C’est pas un jeu d’en­fant

Em­ma­nuel Ma­cron pré­voit de lais­ser à chaque com­mune le soin de dé­ci­der de l’or­ga­ni­sa­tion des ac­ti­vi­tés pé­ri­sco­laires de ses écoles. Une carte blanche qui pour­rait po­ser bien des pro­blèmes.

20 Minutes (Nantes) - - La Une - Del­phine Ban­caud

C’est l’un des pre­miers dos­siers épi­neux que va de­voir gé­rer le nou­veau mi­nistre de l’Edu­ca­tion. Jean-Mi­chel Blan­quer va s’at­te­ler à re­tou­cher la ré­forme des rythmes sco­laires, mise en place sous le quin­quen­nat Hol­lande, pour « lais­ser aux com­munes, en lien étroit avec les écoles de leur ter­ri­toire, le soin d’or­ga­ni­ser le temps pé­ri­sco­laire sans contrainte », se­lon le pro­gramme élec­to­ral d’Em­ma­nuel Ma­cron. 20 Mi­nutes ana­lyse les consé­quences des dif­fé­rents scé­na­rios.

Les com­munes gardent les quatre jours et de­mi et les ac­ti­vi­tés pé­ri­sco­laires.

« Ce­la de­vrait être le cas de la ma­jo­ri­té des com­munes, au moins jus­qu’à la ren­trée 2018, voire celle de 2019. Car la ren­trée 2017 est dé­jà pré­pa­rée, les bud­gets sont dé­jà pro­vi­sion­nés », ex­plique Agnès Le Brun, vice-pré­si­dente de l’As­so­cia­tion de maires de France. Reste que les maires qui veulent gar­der les rythmes tels quels vont de­voir se po­ser ra­pi­de­ment des ques­tions, car Em­ma­nuel Ma­cron a lais­sé en­tendre que le fonds d’amor­çage qui vient en aide aux com­munes pour fi­nan­cer les ac­ti­vi­tés pé­ri­sco­laires, se­rait ga­ran­ti jus­qu’en 2019. Après cette date, il pour­rait n’être main­te­nu que pour les com­munes les plus pauvres. « Or, sans aide de l’Etat, les com­munes ne par­vien­dront pas à pro­po­ser d’ac­ti­vi­tés », pré­vient Agnès Le Brun. « On peut craindre qu’à terme les com­munes les plus pauvres les sup­pri­me­ront », s’in­quiète Fran­cette Po­pi­neau, porte-pa­role du SNUippFSU.

Les com­munes choi­sissent les quatre jours et de­mi, sans les ac­ti­vi­tés pé­ri­sco­laires.

Ce­la pour­rait être la ten­ta­tion des villes qui re­con­naissent les bien­faits pé­da­go­giques pour les élèves d’une de­mi-jour­née de classe en plus, mais qui veulent ou doivent faire des éco­no­mies. « Ce­la abou­ti­rait à dé­truire des em­plois d’ani­ma­teurs », sou­ligne Fran­cette Po­pi­neau. Si c’est pour pro­po­ser de la gar­de­rie à par­tir de 15 h, nous sommes to­ta­le­ment contre », s’in­digne Li­lia­na Moya­no, pré­si­dente de la FCPE.

Les com­munes re­viennent à la se­maine de quatre jours.

« Cette op­tion pour­rait être prise par les mai­ries les plus en dif­fi­cul­té », ana­lyse Va­nik Ber­be­rian, pré­sident de l’As­so­cia­tion des maires ru­raux. Hy­po­thèse qui fait bon­dir Sté­phane Cro­chet, se­cré­taire gé­né­ral de l’Un­sa : « Ce se­rait dom­ma­geable pour les élèves les plus fra­giles, qui ap­prennent mieux le ma­tin et pour qui une ma­ti­née de classe en plus est bé­né­fique. » Et ils ne se­raient pas les seuls à en pâ­tir, se­lon Li­lia­na Moya­no : « Les pa­rents ont dû ré­or­ga­ni­ser leurs temps pro­fes­sion­nel et per­son­nel en 2013 pour s’adap­ter à la nou­velle or­ga­ni­sa­tion des temps sco­laires. Et alors qu’ils ont trou­vé un équi­libre, on bou­le­ver­se­rait en­core leur quo­ti­dien. » La FCPE a d’ailleurs pré­ve­nu que, « si la se­maine d’en­sei­gne­ment dans le 1er de­gré de­vait re­ve­nir à quatre jours, nous ap­pel­le­rions les pa­rents à se mo­bi­li­ser ».

Dans une école de Lyon, lors de la mise en place des ac­ti­vi­tés pé­ri­sco­laires.

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