Les po­li­ciers de l’an­ti­ter­ro­risme té­moi­gne­ront ano­ny­me­ment

20 Minutes (Montpellier) - - Actualité - Hé­lène Sergent

Les sou­rires ont vite dis­pa­ru des vi­sages des huit pré­ve­nus. Ren­voyés

pour as­so­cia­tion de mal­fai­teurs, re­fus de pré­lè­ve­ment ADN ou re­cel de do­cu­ments ad­mi­nis­tra­tifs, les mi­li­tants d’extrême gauche du « groupe de Tar­nac » es­pé­raient une confron­ta­tion avec les po­li­ciers de l’an­ti­ter­ro­risme char­gés de les sur­veiller en 2008. Mais le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Pa­ris, de­vant le­quel ils com­pa­raissent de­puis mar­di pour, no­tam­ment, le sa­bo­tage d’une ligne SNCF, a ac­cep­té que les cinq fonc­tion­naires de la sous-di­rec­tion an­ti­ter­ro­riste (Sdat) soient au­di­tion­nés ano­ny­me­ment, pour « rai­son de sé­cu­ri­té ». « Leurs noms sont dé­jà connus », a pour­tant mar­te­lé Jé­ré­mie As­sous, l’avo­cat de Ju­lien Cou­pat, pré­sen­té comme le théo­ri­cien du groupe. En 2011, les conseils des mis en exa­men de Tar­nac avaient por­té plainte contre ces po­li­ciers, leur re­pro­chant la ré­dac­tion d’un pro­cès-ver­bal truf­fé d’er­reurs et d’ap­proxi­ma­tions. L’in­for­ma­tion avait été pu­bliée dans la presse, tout comme le nom des po­li­ciers vi­sés. Des ar­gu­ments qui n’ont pas, mar­di, été re­te­nus par les ma­gis­trates. Cette dé­ci­sion est « in­quié­tante » pour l’un des pré­ve­nus, Ma­thieu Bur­nel : « Toutes les choses que la dé­fense a de­man­dées de­puis le dé­but ont été re­fu­sées (…). Se re­trou­ver dans une si­tua­tion où [les po­li­ciers] vont té­moi­gner der­rière un écran, fran­che­ment, ça nous met dans une si­tua­tion com­pli­quée. »

Me Jé­ré­mie As­sous, à la dé­fense.

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