La mai­rie cri­ti­quée pour son in­ac­tion dans le quar­tier

Ef­fon­dre­ment Les ha­bi­tants re­prochent à la mai­rie son in­ac­tion avant le drame et son manque de ré­ac­tion de­puis

20 Minutes (Marseille) - - NEWS - Adrien Max.

«La ville de Mar­seille est la pre­mière res­pon­sable. » Pa­trick Des­bouiges, ré­gis­seur so­cial

« Ces gens ne sont pas morts à cause d’une ma­la­die, mais parce que les po­li­ti­ciens n’en ont rien à foutre. » La co­lère de No­rah, 43 ans, ré­sume le sen­ti­ment d’aban­don qui pré­do­mine chez les ha­bi­tants de Noailles. Là, trois im­meubles se sont ef­fon­drés lun­di, fai­sant au moins six morts. « Je suis très en co­lère, la si­tua­tion existe de­puis 30 ans mais on ne fait rien contre. Pour vous dire, je ne suis même pas sûr que ce drame fasse avan­cer les choses. C’est une ville schi­zo­phrène, vous faites 200 m et vous pas­sez de tau­dis dans les­quels les gens meurent à des hô­tels 4 étoiles », s’énerve No­rah, qui a long­temps tra­vaillé dans le quar­tier. Pour Pa­trick Des­bouiges, ré­gis­seur so­cial qui ac­com­pagne les plus pauvres, « la ville de Mar­seille est la pre­mière res­pon­sable ». « La ville pré­empte les im­meubles, puis les laisse pour­rir. Ça fait plus de dix ans que le 63 de­vait être re­fait. Pour­tant, en jan­vier der­nier, ils ont en­core re­pous­sé les tra­vaux de deux ans. Le mal est très pro­fond, nous sommes ac­tuel­le­ment gou­ver­nés par une ma­fia po­li­ti­co-fi­nan­cière. L’ex­pert qui a au­to­ri­sé le re­tour des ha­bi­tants a été payé. Quelle en­ve­loppe a-t-il re­çu ? Par qui ? », ac­cuse-t-il. Un ar­rê­té de pé­ril avait été pris par la mai­rie pour le 65, où la di­zaine d’ha­bi­tants avaient été éva­cués par les pom­piers avant d’être au­to­ri­sés à re­ga­gner leur lo­ge­ment peu de temps après. (lire ci-des­sous). Quelques heures après les faits, la mai­rie s’est fen­due d’un mes­sage en guise de ten­ta­tive d’ex­pli­ca­tion sur Twit­ter. « Ce dra­ma­tique ac­ci­dent pour­rait être dû aux fortes pluies qui se sont abat­tues sur Mar­seille ces der­niers jours. Les au­to­ri­tés ju­di­ciaires sont sur place et pro­cèdent à l’ana­lyse des cir­cons­tances afin de dé­ter­mi­ner les causes exactes de ce drame. » Une ex­pli­ca­tion qui a pro­vo­qué de vives ré­ac­tions au sein de la po­pu­la­tion.

Si le maire Jean-Claude Gau­din s’est ren­du sur place dans le mi­lieu de l’après-mi­di, cer­tains ont sou­liw­né iro­ni­que­ment qu’il ve­nait pour la pre­mière fois dans ce quar­tier po­pu­laire, ac­com­pa­gné d’élus. De­puis, leur pré­sence et leur pa­role sont rares. Mar­di soir, seuls le pro­cu­reur de la Ré­pu­blique, Xa­vier Ta­ra­beux, et le pré­fet de ré­gion Pierre Dar­tout se sont pré­sen­tés de­vant la presse. « La mai­rie a man­da­té des ex­perts afin de pro­cé­der à l’éva­lua­tion de la si­tua­tion des im­meubles voi­sins », a ex­pli­qué Pierre Dar­tout aux jour­na­listes. La pré­fec­ture avait pour­tant sol­li­ci­té la mai­rie. Mais au­cun élu ne s’est dé­pla­cé. Sol­li­ci­té par 20 Mi­nutes, Jean-Claude Gau­din n’a pas don­né suite à notre de­mande d’in­ter­view. Le maire de Mar­seille a tou­te­fois an­non­cé dans un com­mu­ni­qué ce mer­cre­di en fin de jour­née qu’il tien­drait un point presse ce jeu­di, à 11 h, à la mai­rie.

Le maire Jean-Claude Gau­din ne s’est pas ren­du dans le quar­tier de Noailles de­puis lun­di après-mi­di.

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