De­main lui ap­par­tient

Bu­teur face à l’Ar­gen­tine, Ky­lian Mbap­pé s’est ré­vé­lé aux yeux du monde. A seule­ment 19 ans, l’at­ta­quant fran­çais pour­rait s’im­po­ser comme la nou­velle su­per­star du sport.

20 Minutes (Lille) - - La Une - Ky­lian Mbap­pé face à l’Ar­gen­tine, sa­me­di.

De­puis sa­me­di et sa per­for­mance contre l’Ar­gen­tine, le monde parle de Ky­lian Mbap­pé. Le Wa­shing­ton Post ou Sport Il­lus­tra­ted aux Etats-Unis, O Glo­bo au Bré­sil, le Times en An­gle­terre ou le Yo­miu­ri Shim­bun au Ja­pon ont tous consa­cré des ar­ticles au « jeune phé­no­mène qui a ter­ras­sé Mes­si». C’est ça, l’ef­fet Coupe du monde. On ne sait pas en­core ce qu’il va se pas­ser pour lui et les Bleus face à l’Uru­guay, ven­dre­di en quarts de fi­nale, mais, quoi qu’il ar­rive, la trace res­te­ra.

Tout va tel­le­ment vite et at­teint de telles hau­teurs avec Mbap­pé,

19 ans seule­ment, qu’on en vient même à se de­man­der s’il ne pour­rait pas de­ve­nir une vraie star du sport mon­dial. Le genre d’icône à la Ti­ger Woods, Usain Bolt, Ro­ger Fe­de­rer ou Kobe Bryant, dont l’image de­vient plus im­por­tante que le sport qu’ils pra­tiquent. Les deux der­niers ont même dé­jà adou­bé le ga­min de Bon­dy. « J’aime son speed, son at­ti­tude, j’ai l’im­pres­sion qu’il est sym­pa, alors j’aime bien le re­gar­der », a com­men­té le ten­nis­man.

Le bas­ket­teur, lui, avait lâ­ché, en le dé­si­gnant du doigt, un « fu­tu­ro », lors­qu’il était ve­nu au Camp des loges, en oc­tobre 2017. Etre un cham­pion re­con­nu, c’est une at­ti­tude, une ma­nière de s’ex­pri­mer et d’ex­po­ser son image. L’at­ta­quant de l’équipe de France a la bonne tête du joueur

ban­kable, ar­mé pour al­ler ex­plo­rer les mar­chés du monde en­tier. En­fin, sauf un, a prio­ri. «Il peut de­ve­nir une star mon­diale, en Asie, en Amé­rique du Sud, en Afrique, par­tout, mais pas aux Etats-Unis, es­time Mi­chel Des­bordes, pro­fes­seur de mar­ke­ting du sport à l’uni­ver­si­té Pa­risSud. Là-bas, le foot n’est ab­so­lu­ment rien. J’avais mon­tré une image de Mes­si à des élèves de ma­na­ge­ment du sport amé­ri­cains, 17 sur 25 ne sa­vaient pas qui il était.» C’est dif­fé­rent en Asie. « Là­bas, il a un po­ten­tiel énorme, re­prend Mi­chel Des­bordes. Les Chi­nois n’ont pas en­core de joueurs connus chez eux. Toutes les stars sont bonnes à prendre. Ce sont des sur-consom­ma­teurs de maillots. Mbap­pé su­per­star en Chine, j’y crois for­te­ment. » Au Ja­pon, Mbap­pé com­mence à se faire un nom. Di­manche, un jour­na­liste fran­çais ba­sé à To­kyo ra­con­tait avoir sur­pris trois éco- liers par­ler du Pa­ri­sien dans le mé­tro. « Je n’avais ja­mais en­ten­du pro­non­cer son nom dans la ré­gion avant le mois de juin», nous dit-il. Il y a eu Beck­ham puis Zi­dane dans les an­nées 1990, un peu de Hen­ry dans les an­nées 2000, et puis Ro­nal­do et Mes­si. La Ligue 1 n’existe pas là-bas, «et donc Mbap­pé éclate vrai­ment avec cette Coupe du monde», rap­porte Yann.

Le jeune Pa­ri­sien le sait sû­re­ment, tou­te­fois il semble bien s’en ac­com­mo­der. «La lu­mière est sur lui, mais il l’ab­sorbe bien, juge le sé­lec­tion­neur ad­joint, Guy Stéphan. Je le trouve dé­ten­du, pas eu­pho­rique. Il est bien dans sa peau.» De toute fa­çon, l’as­pect mar­ke­ting n’est pas sa prio­ri­té, au moins pour le mo­ment. Lié à Nike de­puis qu’il est en­fant, Mbap­pé a re­pous­sé les pro­po­si­tions de par­te­na­riat de­puis son éclo­sion. «Dans sa car­rière, Ky­lian est à la base de tout, ex­pli­quait son avo­cate, Del­phine Ve­rhey­den, à L’Equipe Mag. Il a donc été ame­né à ré­flé­chir sur ce qu’il sou­hai­tait par rap­port à cet as­pect mar­ke­ting, et il a très vite dé­fi­ni sa prio­ri­té, à sa­voir le foot. Ky­lian n’est pas pres­sé. » Ce­la va peut-être évo­luer juste après ce Mon­dial. Ou dans quelques mois. Nike, éga­le­ment spon­sor du PSG et des Bleus, est en po­si­tion de force. C’est tou­jours mieux quand il n’y a pas d’in­ter­fé­rence entre le par­te­naire du joueur et ce­lui de ses équipes. Sur le ter­rain, la sai­son pro­chaine se­ra im­por­tante, éga­le­ment. « Le juge de paix est la Ligue des cham­pions, as­sure Mi­chel Des­bordes. Il ne faut pas la sous-es­ti­mer par rap­port à un Mon­dial. C’est tous les ans, et ça dure six mois dans la sai­son. C’est là que l’ex­po­si­tion in­ter­na­tio­nale se trouve.» En at­ten­dant de de­ve­nir une star pla­né­taire, Mbap­pé avance pas à pas et a lan­cé cette an­née sa propre marque de cas­quettes. «Il ar­ri­ve­ra exac­te­ment là où il vou­dra, est per­sua­dé Tho­mas Sa­lic, qui l’ob­serve de près en tant que co­fon­da­teur de Foo­tyCase, le four­nis­seur of­fi­ciel des coques de smart­phones per­son­na­li­sées des Bleus. Il a le ta­lent, et il est très bien conseillé. Au ni­veau com et mar­ke­ting, il va de­ve­nir une égé­rie. C’est du 100%.» Tout ça ne fait que com­men­cer.

« Je n’avais ja­mais en­ten­du pro­non­cer son nom dans la ré­gion de To­kyo. » Yann, jour­na­liste au Ja­pon « Le juge de paix est la Ligue des cham­pions. » Mi­chel Des­bordes, prof de mar­ke­ting du sport

A nos lec­teurs. De­main, re­trou­vez « 20 Mi­nutes » en ver­sion PDF sur le site et les ap­pli­ca­tions mo­biles. Et sui­vez l’ac­tua­li­té sur l’en­semble de nos sup­ports nu­mé­riques.

Mbap­pé a mar­qué deux buts contre l’Ar­gen­tine.

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