« On est stig­ma­ti­sé et c’est in­juste »

Ren­contre avec Mo­hed Al­trad, le pré­sident du MHR

20 Minutes (Montpellier) - - MONTPELLIER SPORTS - Pro­pos re­cueillis par Jé­rôme Dies­nis

Mo­hed Al­trad est à la tête d’un groupe mon­dial de 39 000 per­sonnes, aux 3,4 mil­liards d’eu­ros de chiffre d’af­faires. Mais « la fi­liale qui lui prend le plus la tête et pro­cure le plus d’émotion, c’est le MHR», sou­rit son pré­sident. « Le rugby est un bu­si­ness, mais pas un bu­si­ness comme les autres. Lors­qu’une fi­liale d’Al­trad perd de l’ar­gent, c’est un pe­tit rhume. Mais quand celle-là perd une fi­nale, c’est une pe­tite mort. » En­tre­tien avec un homme un peu bles­sé. Avez-vous di­gé­ré cette dé­faite ? On a ra­té le match le plus im­por­tant de la sai­son, même s’il ne faut rien en­le­ver à Castres. Seul le temps et le tra­vail sur soi-même vont trai­ter le deuil. Dès le lun­di, j’ai re­nou­ve­lé toute ma confiance au coach.

Il ne faut donc pas s’at­tendre à de grands chan­ge­ments au MHR ?

Non, car on a un pro­jet très so­lide. Il y a moyen, dans le temps, de faire la meilleure équipe d’Eu­rope, même si per­sonne peut pas avoir la pré­ten­tion de dire qu’il va ga­gner une com­pé­ti­tion avant de la jouer. Notre sai­son a été belle. On a ter­mi­né pre­mier de la sai­son ré­gu­lière en l’étant 23 fois sur 26. On marque 103 es­sais, un re­cord ab­so­lu. On s’est amé­lio­ré sur le plan organisationnel, le back-of­fice, le mé­di­cal, avec très peu de bles­sés. Tout ça res­te­ra dans les fon­da­tions du club et n’est pas lié à l’aléa spor­tif.

Pour ca­ri­ca­tu­rer, Castres a été com­pa­ré comme le gen­til Pe­tit Pou­cet et Mont­pel­lier le mé­chant club riche. Ça vous a aga­cé ?

C’est un ef­fet de com­mu­ni­ca­tion de la part de Castres. Le Pe­tit Pou­cet, c’est ce­lui qui n’a ja­mais rien ga­gné. C’était nous. C’était un ar­gu­ment comme un autre dans l’avant-match, c’était bien joué de leur part.

En fi­li­grane, on re­proche au MHR d’être un nou­veau riche du rugby. Trou­vez-vous ce­la jus­ti­fié ?

De­puis 2011, j’ai ver­sé 20 mil­lions d’eu­ros dans le club. Si vous faites le cu­mul de tout ce qu’ont in­jec­té les la­bo­ra­toires Fabre dans le CO, c’est très lar­ge­ment su­pé­rieur. On nous stig­ma­tise et c’est in­juste. Je n’ai pas in­jec­té da­van­tage d’ar­gent que Pierre Fabre, Ja­cky Lo­ren­zet­ti au Ra­cing 92, la fa­mille Sa­vare à Pa­ris ou Mou­rad Boud­jel­lal à Tou­lon.

Est-ce lié au fait que Jake White se soit beau­coup ap­puyé sur des Sud-Afri­cains ?

« Le Pe­tit Pou­cet, c’est ce­lui qui n’avait rien ja­mais rien ga­gné. C’était nous, pas le CO. »

J’ai ap­pe­lé Jake parce qu’il y a eu le pro­blème Gal­thié avec huit dé­faites d’af­fi­lée. La tâche n’était pas ai­sée pour Jake qui de­vait sau­ver l’équipe de la re­lé­ga­tion. Il avait be­soin d’une co­hé­sion ra­pide et forte. Pour­quoi ne re­proche-t-on pas à La Ro­chelle, Brive ou n’im­porte quel club du Top 14 leur nombre d’étran­gers ?

« Il y a moyen, dans le temps, de faire l’une des meilleures équipes d’Eu­rope. »

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