La blo­ck­chain dé­cryp­tée

« 20 Mi­nutes » ex­plore la blo­ck­chain – ou chaîne de blocs –, une tech­no­lo­gie qui pour­rait chan­ger notre so­cié­té. Cer­tains dé­pu­tés fran­çais s’y in­té­ressent de très près.

20 Minutes (Lyon) - - LA UNE - Pro­pos re­cueillis par Laure Beau­don­net

Les blo­ck­chains ne se li­mitent pas aux cryp­to­mon­naies. Dans le fu­tur, on pour­rait voir naître un tas de ser­vices grâce à cette tech­no­lo­gie de sto­ckage et de trans­mis­sion d’in­for­ma­tions. Laure de La Rau­dière, dé­pu­tée LR d’Eure-et-Loir et co­rap­por­teure de la mis­sion d’in­for­ma­tion sur les blo­ck­chains à l’As­sem­blée na­tio­nale, ex­plique ce que ces tech­no­lo­gies pour­raient chan­ger dans notre so­cié­té.

Quel est l’en­jeu de la mis­sion d’in­for­ma­tion sur les blo­ck­chains ?

On a vé­cu une pre­mière ré­vo­lu­tion nu­mé­rique avec In­ter­net. La deuxième ré­vo­lu­tion, c’est celle de la don­née. Au­jourd’hui, une nou­velle tech­no­lo­gie ar­rive, la blo­ck­chain. Elle per­met de cer­ti­fier des échanges sans l’ins­ti­tu­tion d’un tiers de confiance. Nous avons pris du re­tard sur les deux pre­mières ré­vo­lu­tions, je ne veux pas que ce soit le cas avec la blo­ck­chain.

Quelle est l’ur­gence de se sai­sir de ce su­jet ?

Si on veut dé­fendre nos va­leurs, il vaut mieux prendre de l’avance. Si­non, les Amé­ri­cains ou les Chi­nois risquent de nous im­po­ser leur vi­sion du monde. Il ne faut pas avoir peur de cette tech­no­lo­gie, mais il ne faut pas être naïf non plus.

Quand on parle des blo­ck­chains, per­sonne n’y com­prend rien. La prio­ri­té n’est-elle pas de vul­ga­ri­ser cette tech­no­lo­gie au­près du pu­blic ?

Il ne s’agit pas de com­prendre la tech­no­lo­gie. Toute la po­pu­la­tion ne sait pas comment fonc­tionne le pro­to­cole In­ter­net, mais elle com­prend que cette tech­no­lo­gie fa­ci­lite les échanges entre les in­di­vi­dus. Il faut faire com­prendre à quoi peut ser­vir la blo­ck­chain, et c’est l’ob­jet de cette mis­sion.

Et alors, à quoi peut-elle ser­vir ?

Le mi­nis­tère de l’Edu­ca­tion na­tio­nale étu­die en ce mo­ment une ap­pli­ca­tion : la cer­ti­fi­ca­tion des di­plômes. L’idée est de mettre ses di­plômes dans la blo­ck­chain et de les rendre ac­ces­sibles à tous. On laisse une em­preinte dans la blo­ck­chain, ce­la per­met de don­ner ac­cès au do­cu­ment aux per­sonnes qui le de­mandent. On sau­ra que c’est l’ori­gi­nal et qu’il n’y a pas de fraude. Les in­for­ma­tions mises sur la blo­ck­chain sont in­fal­si­fiables. On ap­porte une plus grande confiance.

N’existe-t-il pas un risque pour l’in­di­vi­du, qui met ain­si à dis­po­si­tion des don­nées per­son­nelles ?

L’in­di­vi­du dé­cide ou non de don­ner l’ac­cès de cette in­for­ma­tion à un tiers. Le pou­voir doit re­ve­nir à l’in­di­vi­du. En re­vanche, il ne faut pas qu’il puisse men­tir. La blo­ck­chain per­met d’as­su­rer la confiance. On lutte contre les frau­deurs, mais l’ob­jec­tif est de ga­ran­tir l’exac­ti­tude d’une in­for­ma­tion.

La dé­pu­tée LR d’Eure-et-Loir Laure de La Rau­dière, en avril 2016.

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