Les ma­lades ont aus­si be­soin des don­neurs

Plus de la moi­tié des re­ce­veurs de dons de sang ne sont pas ac­ci­den­tés

20 Minutes (Marseille) - - Magazine - Thier­ry We­ber

Du bleu blanc rouge sur les lo­gos, et du rouge dans les poches. Avec l’or­ga­ni­sa­tion toute la se­maine d’un mil­lier de col­lectes, l’Eta­blis­se­ment fran­çais du sang (EFS) es­père ren­flouer ses stocks. Pour plus de moi­tié, les dons ser­vi­ront à soi­gner des per­sonnes tou­chées par des ma­la­dies du sang ou des can­cers. « Ce n’est que six mois après ma nais­sance que ma ma­man l’a su. J’avais des gon­fle­ments dou­lou­reux au ni­veau de la plante des pieds et de la paume des mains. » Lae­ti­cia Ntoh Ndingue est at­teinte de drépanocytose, « une ma­la­die gé­né­tique qui touche les glo­bules rouges » et pro­voque des « crises » de dou­leur ou d’ané­mie. Ces der­nières peuvent être par­ti­cu­liè­re­ment « vi­ru­lentes ». « J’ai failli mou­rir », as­sène la jeune femme. Dans sa vie, elle a re­çu une trans­fu­sion, et trois échanges trans­fu­sion­nels, le pre­mier à 9 ans, et les deux autres en 2015. « Ce­la fonc­tionne comme un cycle, dé­crit-elle, ils font sor­tir une par­tie du sang, et re­mettent en même temps du sang sain. Je me sen­tais re­vivre. »

« Un nou­vel es­poir »

Ce sen­ti­ment de renaissance, Au­rore Ri­gau­deau-Ro­bin l’a eu aus­si. « Heu­reu­se­ment que des gens donnent, et que de l’ar­gent est don­né pour la re­cherche mé­di­cale. » Pas de sang pour soi­gner sa dé­fi­cience im­mu­ni­taire, mais elle s’in­jecte elle-même toutes les se­maines de la Gam­ma­norm, un mé­di­ca­ment is­su des dons de plas­ma. « Ça me per­met d’avoir un taux d’an­ti­corps proche de la moyenne. » L’in­jec­tion se fait « dans la cuisse ou l’ab­do­men » et dure deux heures. « Ça me brûle un peu mais c’est lar­ge­ment sup­por­table. Si au­jourd’hui j’ai un rhume, ce­la ne va pas de­ve­nir une si­nu­site. Je suis plus tran­quille, moins fa­ti­guée, j’ai moins de dou­leurs au quo­ti­dien. » Pour Lae­ti­cia Ntoh Ndingue, ce­la ne fait au­cun doute. « Prendre le sang de quel­qu’un d’autre, c’est un nou­vel es­poir. »

Au­rore Ri­gau­deau-Ro­bin.

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