Adieu Mi­chel El-Mas­ry, Com­po­si­teur des "Nuits de Hel­miya"

Watani Francophone - - الصفحة الأمامية - Mi­chael Vic­tor

Dans la soi­rée du sa­me­di 30 juin s’est éteint le grand mu­si­cien, Mi­chel El-Mas­ry, qui a pré­sen­té plus de 100 oeuvres d'art com­pre­nant des bandes so­nores et des feuille­tons dont les plus im­por­tantes étaient "Nuits de Hel­miya", "Fa­mille de Met­wal­li", "Pas de Dieu sans Al­lah."

La mi­nistre de la Culture, Dr Inas Ab­del Dayem a dé­cla­ré que le mi­lieu ar­tis­tique en Egypte et le monde arabe a per­du un de ses créa­teurs après avoir lais­sé une marque im­por­tante dans le do­maine de la mu­sique, le dé­cri­vant comme l'un des mu­si­ciens les plus im­por­tants dans le monde arabe.

L’of­fice fu­nèbre du re­gret­té mu­si­cien Mi­chel El-Mas­ry a eu lieu à l'église de la Vierge Ma­rie à Ma­ra­sh­ly à Za­ma­lek au Hall du Pape Che­nou­da III.

Ont te­nu à as­sis­ter à l’of­fice un grand nombre d'ama­teurs et de proches du dé­funt mu­si­cien, ain­si que la chan­teuse Gha­da Ra­gab.

.Il est à noter que Gha­da Ra­gab te­nait à s’ex­pri­mer dans sa né­cro­lo­gie en ces termes: «Mon bie­nai­mé et père, le grand mu­si­cien créa­teur et tendre Mi­chel El-Mas­ry, au­teur de l’ou­vrage le plus cé­lèbre dans le drame égyp­tien «Les nuits de Hel­miya» et bien d'autres, je prie pour lui et de­mande à Dieu de lui ac­cor­der mi­sé­ri­corde et par­don».

El-Mas­ry, de son vrai nom Mi­khaïl Ha­bib Na­kh­la, est né en 1933 au Caire. Bien que le père d'El-Mas­ry qui était mar­chand ait ai­mé la mu­sique, il était op­po­sé à son fils qui vou­lait pour­suivre la car­rière de mu­si­cien.

Mal­gré ce­la, El-Mas­ry a étu­dié l'art et la mu­sique et re­joint l'Ins­ti­tut d'art Léo­nard de Vin­ci au Caire après avoir ter­mi­né ses études se­con­daires en 1948.

A noter que Mi­chel était le seul égyp­tien à cet ins­ti­tut ita­lien, c’est pour­quoi il a re­çu le sur­nom de «El-Mas­ry» (l’égyp­tien).

L'an­née sui­vante, il a re­joint l'Ins­ti­tut Fouad 1er de la mu­sique arabe.

Bien qu'il fût un vio­lo­niste, le di­rec­teur de l'ins­ti­tut Fouad 1er lui a de­man­dé d'étu­dier la cor­nette en cuivre.

Mi­chel El Mas­ry est l'un des vio­lo­nistes les plus cé­lèbres. Il a joué avec Oum Kal­thoum avec ses der­niers concerts dans les chan­sons "Agha­dan Al­kak» (Te ren­con­tre­raije demain ?), «La­gl Oyou­nak» (Pour tes yeux), «Ya Me­sa­har­ny» (Toi qui me fait veiller), «Lei­let hob» ( Une nuit d'amour ).

La peur et l'an­xié­té do­mi­naient sa re­la­tion avec «Oum Kal­thoum» vu qu’il avait en­ten­du dire qu’elle hu­mi­liait les mu­si­ciens et n'ai­mait pas que l'un d'eux dé­passe les bornes avec elle, et 25 ans après s’être abs­te­nu de pas trai­ter avec elle, ses amis l’ont convain­cu de me­ner l'ex­pé­rience de col­la­bo­ra­tion avec elle, et sur­tout qu’elle avait tou­jours ex­pri­mé ce dé­sir.

Mi­chel a ra­con­té son his­toire avec «Oum Kal­thoum» où il était mé­fiant que la grande star l’ac­cueille cha­leu­reu­se­ment, vu qu’il était le mieux payé par­mi les mu­si­ciens qui ont tra­vaillé avec elle.

Il était un mu­si­cien qui s’est joint au groupe de dia­mant, jouant et dis­tri­buant de la mu­sique pour des di­zaines d’ex­traits, et il a joué avec le groupe Rah­ba­ni avec la chan­teuse li­ba­naise Faï­rouz.

L’étape de Faï­rouz dans la vie de Mi­chel El-Mas­ry était im­por­tante, où il a tou­jours par­lé dans ses in­ter­views té­lé­vi­sées, en sou­li­gnant qu'il avait tou­jours ap­pré­cié cette ex­pé­rience et a voya­gé au Li­ban pour jouer avec le groupe Rah­ba­ni ac­com­pa­gné de la grande chan­teuse.

De 1968 à 1970, il a dit à pro­pos de ce groupe: «Le plus im­por­tant est qu’ils sont or­ga­ni­sés, dis­ci­pli­nés et en­ga­gés», fai­sant l'éloge de la mu­sique qu'ils ont fait qui, en dé­pit de son ca­rac­tère spé­cial, est un peu sem­blable à la mu­sique oc­ci­den­tale en termes d'or­ga­ni­sa­tion et de dis­ci­pline, rai­son pour la­quelle elle a sub­sis­té long­temps .

Il a dis­tri­bué éga­le­ment le trio de chan­sons de Mo­ha­med Ab­del Wa­hab, «Tout mon amour», «Je te pro­mets, et «Ce ma­tin et cette nuit"» chan­tées par War­da, et a com­po­sé le "lec­to­rat" pour Ab­del Halim Ha­fez.

En ce qui concerne la chan­son «La voyante de la tasse», Mi­chel a com­po­sé son in­tro­duc­tion mu­si­cale, d’après un poème de Ni­zar Qab­ba­ni et la mu­sique com­po­sée par Mo­ha­med El-Mo­gui.

Il a éga­le­ment com­po­sé de la mu­sique pour 15 films égyp­tiens, ain­si que des notes de mu­sique pour 27 émis­sions de té­lé­vi­sion.

El-Mas­ry était membre du groupe El-Ma­sa en tant que pre­mier vio­lo­niste.

El-Mas­ry a éga­le­ment com­po­sé des bandes so­nores pour plus de 10 films et a joué dans une cen­taine de bandes so­nores pour des feuille­tons té­lé­vi­sés.

Il fut aus­si le pre­mier chré­tien à com­po­ser de la mu­sique pour un feuille­ton té­lé­vi­sé is­la­mique «Tas­sa­bih Chahr Ra­ma­dan El-Moa­zam» (Louanges du mois bé­ni de Ra­ma­dan).

Il est à noter que Mi­chel était pas­sion­né de la pein­ture et de la mu­sique dans la me­sure où ses ta­lents ont re­çu un grand en­cou­ra­ge­ment de ses pro­fes­seurs à la fin de l'école se­con­daire en 1948.

Mi­chel a for­mé un groupe mu­si­cal de 25 mu­si­ciens ac­tifs dans la vie mu­si­cale égyp­tienne.

Les créa­teurs et les bons in­sistent tou­jours à chan­ger de titre. Ils quittent le monde pour vivre loin de l'élan de la vie et de sa cruau­té, no­tam­ment ceux comme Mi­chel El-Mas­ry, sen­sibles et émo­tifs, qui pré­fèrent la re­nom­mée de leurs oeuvres mu­si­cales à leur re­nom­mée per­son­nelle. Dans le monde arabe, peu de gens connais­se­ment El-Mas­ry, mais les ama­teurs de ses oeuvres sont nom­breux, et sur­tout les nou­velles gé­né­ra­tions aux­quelles Mi­chel El-Mas­ry a don­né la «Nos­tal­gie» des grandes oeuvres cé­lèbres in­ou­bliables de­puis le plus bas âge, comme «Les nuits de Hel­miya», «Qui n’aime pas Fat­ma» et «La fa­mille du Ha­jj Met­wal­li».

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