Droits

Cette formule donne à l’étu­diant un sta­tut proche de ce­lui de sa­la­rié, à quelques dif­fé­rences près

20 Minutes (Marseille) - - FORMATION - Tho­mas Weill

« Il n’y a pas de sta­tut d’al­ter­nant. L’al­ter­nant, c’est un gar­çon ou une fille qui fait des études en al­ter­nance », mar­tèle Louis Bur­gay, dé­lé­gué gé­né­ral de l’As­so­cia­tion mé­tiers, en­tre­prises et for­ma­tions (Amef). Leur sta­tut est ce­lui d’ap­pren­ti, qui est bien dé­li­mi­té mais trop sou­vent mé­con­nu.

Au­ré­lien Ca­diou, Anaf

Quitte à tordre le cou aux idées re­çues, en voi­là une autre : l’ap­pren­ti n’est pas un étu­diant. « L’ap­pren­tis­sage, c’est l’en­tre­prise qui em­bauche un sa­la­rié et l’en­voie en for­ma­tion », cor­rige Au­ré­lien Ca­diou, pré­sident de l’As­so­cia­tion na­tio­nale des ap­pren­tis de France (Anaf). « Les droits sont exac­te­ment les mêmes. » Comme pour tout sa­la­rié, l’en­tre­prise verse un sa­laire à l’ap­pren­ti qui a droit à ses cinq se­maines de congés payés. Il a éga­le­ment droit au res­tau­rant d’en­tre­prise ou aux titres-res­tau­rant, de même qu’aux dé­fraie­ments pour les tran­sports en com­mun. Alors, exac­te­ment les mêmes droits qu’un sa­la­rié ? Pas tout à fait. « L’ap­pren­ti n’a pas de charges, son sa­laire net est iden­tique au sa­laire brut », à l’ex­cep­tion de cer­tains frais comme la mu­tuelle, pré­cise Au­ré­lien Ca­diou. Autre dif­fé­rence, ils ont « cinq jours de congés ré­mu­né­rés pour ré­vi­ser avant leurs exa­mens ». En plus de quoi ils dis­posent de la carte d’étu­diant des mé­tiers. Se­lon le dé­lé­gué gé­né­ral de l’Amef, elle offre « les mêmes avan­tages qu’un étu­diant en pre­mière ou deuxième an­née de fac ». Nou­velle preuve de sta­tut à

part, il n’a pas à dé­bour­ser un cen­time pour sa for­ma­tion. Ce sont les or­ga­nismes pa­ri­taires col­lec­teurs agréés (Op­ca), dif­fé­rents sui­vant les branches, qui ré­cu­pèrent l’ar­gent de la taxe d’ap­pren­tis­sage payée par l’en­tre­prise. Cet ar­gent est confié aux ré­gions qui le ré­par­tissent entre les dif­fé­rents centres de for­ma­tion. Sauf que la mi­nistre du Tra­vail, Mu­riel Pé­ni­caud, mène ac­tuel­le­ment un pro­jet de ré­forme qui de­vrait chan­ger ce­la. Les frais de sco­la­ri­tés « se­ront fi­nan­cés par les branches pro­fes­sion­nelles, en fonc­tion du nombre de contrats qu’elles au­ront », dé­taille Au­ré­lien Ca­diou. Ce­la ne de­vrait en prin­cipe pas chan­ger les avan­tages dont jouissent les ap­pren­tis, qui res­te­raient à mi-che­min entre sa­la­rié et étu­diant.

« C’est l’en­tre­prise qui em­bauche un sa­la­rié et l’en­voie en for­ma­tion. »

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