Lyon l’en­dor­mie s’est ré­veillée

La ca­pi­tale des Gaules a ob­te­nu en 2015 le titre de la ville noc­turne en France

20 Minutes (Lyon) - - GRAND LYON - Ca­ro­line Gi­rar­don

Lyon est-elle une ville de noc­tam­bules ? « As­su­ré­ment », si l’on en croit Thier­ry Fon­taine, le pré­sident de l’Umih-Nuit à Lyon, l’Union des mé­tiers et de l’in­dus­trie de l’hô­tel­le­rie. Af­fu­blée d’une ré­pu­ta­tion de « ville en­dor­mie » ou de ci­té bour­geoise fri­leuse, elle a su pro­gres­si­ve­ment cas­ser son image pour de­ve­nir une mé­tro­pole où il fait bon sor­tir.

Le boost des Nuits so­nores

La preuve : elle a dé­cro­ché en 2015 le titre de LA ville noc­turne en France, se­lon un clas­se­ment éta­bli par les pro­fes­sion­nels du sec­teur. Re­cen­sant 276 éta­blis­se­ments de nuit, 40 dis­co­thèques et 231 pubs, Lyon a to­ta­le­ment chan­gé de vi­sage en l’es­pace de quinze ans. Le nombre de lieux où sor­tir n’a pas réel­le­ment pul­lu­lé. Il s’agit plu­tôt d’une évo­lu­tion de la qua­li­té et de la di­ver­si­té de l’offre pro­po­sée. « L’ar­ri­vée de nom­breux étu­diants étran­gers, qui avaient des ha­bi­tudes dif­fé­rentes, a chan­gé la donne et créé une ouverture de la de­mande », se re­mé­more Pierre-Ma­rie Oul­lion, le di­rec­teur ar­tis­tique d’Ar­ty-Far­ty, as­so­cia­tion qui gère le dé­ve­lop­pe­ment et la promotion des cultures in­dé­pen­dantes. Mais pas seule­ment. « L’élé­ment dé­clen­cheur est la créa­tion du fes­ti­val de mu­siques élec­tro­niques Nuits So­nores en 2003. Les gens sont ve­nus de par­tout pour y as­sis­ter. La ville en a me­su­ré les bien­faits, com­plète Thier­ry Fon­taine. Le fes­ti­val a per­mis de lui don­ner l’image d’une ville jeune et fes­tive. » En ré­su­mé, il fal­lait sim­ple­ment oser, pro­po­ser quelque chose de dif­fé­rent. Les « open air » (évé­ne­ments en plein air) ont com­men­cé à ger­mer dans toute la ville. Les af­ter­works sont de­ve­nus lé­gions. Les vieux codes du club­bing ont été cas­sés. Fi­nis les cos­tumes, les lieux fer­més, les en­trées payantes. Les jeans, bas­kets et tee-shirts ont pris le pas. La co­ol at­ti­tude a sup­plan­té le chic. Les mu­siques un­der­ground, élec­tro ou in­dé se sont dé­mo­cra­ti­sées, to­ta­le­ment dé­com­plexées. Mais cette transformation spec­ta­cu­laire ne peut pas être dis­so­ciée de la di­men­sion eu­ro­péenne de la ville, se­lon les ob­ser­va­teurs. « Lyon ne se pré­sente plus comme une ville de pro­vince. Elle joue la carte Eu­rope à fond même si elle n’a pas le même rayon­ne­ment que Bar­ce­lone ou que cer­taines ca­pi­tales. Elle n’hé­site pas. Ré­sul­tat, elle est de­ve­nue une place re­con­nue pour les ar­tistes », conclut Pierre-Ma­rie Oul­lion.

La créa­tion du fes­ti­val Nuits So­nores en 2003 a chan­gé la donne.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.