Un pre­mier mois dé­ci­sif

Le gou­ver­ne­ment de­vrait dé­mis­sion­ner après les lé­gis­la­tives

20 Minutes (Nantes) - - Actualité - Thi­baut Le Gal

Un gou­ver­ne­ment dé­jà condam­né. Em­ma­nuel Ma­cron doit dé­voi­ler, ce mer­cre­di, la pre­mière équipe de son quin­quen­nat. Mais les mi­nistres ne de­vraient pas res­ter. « C’est une cou­tume ré­pu­bli­caine : le gou­ver­ne­ment dé­mis­sionne tra­di­tion­nel­le­ment après les élec­tions lé­gis­la­tives », ex­plique Mi­chel Las­combe, agré­gé en droit pu­blic et pro­fes­seur de droit consti­tu­tion­nel Sciences Po Lille. Mais que peut faire un gou­ver­ne­ment en un tout pe­tit mois ?

Faire cam­pagne. « Le pre­mier gou­ver­ne­ment ré­pond à une lo­gique de com­man­do, pour es­pé­rer sur­fer sur la pré­si­den­tielle et avoir la ma­jo­ri­té après les lé­gis­la­tives, avance Ni­co­las Rous­sel­lier, his­to­rien et en­sei­gnant à Sciences Po. Le choix d’Edouard Phi­lippe [le nou­veau Pre­mier mi­nistre] pour at­ti­rer la droite mo­dé­rée cor­res­pond à cette lo­gique. » Gé­né­ra­le­ment, le par­ti per­dant en mai fait cam­pagne pour li­mi­ter la casse. Mais, « jus­qu’à pré­sent, on oc­cul­tait un peu les lé­gis­la­tives car le ré­sul­tat confir­mait la pré­si­den­tielle. Cette fois, PS et LR ont un es­prit de re­vanche », pré­cise Mi­chel Las­combe. Pré­pa­rer le ter­rain. Les mi­nistres ont quelques se­maines pour « pré­pa­rer les textes de la ses­sion par­le­men­taire ex­cep­tion­nelle de juillet », en­vi­sage Ni­co­las Rous­sel­lier. Pre­miers chan­tiers an­non­cés : le pro­jet de loi de mo­ra­li­sa­tion de la vie pu­blique, at­ten­du en Conseil des mi­nistres avant les élec­tions lé­gis­la­tives et la loi d’ha­bi­li­ta­tion qui per­met­trait la ré­forme du droit du tra­vail par or­don­nances.

Faire face à l’im­pré­vu. « Ce n’est pas écrit dans la Cons­ti­tu­tion, mais c’est, là aus­si, une tra­di­tion ré­pu­bli­caine : l’exé­cu­tif at­tend que le peuple s’ex­prime avant de mettre en place son pro­jet. Il peut y avoir des dé­crets, mais sur des lois dé­jà vo­tées, ce se­ra mar­gi­nal », as­sure Mi­chel Las­combe. Pour le reste, les mi­nistres ex­pé­dient les af­faires cou­rantes et doivent se te­nir prêts en cas d’im­pré­vu, pour­suit Ni­co­las Rous­sel­lier. « S’il y a un at­ten­tat ou une ca­tas­trophe na­tu­relle, le mi­nistre res­pon­sable doit être ré­ac­tif. En­fin, Em­ma­nuel Ma­cron a an­non­cé qu’il al­lait ré­for­mer la haute ad­mi­nis­tra­tion et les mi­nistres y se­ront as­so­ciés ». Un pe­tit mois fi­na­le­ment bien char­gé.

Le Pre­mier mi­nistre ne de­vra pas trop s’at­ta­cher à ses col­lègues.

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