se­maine, et la fille s’est ré­jouie et n'a pas chan­gé éga­le­ment le sien tout au long de cette pé­riode. Le T-shirt était blanc d’où est ve­nue l’idée de la te­nue blanche».

Ma­ma Mag­gie a gran­di dans une fa­mille ai­mant le bien et le don de soi. Son père était un mé­de­cin très dé­voué à son tra­vail, et il était le pre­mier mé­de­cin dans la ville où il a vé­cu, et là son tra­vail oc­cu­pait tout son temps. Sa tante était très proche de lui, et elle avait consa­cré sa vie au ser­vice des pauvres. Mag­gie a ain­si ap­pris à ai­mer le ser­vice des dé­mu­nis. Elle se rap­pelle quand elle ren­trait de l'école et voyait les pa­tients en at­tente de leur tour dans la cli­nique de son père, qui était au pre­mier étage de l'im­meuble d'ha­bi­ta­tion de la fa­mille. Elle voyait sa tante ser­vir les pauvres qui ve­naient à la cli­nique et leur four­nis­sait la nour­ri­ture. Son père et sa tante jouis­saient du res­pect et de l'amour de tout le monde, ce qui a eu un grand im­pact dans son amour et son orien­ta­tion vers le tra­vail de cha­ri­té. Sa pre­mière vi­site aux ré­gions les plus pauvres a eu lieu en 1985 et ses vi­sites se sont ré­pé­tées aux en­fants et leurs fa­milles jus­qu'à la créa­tion de la fon­da­tion "Ste­phen" en 1989.

Con­cer­nant son choix du nom «Ste­phen» pour son as- so­cia­tion, Ma­ma Mag­gie a dit que les en­fants las­sés, souf­frants et op­pri­més sont son but, et avec eux, on se sou­vient de saint Sté­phane qui a af­fron­té la per­sé­cu­tion en étant rem­pli de l'es­prit de notre Sei­gneur. Les en­fants sont comme saint Etienne, les mar­tyrs et les saints sur les­quels ont été lan­cés beau­coup de pierres.

De­puis 1989, Gou­bran a consa­cré sa vie à ser­vir les en­fants pauvres et ou­bliés dans les bi­don­villes égyp­tiens à tra­vers son or­ga­ni­sa­tion. Elle est is­sue d’une fa­mille de la classe moyenne su­pé­rieure et est fi­na­le­ment de­ve­nue une femme d'af­faires pros­père et pro­fes­seur à l'Université amé­ri­caine du Caire.

Elle a en outre tra­vaillé comme confé­ren­cière dans des uni­ver­si­tés, des ins­ti­tuts et des fo­rums in­ter­na­tio­naux, en plus de consul­tante pour des oeuvres de bien­fai­sance et le par­rai­nage de di­verses or­ga­ni­sa­tions ca­ri­ta­tives.

Ce­pen­dant, elle a aban­don­né sa car­rière après avoir vu des en­fants vivre dans une pau­vre­té et une per­sé­cu­tion ab­jecte et a dé­ci­dé de les ser­vir.

L'or­ga­ni­sa­tion de Gou­bran est dé­diée à l'éta­blis­se­ment de re­la­tions avec les fa­milles les plus pauvres et les plus vul­né­rables du Caire. Elle a construit des centres mé­di­caux com­mu­nau­taires et des écoles dans les bi­don­villes et sert des mil­liers d’en­fants et leurs fa­milles. Tous les jours, les Za­ba­line (éboueurs) sont mo­ra­le­ment, pé­da­go­gi­que­ment et spi­ri­tuel­le­ment équi­pés pour ser­vir le monde pour Dieu à tra­vers le mi­nis­tère des En­fants de Sté­phane.

A no­ter que Mag­gie Gou­bran est la cin­quième per­sonne à re­ce­voir le prix an­nuel, que Bio­la a créé en 2014 pour ho­no­rer les per­sonnes qui ont fait preuve d'une grande bra­voure et de foi. Le pré­sident Barry Co­rey lui a re­mis ce prix lors de la deuxième ses­sion.

"Cet hon­neur est pour tout le monde. Pour chaque en­fant qui a faim. Pour tous les vieux qui sont né­gli­gés. Pour chaque jeune homme et femme... qui est op­pri­mé ", a dé­cla­ré Gou­bran à l'au­di­toire ve­nu as­sis­ter à la cé­ré­mo­nie te­nue à l’oc­ca­sion de la re­mise du prix le 14 mars 2018 par le pré­sident de Bio­la, Barry H. Co­rey lors de la 89e confé­rence an­nuelle des mis­sions de Bio­la, une confé­rence de trois jours sur cam­pus à la­quelle as­sis­tait l'en­semble des étu­diants de pre­mier cycle.

"Pour chaque mère et chaque père qui manque à leurs en­fants. Pour chaque es­prit de vie qui est gas­pillé. Nous les ho­no­rons et leur di­sons au­jourd'hui, à par­tir d'ici, quel­qu'un prie pour eux. Quel­qu'un s'en sou­cie. "

Gou­bran a éga­le­ment ani­mé sa propre séance d'ate­liers dans l'après-mi­di, ra­con­tant aux par­ti­ci­pants la foi des 21 mar­tyrs en Égypte et en cou­ra­geant les étu­diants à s'ac­cro­cher aux rêves que Dieu leur donne.

"Il a le pou­voir. Il contrôle le monde en­tier. Par­fois, nous pen­sons que nous sommes ceux qui ré­solvent le pro­blème. C'est son monde et nous comp­tons sur lui to­ta­le­ment et il est ca­pable dans toute la sa­gesse et toute la puis­sance, alors pour­quoi nous in­quié­ter? Con­cen­trez-vous sur lui, "a no­té Gou­bran. "Vous ap­pré­cie­rez da­van­tage la vie et vous de­vien­drez un ga­gnant, car c'est lui qui porte cha­cun de nous", a-t-elle conclu.

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