« Les élèves se dé­mo­ra­lisent »

Près de 80 per­sonnes ont ma­ni­fes­té pour de­man­der l’aban­don de la pla­te­forme

20 Minutes (Lyon) - - GRAND LYON - Ca­ro­line Gi­rar­don

Tou­jours « au­cune ré­ponse ». Et pas de chiffres pré­cis. En­vi­ron 80 per­sonnes ont ma­ni­fes­té mer­cre­di de­vant le rec­to­rat de Lyon, pour dé­non­cer la loi sur l’orien­ta­tion et la réus­site des étu­diants. Et de­man­der l’aban­don du sys­tème Par­cour­sup. « Cette pla­te­forme en­té­rine le tri ar­bi­traire et so­cial », lâche Mu­riel Cai­ron, en­sei­gnante au ly­cée Col­bert . Ac­tuel­le­ment, plus de deux tiers des ly­céens en France au­raient ob­te­nu au moins une ré­ponse po­si­tive, se­lon le mi­nis­tère de l’Edu­ca­tion nationale. Des sta­tis­tiques à prendre avec des pin­cettes, nuance Hen­ry Has­san, dé­lé­gué syn­di­cal FNEC-FO. « Il y a de grandes dis­pa­ri­tés entre les éta­blis­se­ments. La si­tua­tion n’est pas la même au ly­cée du Parc et ce­lui de Jacques-Brel », dé­voile-t-il. Ce que confirme Mi­ckaël Jou­teux, pro­fes­seur de phy­sique-chi­mie à la Mar­ti­nière-Du­chère. « Mar­di soir, 33 des 34 élèves de la classe ES n’avaient au­cune pro­po­si­tion. Dans ma classe de STL, ce­la concerne 22 élèves sur 28. Même ceux qui les an­nées pré­cé­dentes n’avaient pas de dif­fi­cul­tés à in­té­grer les pré­pas ne sont pas pris. » « On a l’im­pres­sion que les ly­cées qui ont les moins bons ré­sul­tats au bac, sont moins pris en compte que ceux du centre-ville. Avant, 85 % de nos élèves ob­te­naient une af­fec­ta­tion ra­pide et dans la fi­lière de leur choix. Cette an­née, c’est dif­fé­rent. 30 % sont au­jourd’hui sans af­fec­tion », té­moigne Mu­riel Cai­ron. Une ana­lyse que par­tage Rin­da­la You­nès, en­sei­gnante de fran­çais au ly­cée de la Mar­ti­nière. « Huit de mes élèves sont re­fu­sés par­tout, même pour un BTS. Et même avec une moyenne ho­no­rable. Ce­la n’avait jamais été le cas au­pa­ra­vant. Le pro­blème est qu’ils se dé­mo­ra­lisent. Près de la moi­tié sont ve­nus nous voir pour nous de­man­der s’il n’était pas pré­fé­rable pour eux de ne pas se pré­sen­ter aux épreuves du bac­ca­lau­réat, afin de re­faire une an­née et avoir un meilleur dos­sier l’an pro­chain », ra­conte-telle. D’autres « dans le stress » se re­trouvent à ac­cep­ter d’al­ler étu­dier dans des uni­ver­si­tés loin de chez eux ou de s’ins­crire dans des éta­blis­se­ments pri­vés. « Ils se voient pro­po­ser des places dans des fi­lières moins de­man­dées. Le droit d’étu­dier dans la fi­lière de son choix est per­du », re­grette Mi­ckaël Jou­teux. Mais pour l’en­sei­gnant, le vé­ri­table pro­blème est le manque de places dans les facultés. « Cette an­née dans le Rhône, 2 400 ba­che­liers sup­plé­men­taires sont at­ten­dus. Entre 600 et 700 places ont été créées dans l’en­sei­gne­ment su­pé­rieur. Il n’y en a pas as­sez pour tout le monde. »

« Le droit d’étu­dier dans la fi­lière de son choix est per­du. » Mi­ckaël Jou­teux, en­sei­gnant

Près de 30% des élèves n’au­raient tou­jours pas d’af­fec­ta­tion pour la ren­trée.

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