Au nom de la der­nière gé­né­ra­tion

Watani Francophone - - الصفحة الأمامية - Mi­chael Vic­tor

Le dé­part cor­po­rel de notre en­sei­gnant Ba­ba Saf­wat ne fut pas une sé­pa­ra­tion fa­cile, mais seule la vo­lon­té de Dieu nous écrit tout ce qu’elle veut. Que la paix règne pour le coeur qui s’est ar­rê­té après avoir pa­tron­né les coeurs et s’être dé­voué de­puis des dé­cen­nies en ayant tra­vaillé avec des gé­né­ra­tions suc­ces­sives sans cau­ser de lé­sion au coeur de qui­conque. Sa­lut Ba­ba Saf­wat pro­fes­seur et en­sei­gnant, sa­lut à l'hu­mi­li­té, l'ef­fi­ca­ci­té et le don de soi au temps du sui­cide des va­leurs et l'ab­sence des prin­cipes... Je me sou­viens qu'il y a 13 ans, j'ai choi­si de mon gré d'en­trer dans le monde des en­nuis de jour­na­lisme, et je re­mer­cie Dieu de tout mon coeur que je ve­nais de la der­nière gé­né­ra­tion qui a étu­dié sous l’égide de Ba­ba Saf­wat. Il était un vrai père. Au dé­but de mon tra­vail, je n'ou­blie pas sa grande gé­né­ro­si­té en gui­dant et par­rai­nant mes écrits et en me sou­te­nant. Il me fai­sait as­seoir à cô­té de lui sur une «chaise en bois» pour me faire ses re­marques, dont je me sou­viens comme si elles sont en­core de­vant mes yeux, avec son sty­lo rouge sur le pa­pier brouillon, et chaque fois que je fai­sais un tra­vail dis­tinct, il me te­nait l’épaule droite et me di­sait: «Tu es un brave gar­çon» et sor­tait de sa poche une livre en pa­pier sur la­quelle il ap­po­sait sa si­gna­ture. Je me sou­viens en­core de ses en­cou­ra­ge­ments in­ces­sants pour mes in­ter­views avec les Pa­triarches des églises soeurs et me di­sait: «J'aime ton ou­ver­ture et ton style, conti­nue de cette sorte». Non seule­ment Ba­ba Saf­wat nous en­sei­gnait et en­cou­ra­geait, mais il nous par­lait tou­jours de ses sou­ve­nirs et nous ins­trui­sait de son école d’ex­pé­riences.

En écri­vant ces mots, je le vois en­core de­vant mes yeux sur son bu­reau dans la salle de chef de ré­dac­tion ra­con­tant le dé­but de sa car­rière en Éry­thrée pen­dant la guerre de Li­bé­ra­tion de l’Abys­si­nie, et la pé­riode de son tra­vail comme ré­dac­teur mi­li­taire pen­dant la ba­taille en Oc­tobre 1973, qui a été consi­dé­ré comme un vé­ri­table test de l'ef­fi­ca­ci­té du tra­vail, en plus de la pé­riode de son voyage en An­gle­terre au cours du­quel il s’est as­sis à la même table avec la reine et l'im­pé­ra­trice d'Iran...

Les conver­sa­tions et les beaux sou­ve­nirs sont par­tis, ain­si que le pa­pier brouillon et la livre en pa­pier, avec la dis­pa­ri­tion de Ba­ba Saf­wat... Croyez-moi la dou­leur n'est pas une ob­jec­tion à la vo­lon­té de Dieu, parce que je sais que les grands se fa­tiguent aus­si et des­cendent de leurs che­vaux en lais­sant le champ et fer­mant les yeux au temps de bles­sure per­fide. Ce coeur a ar­rê­té de battre après 86 ans pour lais­ser l'école de l'ou­ver­ture et du dia­logue avec l'autre se ba­sant sur le prin­cipe qu’il n'y a pas de dif­fé­rence entre l'en­sei­gnant et l'élève qui doivent tous deux ap­prendre à l'école de la vie... Sa­lut Ba­ba Saf­wat vous avez don­né et rem­pli votre de­voir et avez été un grand sym­bole. Que la paix soit sur votre âme et votre mo­ra­li­té.

Bien-ai­mé, vous ne pou­vez pas être ou­blié parce que vous êtes un bon sou­ve­nir et une plume verte, et qui vous a connu avec votre style et votre es­prit tran­quille et noble éprouve les dou­leurs de votre dé­part en chan­tant avec pa­tience: «La vie n’est qu’un ras­sem­bleur et un sé­pa­ra­teur... et les gens ne sont pas que des par­tants et des di­seurs d’adieux». Je de­mande à Dieu la bonne pa­tience pour votre pe­tite fa­mille et vos col­lègues dans la presse et vos lec­teurs qui vous ont lu et ai­mé.

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